Fermeture annoncée de deux nouvelles sucreries en France

Nouveau coup dur pour la filière sucre française. Après Saint Louis Sucre, c'est au tour de Cristal Union d'annoncer la fermeture de deux sucreries.

Le deuxième producteur français de sucre, Cristal Union, envisage la fermeture de deux sites et la réduction de l'activité d'un troisième pour "pérenniser l'activité globale du groupe", a-t-il indiqué jeudi dans un communiqué. "Le Conseil d'administration de Cristal Union a décidé de mettre à l'étude le projet de fermeture des sites de Bourdon (Puy-de-Dôme) et de Toury (Eure-et-Loire), ainsi que le projet d'arrêt partiel de l'activité de conditionnement du site d'Erstein (Bas-Rhin)", déclare-t-il.

"En dépit des mesures concrètes déjà prises par Cristal Union, comprenant entre autres la fin du système de prix de betteraves garantis et la réduction des investissements, le groupe présente des résultats négatifs pour l'exercice clos le 31 janvier 2019", explique-t-il. "Nous avons pris la décision d'étudier le projet de faire évoluer le schéma industriel de Cristal Union vers plus de performance pour pérenniser l'entreprise, et nous donner par la suite cette capacité de rayonner quand cette période compliquée sur les marchés sera terminée", a indiqué Alain Commissaire, directeur général du groupe, à l'AFP.

Coup dur pour les producteurs

Le site de Bourdon, où travaillent 75 personnes, "est un site très isolé", explique M. Commissaire, et si la décision de fermer est finalement prise à l'issue de l'étude, "on ne peut pas imaginer continuer à produire des betteraves et les véhiculer à quelques centaines de kilomètres". Les agriculteurs coopérateurs du Massif central "arrêteront de cultiver de la betterave". 

Mais pour les producteurs, l'arrêt de la culture de betterave se heurte à des risques aussi bien agronomiques qu'économiques. Dans un communiqué, la FNSEA et les JA du Puy-de-Dôme rappellent que la betterave est dans cette zone "au coeur d'une économie circulaire et d'une logique agronomique pertinente". Les surfaces implantées en betteraves permettent par exemple "l'isolement des surfaces de maïs semence entre elles" et les co-produits de la fabrication du sucre (mélasse, pulpe de betterave) sont "largement utilisées et valorisées dans les filières d'élevage", détaillent les syndicats. 

La situation de Toury est différente. Le site emploie 130 personnes, mais est à proximité de deux autres usines du sud de Paris, 30 ou 40 kilomètres, "donc il n'y a pas vraiment de sujet" concernant l'emploi ou la production des coopérateurs, a-t-il assuré. Le transfert partiel de l'activité de conditionnement de sucre du site d'Erstein vers celui de Bazancourt (Marne) pourrait lui toucher "30 ou 40 salariés"

De son côté, la filiale française du groupe allemand Südzucker, Saint-Louis Sucre, avait présenté début avril son plan de restructuration, qui prévoit la fermeture de deux de ses quatre sucreries en France, et la suppression de près de 130 postes sur les 723 que compte la branche française du premier groupe sucrier mondial.