« Une rénovation de toiture avec du photovoltaïque pour un risque zéro »

Sylvain Pigeon, agriculteur à Mareuil en Brie (51), a changé la toiture de son bâtiment en développant un projet photovoltaïque avec des risques économiques qu’il juge très faibles.

« L’idée me trottait dans la tête depuis un moment car mon bâtiment est orienté plein sud, raconte Sylvain Pigeon, installé à Mareuil en Brie. Je me suis décidé fin 2018, quand j’ai constaté que le transformateur EDF était à seulement 40 mètres de la ferme ! Ce n’est pas un détail : le coût du raccordement est proportionnel à la distance entre le bâtiment et le transformateur et c’est vite important. Cela a renforcé la pertinence de mon projet. Le dossier ficelé, j’ai procédé à la dépose de la couverture des années soixante que j’ai remplacée par des bacs aciers. » L’installateur a fixé les 540 m2 de panneaux voltaïques, soit une installation de 100 kWc.

« J’ai choisi une entreprise proche de chez moi, qui assure ainsi le suivi de l’installation via un contrat de maintenance. Les techniciens interviennent rapidement en cas de souci, grâce à un système de surveillance à distance. Ce contrat de maintenance, obligatoire pour mon assurance, a un coût, mais je ne suis pas compétent dans ce domaine. Avec l’assurance et la location du compteur, c’est la seule charge de mon projet. »

Le prévisionnel de production dépassé dès la première année

Le chiffre d’affaires prévisionnel est de 12 700 euros par an pour un résultat net de 10 700 euros et un investissement de 90 000 euros sur neuf ans. L’installation est parmi les plus performantes du moment car, en ne touchant qu’à la toiture, l’agriculteur a optimisé le projet. Fort de ces ratios, il devrait vite atteindre son but de maintenir l’EBE de l’exploitation. Sylvain Pigeon est confiant : « Le tarif de rachat est fixe pendant 20 ans, la garantie de l'onduleur est de 20 ans, celle des optimiseurs de 25 ans et la productivité des panneaux est garantie à 83 % pendant 25 ans. C’est un projet à risque zéro, équivalent à un placement à 8 % ».

Le prévisionnel de production devrait être dépassé dès la première année. « La mise en service a eu lieu le 27 janvier dernier et, au 31 août, j’ai déjà produit l’équivalent de 10 000 euros. » S’il pénalise les productions végétales, le réchauffement climatique bénéficie au moins aux producteurs d’énergie solaire, désormais souvent les mêmes. « En 15 ans, nous sommes passés de 1 500 à 2 000 heures d’ensoleillement par an en région Grand-Est, indique l’agriculteur. Quand nos cultures ont trop chaud, on se dit qu’heureusement autre chose compense. »