United Fresh 2020 : ventes record pour la filière bio, des questions pour l’avenir

Second retour du salon virtuel américain United Fresh Live. Les ventes de fruits et légumes bio ont littéralement explosé pendant la crise sanitaire. Aujourd’hui, les fournisseurs comme les détaillants réfléchissent au "jour d’après".

La filière des fruits et légumes biologiques aux Etats-Unis est particulièrement dynamique. Selon Organic Trade Association (interprofession bio), les ventes en 2019 ont augmenté de près de 5% sur un an pour atteindre un chiffre d’affaires de 18Md$ (16,1 Md€).

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Les fruits et légumes bio représentent 15% du marché total aux Etats-Unis (c) Beachside Produce LLC

Les fruits et légumes bio (en frais, surgelés ou en conserve) sont la catégorie star aux Etats-Unis et sont souvent le point d’entrée pour les premiers achats alimentaires bio. Selon Organic Trade Association, les fruits et légumes bio représentent 15% du marché total dans le pays.

Des ventes qui ont dépassé toutes les attentes

La crise de la Covid-19 a fait exploser les ventes de produits bios en général : elles ont bondi de plus de 50% au début du confinement, pour progresser encore de 20% au printemps 2020.

Et là encore, les fruits et légumes ont été en première ligne. Cela fut souligné par les participants lors d’une webconférence dans le cadre de United Fresh Live.

Rod Braga (Braga Farms, Soledad, Californie) a fait face à un véritable tsunami : « les ventes sont véritablement passées par le toit. Sur le mois de mars, la demande a progressé entre 60 et 70% et à l’heure actuelle, selon les catégories de produits, elle augmente entre 30% et 100%. C’est comme si les ventes traditionnelles de fin d’année, toujours bonnes, se répétaient encore et encore. »

Le constat a été partagé par Brian Kocher, pds du groupe Castellini (Wilder, Kentucky) : « Ce fut une période intéressante car nous avons assisté à la chute de l’activité RHD et une forte augmentation de celle de la distribution. Finalement, cela a créé une folie égale : d’une part, il a fallu répondre à la demande de la GMS et de l’autre aider les distributeurs spécialisés RHF à réorienter leur stocks. Mais, dans les dix premiers jours de la crise, tout partait, le conventionnel comme le bio. C’est ensuite que nous avons assisté à la progression constante des ventes en bio ».

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« Dans les dix premiers jours de la crise, tout partait, le conventionnel comme le bio. C’est ensuite que nous avons assisté à la progression constante des ventes en bio » Brian Kocher, pdg du groupe Castelleni. (Castellini/capture d’image)

Cette situation exceptionnelle s’est aussi retrouvée du côté de la distribution.

Deux représentants de Albertsons ont participé à la webconférence. Le groupe de distribution compte 2 252 magasins sous les enseignes Albertsons, Safeway, Vons et Shaw’s, sur tout le territoire américain. Son chiffre d’affaires a atteint 62,5 Md$ (55,75 Md€). Sa marque « O Organics » représente plus d’un 1Md$ (889 M€) par an.

Jerry Callahan, vice-président du groupe "Fruits, Légumes et Fleurs" a souligné que si les ventes avaient été fortes mais pas pour toutes les catégories de produits : « Les légumes se sont particulièrement bien comportés et spécifiquement le céleri et l’épinard. Mais, ce fut aussi le cas pour les petits fruits rouges et les bananes. Pour les bananes, c’est peut-être l’expression d’un retour aux basiques du consommateur. »

Richard Mendosa, vice-président "Achats fruits, légumes et fleurs" a noté que les marques nationales avaient mieux performé que les MDD

Un futur encore à définir

Quel pourrait être la suite des événements ? Selon certains experts, il pourrait y avoir un ralentissement de la croissance des ventes parce que les consommateurs seront sensibles aux prix (la crise économique est très dure outre-Atlantique) ou, à l’inverse, il pourrait y avoir une demande en produits haut de gamme répondant à la recherche de produits sains.

« Ma boule de cristal est un peu brumeuse, a reconnu Richard Mendosa, mais il faut garder en tête que si un produit n’a pas marché pendant cette incroyable période, il y a fort peu de chance qu’il marche le "jour d’après" ».

Pareillement, Jerry Callahan a conseillé aux fournisseurs de se concentrer sur les produits de base et ne pas surcharger le marché d’innovations: «Introduire de nouveaux produits implique la sortie d’autres produits. La place en linéaire n’est pas extensible. Les consommateurs nous le disent bien : ils se concentrent sur les produits de base »

Autre tendance émergente : le e-commerce. Brian Kocher y voit là une piste d’avenir : « Il ne fait aucun doute les ventes par internet vont progresser. Pendant la crise, ces achats ont augmenté de 200 à 300% pour certains clients sur mars, avril et mai, d’une année sur l’autre. Certains analystes prédisent que ce canal puisse représenter jusqu’à 12% des ventes totales. Je ne sais pas si nous atteindrons ce niveau, mais il sera supérieure aux 4%, 5% actuels. »

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