« Le développement du bio doit être axé sur le marché » selon les eurodéputés

Les députés européens ont adopté hier massivement le plan d’action pour le bio de la Commission européenne du 25 mars 2021. Ils n’ont revanche pas repris l’objectif de 25% des surfaces cultivées en bio en 2030 au cœur de la stratégie De la ferme à la table, insistant plutôt sur un développement du bio guidé par le marché.

Le Parlement européen a adopté mardi 3 mai une résolution sur le plan d’action de l’Union européenne.

« Le plan d’action biologique de l’UE vise à faire en sorte que l’offre et la demande de produits biologiques se développent côte à côte et de façon uniforme. En définitive, l’expansion du bio n’est pas seulement une question de climat, d’environnement et de bien-être animal, mais aussi d’efficacité économique pour nos agriculteurs », commente Simone Schmiedtbauer, rapporteuse du texte pour le Parlement européen, dans un communiqué.

Le texte a en revanche déçu Claude Gruffat, eurodéputé vert français et ex-président de Biocoop. «  Le texte final ne reprend pas l’objectif des 25% de surfaces cultivées en 2030, présent dans la proposition initiale de la Commission et pourtant au cœur des stratégies européennes « De la Ferme à la table » et sur la biodiversité citées par ailleurs », déplore-t-il sur son blog estimant que le texte manque de souffle.

Adopté par 611 voix pour (14 voix contre et 5 abstentions), le plan d’action de l’Union européenne pour l’agriculture biologique adopte plusieurs principes importants :

  • Le développement et la croissance du secteur biologique doivent être guidés par le marché. « Le développement et la croissance du secteur et des zones biologiques, comme le prévoit la stratégie De la ferme à la table, avec un rôle clé dans la revitalisation et le maintien de zones rurales dynamiques, doivent être axés sur le marché et d’accompagner d’évolutions globales de la chaîne d’approvisionnement, y compris la transformation ainsi que de mesures visant à stimuler l’offre et la demande de denrées alimentaires biologiques et à garantir la confiance des consommateurs », peut-on lire dans la résolution adoptée. L’objectif : « permettre un développement équilibré, conforme à la capacité du marché à absorber la production biologique, afin de préserver la rentabilité future du marché des produits biologiques et de l’agriculture biologique dans l’Union ».
     

    Permettre un développement équilibré conforme à la capacité du marché à absorber la production biologique

  • « Il importe de continuer à augmenter les rendements biologiques », et ce afin d’éviter une augmentation de l’empreinte écologique de la production alimentaire dans les pays tiers alors qu’une plus grande conversion au modèle de l’agriculture biologique a lieu dans les régions de l’UE, pointent les députés européens.
     
  • Pour que le plan soit couronné de succès, « il doit stimuler et mobiliser les Etats membres », ainsi que les pouvoirs publics locaux et régionaux. Les députés européens incitent ainsi les Etats membres à élaborer leurs propres stratégies nationales en matière d’agriculture biologique.
     
  • Soulignant le potentiel que présentent les chaînes d’approvisionnement alimentaires courtes pour l’agriculture biologique, la résolution du Parlement européen « invite les Etats membres à affecter suffisamment de ressources aux investissements qui facilitent le développement de chaînes d’approvisionnement alimentaire courtes, par exemple en augmentant le nombre d’abattoirs mobiles ou d’infrastructures de transformation situées au sein de l’exploitation » et demande à ce que « le recours à des chaînes d’approvisionnement locales soit favorisé dans le cadre des procédures de marchés publics ».
     
  • Invite la Commission à renforcer les contrôles douaniers au moyen de mécanismes de contrôles directs et unifiés en coordination avec les Etats membres afin de prévenir la fraude alimentaire, la falsification et l’importation de produits qui ne sont pas conformes aux normes de production biologique de l’Union ».
     
  • « La recherche et l'innovation dans la production animale ou pour assurer la disponibilité des aliments protéinés, des vitamines et des produits phytosanitaires nécessaires sont essentielles à la durabilité du secteur de l'agriculture biologique », estiment les députés. Ils encouragent donc une approche scientifique et des innovations sur les nouvelles sources de nutriments pour les plantes ainsi que la recherche sur les semences biologiques, tant en « rappelant que l’utilisation de semences génétiquement modifiées (OGM) n’est pas autorisée dans l’agriculture biologique ».
     
Lire aussi notre dossier : Le bio victime de la conjoncture

Ce rapport d'initiative sur un plan d'action de l'UE pour l'agriculture biologique fait suite au plan d'action de la Commission pour le développement de la production biologique du 25 mars 2021. En 2024, la Commission devrait publier un examen à mi-parcours du plan d'action.

Retrouvez la résolution du Plan d’action de l’UE pour l’agriculture biologique ici :