Colombier Saugnieu : un captage prioritaire bien protégé

La commune située aux confins de l’Isère et du Rhône s’est distinguée à 2 reprises pour ses engagements en faveur de la biodiversité, de l’environnement et du développement durable, notamment pour la préservation du captage du Reculon.

La mairie de Colombier Saugnieu n’est pas peu fière d’annoncer qu’elle a reçu le prix « communication et sensibilisation », en novembre à l’occasion de la Cérémonie de remise des trophées du grand prix de préservation des captages d’eau potable, organisée par l’Office français de la biodiversité. Dans un communiqué de presse, Pierre Marmonier, le maire de la commune de l’Est lyonnais s’est félicité de cette récompense « qui traduit l’important travail de mise en place d’un programme d’actions sur plusieurs années en lien avec les agriculteurs, les services de la mairie et les animatrices « captages prioritaires » afin de préserver le captage « Le Reculon ». Sensible aux pollutions nitrates et produits phytosanitaires, ce captage alimente plus de 1000 foyers sur la commune et demande une attention toute particulière ».

Tout un programme d’actions

Georges Viscogliosi, adjoint au cadre de vie, aux infrastructures et à l'agriculture, accompagné de Daniel Paillot, vice-président ressources en eau à l’Epage de la Bourbre, Léna Zins, animatrice captages prioritaires et Clara Berland, chargée de gestion foncière et environnement, ont présenté au Salon des maires à Paris les projets et actions menées par la commune dans l’objectif de protéger le captage. Ce programme d’actions traite notamment de la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires et d’optimisation de la fertilisation azotée. Il passe également par une sensibilisation de la population grâce à l’installation de panneaux d’interprétation du paysage afin de fournir des indications sur l’environnement, et les pratiques de l’agriculture. « La randonnée du circuit découverte du monde agricole de 9 km organisée en juin dernier sur la commune, s’est inscrite dans cette sensibilisation visant à faire découvrir le village et ses engagements pour l'agriculture ainsi que la préservation de la ressource en eau. C’est cette opération de communication et de sensibilisation autour des pratiques de nos agriculteurs qui nous a permis de remporter ce prix. Cette action de communication sur les panneaux d'interprétation agricole sera également valorisée par la réalisation d'une vidéo, offerte par l'OFB », souligne Georges Viscogliosi.

Ce dernier revient aux sources de ce travail de préservation du captage du Reculon. « Le captage a été déclaré prioritaire en 2009, puis des études géologiques ont été conduites et le périmètre du captage a été défini. Dès 2014, un bureau d’études a accompagné la mairie, l’Epage de la Bourbre et les agriculteurs concernés -31 essentiellement céréaliers sur les communes de Satolas-Les-Bons, Tignieu Jameyzieu, Charvieu Chavagneux et Colombier Saugnieu- à fixer les 17 actions prioritaires de protection du captage qui s’étend sur 720 ha. Ensuite, la commune avec l’aide de l’Agence de l’eau a créé un poste d’animation qui a aujourd’hui été repris par l’Epage. Au niveau agricole, la commune a par exemple proposé des aides de minimis aux agriculteurs qui ont fait le choix de passer en agriculture biologique ou de mettre en prairies certaines de leurs parcelles. »

La commune de Colombier Saugnieu remercie les agriculteurs du territoire, l’Epage de la Bourbre, les services municipaux et tous les acteurs de ce projet.

 

Témoignage : les efforts des agriculteurs à montrer

Pascal Arragon, éréalier à Colombier Saugnieu, a participé aux premières réunions pour définir les actions à mettre en œuvre afin de protéger le captage. Il s’est ensuite lancé dans une mesure agroenvironnementale et climatique (MAEC) de réduction de l’usage de produits phytosanitaires avant d’intégrer un groupe Dephy sur son secteur. « Concrètement, cette implication s’est traduite par l’achat d’un pulvérisateur plus précis, la réduction des phytos de 30 % sur l’exploitation, la diminution des engrais. Grâce à du matériel sophistiqué, on positionne mieux nos interventions, on traite avec un hygromètre dans le tracteur… Tous ces progrès méritent d’être connus des riverains. C’est pour cela que j’ai apprécié le temps d’échanges que nous avons eu avec la population à l’issue de la randonnée de 9 km ! », explique l’agriculteur.

Emmanuelle Perrussel