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Fantasmes pulvérisés à Valambray (14)

Julie Pertriaux

Fantasmes pulvérisés à Valambray (14)
- © JP

Vendredi 20 décembre, la Chambre d'agriculture du Calvados a organisé une rencontre entre élus : Geoffroy de Lesquen, secrétaire de la Chambre et agriculteur à Valambray, a accueilli dans une parcelle le président de l'Umac, Olivier Paz, et des élus locaux. L'après-midi était centré sur la pédagogie, de l'utilisation du pulvérisateur aux abeilles. En ligne de mire, les élections municipales de mars 2020.

« Nous devons travailler à niveau égal de compréhension, pour être pragmatiques », introduit Jean-Yves Heurtin, président de la Chambre d'agriculture du Calvados, vendredi 20 décembre, aux élus locaux présents à Valambray. Parmi eux, Olivier Paz, président de l'Union amicale des maires du Calvados.  « Je regrette que Franck Guéguéniat n'ait pas répondu à notre invitation », souligne Jean-Yves Heurtin.
À l'automne, le maire d'Epron avait pris un arrêté anti-pesticides à moins de 150 m des habitations. Le but de la rencontre est de présenter aux élus les « solutions techniques utilisées par les agriculteurs pour diminuer l'utilisation de produits phytosanitaires ». « Le travail de partenariat avec la Chambre doit aboutir sur l'adoption conjointe de la charte des bonnes pratiques. Nous devons nous parler et trouver des solutions communes », promet Olivier Paz.
De l'eau dans le pulvé
Geoffroy de Lesquen, cultivateur à Fierville-Bray (commune déléguée de Valambray) en agriculture de conservation, assure la démonstration d'épandage de produits phytosanitaires avec Éric Desdevises, salarié, au volant du pulvé. « Le pulvé est rempli d'eau », souligne l'agriculteur, en dévissant deux types de buses : les standards et les anti-dérives. Après être passées dans les mains des élus, il les refixe. Éric Desdevises baisse la rampe et pulvérise l'eau. Chacun constate l'efficacité d'utiliser du matériel adapté. « Toutes les zones non traitées sont une perte nette totale. » Le jour même, le gouvernement annonce l'application de distances de 3, 5 et 10 m de ZNT selon les cultures et les produits appliqués.
Je n'en dors pas la nuit
Ensuite, Geoffroy de Lesquen a déroulé une présentation de l'agriculture de conservation. « Je pourrais en parler des heures », sourit-il. Il en rappelle les grands principes : non-labour, retour des vers de terre et un sol jamais nu. Sous les pieds des élus, de la moutarde, de la vesce et de l'avoine : le mélange en interculture permet de capter du carbone et de ne pas laisser le sol nu l'hiver. « Au printemps, je vais semer des pois mais deux jours avant, je dois détruire le couvert avec du glyphosate. » Si le désherbant est supprimé, « je ne pourrais plus garder ce système. Je n'en dors pas la nuit ». Geoffroy de Lesquen brandit ses analyses d'urine et de blé, indemnes de la molécule. Se pose la question des « fameux pisseurs volontaires », soulève Jean-Yves Heurtin. Dans le Finistère, dix personnes (habitants et agriculteurs) ont fait analyser leurs urines par le laboratoire allemand des pisseurs volontaires et par un autre, français, public. Les méthodes d'analyses divergent et les résultats aussi : si les premiers annoncent des traces de la molécule, les seconds en sont indemnes.
Pas d'api sans agri
La parole est ensuite donnée à Adrien Guillemot, apiculteur professionnel à Jort. « Avant, j'étais boulanger. J'apprends au fur
et à mesure à travailler avec les agriculteurs. Sans eux, je ne serais pas là. » Adrien Guillemot élève 250
essaims. Tous les ans, il les place dans les parcelles d'exploitants agricoles, en bio conventionnel ou raisonné, afin que les abeilles butinent des plantes mellifères (colza, luzerne, tournesol). « Nous travaillons en partenariat. Les cultivateurs s'engagent à ne pas traiter en journée, je leur explique de quoi les abeilles ont besoin. C'est aussi à nous, apiculteurs, de travailler nos ruchers pour aider à améliorer les rendements des parcelles où ils se trouvent. L'important, c'est d'être transparents pour créer une symbiose. » L'apiculteur propose d'installer dans les parcelles des banderoles de communication, vantant les mérites de la collaboration entre les deux professions. Pour le printemps à venir, il est à la recherche d'agriculteurs avec lesquels travailler. Avis aux amateurs. n

Source l'Agriculteur Normand

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