Porcs : Demande insuffisante malgré la chute des offres !

[Note hebdo semaine 24-2022]

Les semaines se suivent et se ressemblent plus ou moins puisque aucune évolution significative n’est venue ébranler le marché porcin depuis près de 2 mois. Pourtant, le point de rupture semble proche tant les offres sont faibles, illustrées par des poids qui passent sous les niveaux de l’année passée, voire des années antérieures. Car à la baisse des cheptels annoncée dès le début de l’année est venue s’ajouter une période de canicule qui ralentit la croissance des porcs surtout dans le sud de l’Europe. Mais ces températures trop élevées peuvent avoir également des conséquences négatives sur la consommation de produits à griller en faveur d’aliments plus rafraichissants.

En Allemagne, le prix de référence reste stable malgré une offre peu abondante. Les récents fériés ont laissé peu de reports d’abattage, vite absorbés et dans certaines régions l’offre est même inférieure à la demande. Cependant, certains länder (catholiques) dont la Rhénanie-Westphalie qui est le länder le plus peuplé d’Allemagne, ont célébré la Fête-Dieu jeudi passé et, si cela a pu animer quelque peu la demande, cela a également ralenti l’activité. De toute manière, globalement, les impulsions sur le marché de la viande restent insuffisantes pour actionner des hausses sur les tarifs des pièces et par conséquent sur le prix du porc. La semaine qui débute verra peut-être enfin une évolution du prix tant attendue par les producteurs allemands et ceci avant le début des vacances scolaires, durant lesquelles beaucoup d’allemands quittent le pays.

Le cours belge n’a pas suivi la tendance allemande cette fois puisqu’il augmente de 1 cent du kilo vif. Ici aussi, le niveau des offres est particulièrement bas, cela se traduit par des poids qui se situent actuellement 2 kilos sous les mêmes références 2021 permettant à la pression sur le marché de l’offre de se détendre progressivement. Tous les indicateurs sont favorables à la hausse du prix du porc même si les ventes de porcs vifs vers l’Allemagne restent laborieuses.

En Espagne, le prix du kilo vif, fixé à Mercolleida, a progressé de 1,8 cent. Dans ce pays, le cours augmente crescendo mais à un rythme contenu tant que des mouvements significatifs ne sont pas apparus sur les autres places de cotations et en particulier en Allemagne. En réalité, la situation de marché évolue peu depuis des semaines. Les offres sont faibles et ne suffisent même plus pour 4 jours d’abattage. Certains abattoirs doivent importer des porcs, notamment des Pays-Bas. D’une part, les températures extrêmes sont responsables d’une faible croissance des animaux et d’autre part, la présence de problèmes sanitaires depuis des mois, se traduit à présent par une baisse des porcs prêts à être commercialisés. Les entreprises d’aliment font état d’une baisse des ventes de 20 % ! Des éleveurs de porcelets ont apparemment jeté l’éponge face aux coûts très élevés de production, ce qui laisse, par ailleurs, augurer pour les prochains mois d’une production plus stable voire en repli. Mais en Espagne aussi, la demande actuelle est toujours insuffisante et le marché de la viande reste encore bien approvisionné et concurrencé, rendant très difficile toute valorisation des pièces.