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Mercredi 28/01/2026
L’accord commercial UE-Inde ou l’anti UE-Mercosur
« L’accord de tous les accords » conclu le 27 janvier entre l’UE et l’Inde préserve les intérêts stratégiques des deux parties en matière agricole et agroalimentaire et ménage des mécanismes de sauvegarde en cas de déstabilisation des marchés.
« Dans un contexte commercial mondial difficile, l'accord UE-Inde démontre qu'une politique commerciale ambitieuse peut être compatible avec la protection des spécificités agricoles clés ». Telle est la réaction du Copa-Cogeca après la signature le 27 janvier d’un accord de libre-échange entre l’UE et l’Inde, « l’accord de tous les accords » selon les termes du premier ministre indien Narendra Modi, repris par la présidente de la Commission européennes Ursula von der Leyen. La zone de libre-échange ainsi créée englobe en effet 2 milliards de personnes et totalise 120 milliards d’euros d’échanges de marchandises et 60 milliards d’euros de services selon la Commission européenne
Les filières agricoles stratégiques exclues de l’accord
Ces échanges devraient être dopés à la faveur d’une réduction des droits de douane s’appliquant à de nombreux secteurs. S’agissant des produits agricoles européens, l’Inde a consenti des réductions sur les vins et spiritueux (passant progressivement de 150% à 20% ou 30% selon les produits), la bière, l’huile d’olive (passant progressivement de 45% à 0%) ou encore les produits transformés, dont les pâtes et le pain dont les droits seront aussi ramenés à 0%. Autant de produits qui n’impactent pas les agriculteurs indiens, en contrepartie préservés des produits laitiers, céréales, volaille et fruits et légumes européens, considérés comme sensibles et exclus de l’accord. Tout comme le bœuf, le sucre, le riz, la volaille, le miel ou encore l’ail « made in India », au grand soulagement des producteurs européens.
Exit l’agriculture comme variable d’ajustement
En résumé, l’agriculture n’a pas fait office de variable d’ajustement comme dénoncé dans l’accord UE-Mercosur, signé le 17 janvier dernier mais sous le coup d’un double sursis réglementaire et parlementaire après la saisine de la Cour de justice de l’UE par les eurodéputés.
L’accord UE-Inde ménage également des clauses de sauvegarde en cas de déstabilisation des marchés agricoles. Le Copa-Cogeca attend aussi de l'accord qu’il garantisse « la réciprocité des normes de production des produits agroalimentaires mis sur le marché de l'UE, afin d'assurer une concurrence loyale pour les agriculteurs européens et de maintenir la confiance des consommateurs ».