Du biofioul durable français d’origine agricole à l’horizon 2022

Un ensemble de partenaires met en place une filière pour un fioul domestique issu principalement de l’estérification de colza. Présentation.

La Fédération française des combustibles, carburants et du chauffage (FF3C) a présenté, le 15 septembre, avec ses partenaires (Fédération française des producteurs d’oléagineux et protéagineux-Fop et Fédération française des pétroliers indépendants-FFPI), le démarrage et la stratégie d’une filière de production et distribution d’un fioul domestique décarboné, ou biofioul, utilisant des végétaux (huiles de colza mais aussi de tournesol) comme matière première. Ou plus exactement d’ester méthylique d’acide gras ou Emag. « On y travaille depuis deux ans avec nos partenaires. Il s’agit de produire un combustible d’origine végétale moins émetteur en CO2 par rapport aux combustibles fossiles. Cela prend place dans le cadre de l’interdiction prononcée par le gouvernement le 27 juillet sur l’installation de chaudières au fioul utilisant un combustible 100 % fossile à partir du 1er janvier 2022 », a précisé Eric Laily, président de la FF3C.

L’objectif de cette filière est de produire un biofioul contenant 30 % d’Emag d’ici 2022 (50 % en 2025-2030 et 100 % en 2040). Des tests de commercialisation existent dans la région de Rouen et on peut déjà trouver du biofioul en Alsace, dans le Massif central en régions lyonnaise et bordelaise. Une expérience est menée, avec un taux d’incorporation de 30 %, en Corrèze avec les chaufferies de trois lycées professionnels et un centre national sportif.

Maintenir les moyens de production

Côté production, Arnaud Rousseau, président de la Fop, a rappelé que la France dispose de « 1 Mha en colza depuis 1998 avec un pic à 1,6 Mha en 2017. Cette année, on devrait semer 1 Mh. 45 % de la collecte de graines de colza sert à produire des huiles dont trois quarts sont utilisés pour la filière biocarburant. La filière est donc en capacité de produire ces huiles nécessaires au biofioul mais il faudra faire le nécessaire pour préserver les moyens de production face aux aléas climatiques, aux impasses techniques et interdiction en matière de traitement des plantes et aux problématiques de gestion de l’eau ».