Chine : volailles de chair, un développement de la production et des importations tiré par la demande

Les productions de palmipèdes, constituent une part importante de la consommation de volaille en Chine...

Deuxième viande consommée en Chine en 2019, la volaille de chair a connu une expansion rapide depuis le début des années 1990 (+ 7 %/an) jusqu’aux crises sanitaires de 2013-2017 à partir desquelles la production s’est stabilisée. La production nationale atteint 20,5 millions de téc. en 2018 et la consommation 14,7 kgéc. par habitant. Le poulet blanc, représentant le tiers de la production de volailles et issu de souches importées à croissance rapide, est le principal segment de marché destiné à la distribution et à la restauration principalement vendu sous forme de découpes congelées. La production traditionnelle de poulets colorés (22% de la production), de souches locales à croissance lente, est quant à elle commercialisée essentiellement en vif sur les marchés ou en supermarchés. Enfin les productions de palmipèdes (canard 27% et oies 9% de la production nationale de volailles), constituent également une part importante de la consommation de volaille en Chine, avec le canard pékin, principalement apprécié sous forme d’abats dans le sud et entier dans le nord du pays.

Malgré le déficit que connaît le secteur de l’accouvage depuis 2015 en parentaux et grand-parentaux, c’est-à-dire la succession de générations de souches de volailles permettant de fournir des poussins en grand nombre pour la production commerciale de poulets, la volaille de chair a connu une expansion rapide en 2019 (+ 12,3 %) suite à la hausse vertigineuse des prix du porc. Avec des perspectives à moyen terme prometteuses sur la volaille, de nombreuses entreprises d’élevage en intégration avec la fabrication d’aliment ont développé la production avicole afin de combler, pour partie, la chute de l’offre en porc. Si la crise Covid-19 a freiné cet élan, en perturbant la chaîne logistique à tous les niveaux, la demande semble repartir depuis mi-juillet 2020 avec des prix du poulet qui augmentent. Les mesures sanitaires, notamment la fermeture de marchés traditionnels et le développement du foodservice, pourraient toutefois contribuer à modifier sensiblement la demande vers plus de découpes congelées et de poulet blanc. La Chine s’approvisionne majoritairement en volailles sur son marché intérieur, ce qu’exprime le taux d’autosuffisance de 96 % en 2019. Les importations se font majoritairement en provenance du Brésil (49 %) et des États-Unis (18 %) et sont constituées avant tout d’ailes congelées et d’abats (pattes entre autres).

Depuis le début de la crise FPA, les importations chinoises en viande de volaille ont suivi une nette progression, en provenance du Brésil, de la Thaïlande et de la Russie et depuis 2020 des États-Unis suite à une décision du gouvernement chinois de rendre l’agrément export à 170abattoirs après 5 années d’embargo. Au sein des pays de l’UE, c’est avant tout la Pologne qui a profité de hausses d’exportations. Le rachat d’un des principaux transformateurs de porc et volaille en Pologne, Animex Foods, par le groupe chinois WH Group en mai 2019, suggère en outre des modalités d’agrément et d’exportations facilitées. Toutefois, les envois polonais vers la Chine ont été arrêtés en début d’année 2020 en raison de multiples foyers d’influenza aviaire identifiés dans le pays. Pour la France, le marché chinois correspond à 3,7% des exportations de volailles françaises en volume et 3,5% en valeur en 2019. Avec une stratégie nationale de plus en plus orientée vers la production de découpes désossées pour approvisionner le marché intérieur, la valorisation de l’ensemble de la carcasse est un des déterminants de la compétitivité de la filière avicole française. Si des opportunités de valorisation de coproduits de carcasse en alimentation humaine sont à saisir par les exportateurs français ceux-ci devront faire face à la concurrence des principaux exportateurs mondiaux, très présents sur les marchés chinois au travers de relations historiques (Brésil) ou par le biais de partenaires de groupes implantés en Chine (WH Group, CP group) et en mesure de fournir d’importants volumes.

 

.

 

Article de la revue PRISME - L’analyse de la conjoncture et de l’actualité agricole et agroalimentaire – sept. 2020