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La communication sur la table JA 14

Propos recueillis par J. Pertriaux

La communication sur la table JA 14
- © JP

Mercredi 20 mars, les Jeunes agriculteurs du Calvados ont tenu leur assemblée générale. La réunion, comme la mandature, était sur le thème de la communication.

l #BienvenueChezLesAgri's
« La marque Bienvenue chez les agri's est déposée par JA 14 », annonce Antoine Bossuyt, secrétaire général du syndicat, mercredi 20 mars. Deux événements à destination du grand public sont associés à la marque. Le premier, #EntrezC'estOuvert consiste en une journée portes ouvertes chez un éleveur, afin de parler du métier.
Le deuxième est #FêteDeL'agriculture. Le traditionnel concours de labour s'arrête sous sa forme classique. « A part dans le Bessin l'année dernière, nous n'arrivons plus à faire venir les gens. Nous souhaitons renouveler l'événement et nous rapprocher de son but premier, soit la communication auprès du public. » Les Jeunes agriculteurs ont rencontré Joël Bruneau, maire de Caen, et Paul Sechaud, directeur de Caen événements, pour accrocher la fête de la terre à la Foire internationale de Caen. « Nous voulons faire évoluer la foire de Caen et remettre la filière agricole en avant. C'est un objectif partagé avec les Jeunes agriculteurs, appuie Paul Sechaud. Nous sommes sur les rails pour aller à la conquête de partenaires, conférenciers, etc., afin de créer une ferme qui présentera un échantillon des productions normandes. » Côté JA, les élus voient aussi le volet sécurité, « qui est devenu très lourd à gérer », simplifié. « Plus la fête est au même endroit et à la même date, plus les gens reviennent», espère François-Xavier Hupin, président, pour les futures éditions.
« Comment communiquer sur l'agriculture ? »
Tel était le thème de la table ronde à laquelle étaient invités Léa Launay, chargée de mission communication Interbev Normandie, et Antoine Casini, conseiller départemental du Calvados, à l'initiative de l'appel à l'interdiction du glyphosate dans le département sous trois ans. En voilà quelques extraits.
Léa Launay : « nous sommes dans une démarche de construction positive. Nous travaillons avec un diététicien et un nutritionniste sur l'équilibre alimentaire. Notre nouvelle campagne, Naturellement flexitarien, montre que l'omnivore du XXIe siècle est éclairé. Nous voulons déculpabiliser le consommateur à manger de la viande. Pour les éleveurs, nous proposons une formation sur la communication. Elle est nécessaire pour parler aux journalistes et en repas de famille. Les gens que nous avons en face de nous ont souvent un niveau de 4e sur l'agriculture ».
Antoine Casini : « j'étais ce citadin de 4e quand je suis entré au Parti socialiste de Pont-l'Évêque. J'ai porté la parole sur la fin du glyphosate et plus largement des pesticides dans le Calvados. Nous ne devons pas tricher sur ce que nous sommes, c'est le meilleur rempart à la fake news. Nous connaissons l'histoire productiviste de l'agriculture depuis 1945. En moins de quinze ans, les agriculteurs ont rendu à la France son autonomie alimentaire. Alors je suis convaincu, qu'en moins de quinze ans, le saut qualitatif peut être franchi par la profession ».
Antoine Bossuyt : « la société demande qualité, circuits courts et label. Mais, en face, le consommateur a sa part de responsabilités ».
Antoine Casini : « soit on se rejette la responsabilité les uns sur les autres, soit on se met autour d'une table pour avancer au-delà de la responsabilité historique. Vous devez accepter d'être en partie historiquement coupables, puis de montrer ce que vous faites dans vos fermes. La responsabilité finale appartient au monde politique, c'est le principe de la démocratie. Yuka, l'application qui scanne l'alimentation, compte 4 millions d'utilisateurs, elle peut provoquer l'effondrement de produits en trois à quatre mois ».
Christophe Macé, président FDSEA 14 : « La FNSEA regroupe toutes les formes d'agriculture. Est-ce que la société veut vivre sans médicaments ? On nous parle d'immédiateté de l'information, de nous adapter avec Yuka. Mais nous ne produisons pas du lait en appuyant sur un bouton de notre smartphone ».
Élisabeth Pirat, directrice de la Chambre d'agriculture : « on parle de montée en gamme de l'agriculture. Mais qu'est-ce que cela veut dire ? Les pratiques agricoles ont considérablement évolué depuis trente ans ».
Pierre Le Baillif, président JA Normandie : « j'aimerais bien comparer le rangement du local phyto des agriculteurs à celui de la pharmacie des gens. On veut nous interdire le glyphosate sous trois ans, alors qu'on accorde vingt-cinq ans aux motoristes pour supprimer le diesel ».
Guillaume Baron, directeur adjoint de la DDTM 14 : « premier point, les EGA ont associé un grand nombre d'agriculteurs. Il est encore trop tôt pour avoir une traduction immédiate du travail collectif. L'administration est là pour vous vous aider et faire appliquer les règles. Deuxième point, nous avons de grandes étapes de PLUI et de Scot à définir sur le territoire, dans les années à venir. Les agriculteurs y ont leur place. Je vous fais un appel du pied ».
Antoine Bossuyt pour la conclusion  « nous avons deux axes de communication à creuser. D'abord être fiers de que l'on fait et demander une politique agricole plus logique, notamment sur l'importation ».

Source l'Agriculteur Normand

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