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Foire de Caen : revenir encore plus fort

Estelle Désillière

Foire de Caen : revenir encore plus fort
- © ED

Etienne Marie est éleveur de Charolaises à Tournebu (14). Il est installé sur l'exploitation familiale avec son père et son frère. Ce week-end, il emmènera sept de ses animaux concourir à la Foire internationale de Caen, à l'occasion du concours interdépartemental Charolais. Rencontre.

Étienne Marie est installé avec son père et son frère sur la ferme familiale de Tournebu, dans le Calvados. « Je n'ai connu que cette exploitation. J'ai été aide familial pendant dix-huit mois et salarié pendant deux ans. J'aurais peut-être aimé aller voir ailleurs et découvrir d'autres façons de travailler », confie-t-il. Il faut dire que le jeune homme de 27 ans a un parcours atypique, puisqu'il n'a pas de formation agricole. « J'étais en section sport-études depuis le collège. Je suis un mordu de football. J'ai suivi une filière générale au lycée, mais ça n'a pas marché. » Alors Étienne Marie décide de revenir sur la ferme familiale. « J'ai toujours su que je m'installerai, même en sport-études. J'avais la tête sur les épaules et je ne rêvais pas d'une carrière de footballeur. Je voulais mon élevage de Charolaises », assure-t-il.
Frappé par la tuberculose
Le 1er avril 2017, Étienne Marie décide de sauter le pas et de s'installer. La ferme compte alors 300 ha, dont 200 ha de cultures et le reste en prairies.
Les exploitants élèvent 110 mères. « Il y a 300 têtes à la fin de la période de vêlages. L'élevage c'est ce qui me plaît. Je n'ai pas du tout l'âme d'un céréalier comme mon père et mon frère.  » Mais en mars 2018, l'exploitation est frappée par la maladie redoutée par tout éleveur : la tuberculose bovine. « Tout le cheptel a été abattu. Ça a été une période vraiment difficile, le moral était au plus bas. C'est une épreuve que je ne souhaite à personne, se remémore-t-il. Nous avions deux choix : soit nous arrêtions la génétique soit nous repartions encore plus fort. C'est cette deuxième option que l'on a choisie ». Après des heures au téléphone et des milliers de kilomètres, l'exploitation a réussi à retrouver un cheptel de qualité à l'été 2018. « Nous avons racheté 140 vaches, dont 60 suitées et 11 génisses. »

Premier concours depuis 2017
Aujourd'hui le moral est revenu au sein de la famille Marie « même s'il a fallu un temps d'adaptation avec le nouveau cheptel. Ce n'était pas notre génétique ni notre travail. On apprend à connaître chaque vache et à choisir les accouplements », détaille le jeune éleveur. Ce dernier emmène, ce week-end, sept de ses animaux concourir à la Foire internationale de Caen. « C'est la première fois qu'on y retourne depuis 2017. Nous n'emmenons que les jeunes bêtes nées sur l'exploitation. Certaines vaches du troupeau ont largement le niveau concours, mais ce n'est pas le fruit de notre travail », admet-il. Pour l'éleveur, c'est l'occasion « de comparer la génétique du troupeau qu'on a récupéré à celles des cadors, et pourquoi pas, essayer de les titiller. Mais on n'y va pas que pour la compétition, mais aussi pour s'enrichir des élevages présents, ce sont des modèles. En plus l'ambiance est super. »
Moulins dans un coin de la tête
Étienne Marie a participé à son premier concours en 2012, en non-officiel. « À Tournebu, il y a un noyau d'éleveurs Charolais qui sortent en concours. Ils m'ont convaincu d'y participer moi aussi et m'ont beaucoup conseillé. Je leur dois énormément. » Actuellement, le Gaec Marie & Fils ne participe qu'au concours interdépartemental de Caen. Mais Étienne Marie garde dans un coin de sa tête le concours agricole Charolais de Moulins. « C'est le Graal. Les meilleurs animaux Charolais de France sont réunis là-bas. Être sélectionné pour y participer avec des produits de la ferme serait exceptionnel. » En attendant, l'éleveur ne brûle pas les étapes et prépare ses animaux pour le concours de ce week-end. « J'adopte la même conduite pour tous mes animaux au niveau de la ration. Je sélectionne ceux qui valorisent le mieux l'aliment », conclut-il. Au total, 100 animaux Charolais concourront samedi 21 septembre, de 13h30 à 19 heures. La remise de prix se fera dimanche matin, à partir de 11 heures.

Source l'Agriculteur Normand

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