La lutte contre l’artificialisation, premier chantier de la secrétaire d’Etat à la biodiversité

Députée LREM de Haute-Marne, Bérangère Abba a été nommée secrétaire d’Etat à la biodiversité, auprès de la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili. Premier chantier : la lutte contre l’artificialisation des sols agricoles, avec notamment la création d'un fonds destiné à réhabiliter les friches urbaines.

La nomination d'une secrétaire d'Etat à la biodiversité coïncidait avec la tenue, ce 27 juillet, d'un Conseil de défense écologique, 5ème du nom depuis sa création par Emmanuel Macron en mai 2019. Si l'essentiel du Conseil a porté sur la rénovation thermique des bâtiments et la maîtrise de la consommation énergétique, la biodiversité a également été abordée.

A la sortie du Conseil, Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, a rappelé qu'en moyenne, ""un département de la taille de la Drôme disparaissait sous le béton tous les dix ans", que la bétonisation des territoires avait augmenté "quatre fois plus vite que la population au cours des quarante ans passés " et que l'étalement urbain affectait "tous les territoires, y compris ceux perdant de la population".

"Recyclage urbain massif"

Les conséquences sont tout aussi connues : dépendance à la voiture individuelle, augmentation des déplacement et des émissions de gaz à effet de serre, destruction des habitats naturels, réduction du potentiel de développement agricole, réduction du stockage de carbone, augmentation des risques naturels par ruissellement, dévitalisation des centres-villes. La vacance concerne jusqu'à 20% des commerces des villes petites et moyennes.

Le remède ? "Le recyclage urbain massif", a annoncé la ministre, consistant à appliquer "le principe d'économie circulaire au développement des villes. Dans le cadre du plan de relance, nous allons créer un fonds de centaines de million d'euros, pour réhabiliter des centaines d'hectares de friches en terrains clé en main pour activités industrielles et commerciales. Aujourd'hui, on a trop de projets immobiliers qui se font en artificialisant des terres ou des forêts car construire sur des friches coûte souvent bien plus cher". Le fonds doit permettre de compenser ou de réduire l'écart. Des appels à projet seront lancés tandis que le site "Cartofriches", lancé ce jour-même, va s'attacher à recenser les friches disponibles.

"Un basculement dans l'histoire urbaine du pays"

La ministre a réitéré l'objectif de zéro artificialisation nette à long terme. Elle a rappelé que l'objectif de la Convention citoyenne pour le climat était de "diviser par deux le rythme de bétonisation lors de la décennie à venir", expliquant que stopper un modèle qui prévaut depuis des décennies dans les esprits ne se faisait pas en un "claquement de doigts". La ministre a confirmé le moratoire sur les nouvelles zones commerciales en périphérie de villes et annoncé la création d'une mission parlementaire sur les aménagements fiscaux favorisant l'étalement urbain, via des entrepôts notamment.

A noter enfin la création de deux parcs régionaux au mont Ventoux (Vaucluse) et dans la baie de Somme-Picardie maritime, et d'une réserve naturelle nationale, en l'occurrence la forêt de la Robertsau, en Alsace.

Avec ces créations, la France verra la part de son territoire national terrestre protégé à h'auteur de 30%, un objectif qu'Emmanuel Macron s'est fixé à l'horizon 2022. "Ce conseil écologique restera probablement celui d'un basculement dans l'Histoire urbaine du pays", a prédit Barbara Pompili. On ne demande qu'à la croire.