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La FNSEA conforte sa place et garde confiance ! compte rendu de l'assemblée

L'ALLIER AGRICOLE

La FNSEA conforte  sa place et garde confiance ! compte rendu de l'assemblée
De nombreux intervenants à la tribune dont Michel Joux, président de la Chambre d’agriculture de l’Ain. - AA

Le syndicat majoritaire du monde agricole était en Assemblée générale la semaine dernière pour faire le point sur la profession. Un contexte compliqué que les élus entendent bien défendre plus encore pour assurer l’avenir du monde rural.

Une assemblée générale marquée par les élections aux Chambres d’agriculture largement acquise à la FNSEA, notamment dans le département de l’Allier où le syndicat assoit encore un peu plus sa victoire. Un constat partagé par le président de la FNSEA de l’Allier, Gilles Cabart : « Les agriculteurs de notre département ont accordé leur confiance aux femmes et aux hommes de notre réseau pour leurs engagements et leur proximité. Les agriculteurs ont soutenu notre projet, projet d’une agriculture performante tournée vers l’avenir et bien  les pieds sur terre. Cette victoire nous oblige à mettre en œuvre ce projet, un projet qui doit faire bouger les lignes ». 

51,7% des voix lors des dernières élections 

Une campagne qui s’est déroulée aux côtés des Jeunes Agriculteurs comme le confirme Martine Durin, secrétaire générale de la FNSEA de l’Allier : « Nous avons travaillé conjointement avec les JA à l’élaboration d’un projet de campagne pour les six années à venir. C’est avec eux que nous avons tenu plusieurs réunions cantonales et organisé deux meetings pour convaincre le plus grand nombre et répondre aux demandes. Malgré le taux d’abstention significatif, les résultats prouvent que nous donnons des perspectives aux agriculteurs du département ». Le moment fort de ces rendez-vous ayant été la rencontre avec Christiane Lambert, présidente nationale de la FNSEA, en janvier à Saint-Pourçain-sur-Sioule. 

Une agriculture composée d’entrepreneurs qui foisonnent de projets comme la vente directe, la transformation à la ferme ou la robotisation. Des innovations sur les voies du progrès tant en terme d’agronomie, de génétique, de biotechnique et d’équipements connectés qui traduisent un monde agricole tourné vers l’avenir. L’État doit jouer alors un rôle essentiel pour libérer ces énergies. 

Mieux communiquer pour combattre l’agribashing

Une agriculture qu’il faut aussi défendre, encore et toujours, face aux menaces qui se profilent, plus que jamais face à elle. La compétitivité et la viabilité des exploitations sont véritablement remises en cause avec toujours plus de normes, de contrôles. Des contraintes qui exaspèrent les agriculteurs. 

Autre phénomène, celui de « l’agri-bashing » qui prend toujours un peu plus d’ampleur. Martine Durin s’en désole, comme une majorité d’exploitants agricoles: « Nous nous battons tous les jours contre des attaques inadmissibles. Elles sont de plus en plus personnelles et violentes. Nous ne pouvons pas accepter cette déconsidération agricole. Passons de l’agribashing à l’agriacting ! Nous devons communiquer positivement sur notre métier et nos pratiques ». 

Pour y répondre, c’est un syndicat puissant, en mouvement, qui se démarque par ses réactions et ses propositions. Plusieurs opérations « communications » ont été menées ou sont en projet, notamment en direction des plus jeunes lors du concours de Montmarault, de celui de Montluçon ou d’une ferme ouverte aux scolaires à  Brugheas. 

Une agriculture qui recrute aussi et dans de nombreux domaines comme le démontre chaque année le forum de l’innovation et des métiers. Le prochain rendez-vous est d’importance : « Festi’Ferme », il s’élancera dans les rues de Montluçon pour une deuxième édition le 25 mai prochain. Martine Durin en est la cheville ouvrière : « Une action qui réunira cette année l’ensemble de la filière ovine qui sera mise à l’honneur avec la présence d’un village de la laine mais aussi de chiens de troupeaux, de l’association mondiale de tonte, des dégustations et diverses animations pour les petits et les grands ». 

 

Une guerre des prix 

Les États généraux de l’alimentation avaient comme point essentiel l’arrêt de la guerre des prix et un juste retour à l’agriculteur. La loi a été votée même s’il manque l’ordonnance sur les prix abusivement bas. Mais l’encre de la loi et des ordonnances à peine sèche, les mauvaises pratiques ont repris de plus belle : demande de déflation, de promotions abusives, menaces de déréférencement… Une désillusion pour Gilles Cabart : « Une chose est certaine, à part quelques contrats positifs dans le secteur laitier, nous n’avons rien vu revenir vers nos exploitations et pourtant nous n’avons plus le temps d’attendre, nos trésoreries ont besoin de concret et cela dès maintenant. L’Etat doit faire appliquer la loi, et les contrôles de l’administration s’intensifier. Et, comme le dit Christiane Lambert : s’il le faut mettons des caméras dans les box de négociations ! ». Un climat pesant pour les agriculteurs et leurs partenaires.

 

Une baisse des charges qui se fait attendre 

Hausse de la RPD (Redevance de pollution diffuse), interdiction des 3R (Remise, Rabais, Ristourne), séparation vente/ conseil, suppression de produits phytosanitaires  laissant les agriculteurs dans des impasses : des charges et des contraintes qui entrainent l’arrêt de certaines productions (betteraves et demain colza) et des décisions politiques qui pénalisent la compétitivité des exploitations agricoles ouvrant la porte aux importations (taxe dur l’azote). Un acharnement insupportable pour Gilles Cabart qui privilégie la solution à l’interdiction : « C’est l’objectif du contrat de solutions mis en place par quarante partenaires, et dont l’avenant a enfin été signé par le Ministre lors du salon de l’Agriculture. La charte de voisinage sur laquelle nous travaillons actuellement et que nous présenterons à Mme la Préfète en est issue. Nous ne pouvons pas imaginer que l’administration propose des Zones de non traitements (ZNT) le long des jardins ! ». 

Vers une résilience des exploitations 

Face aux aléas climatiques et sanitaires, il y a urgence à mettre en place un panel d’outils de gestion des risques. Si un dispositif d’épargne de précaution a été créé, et on doit s’en féliciter, tout en attendant de voir son intégration dans la prochaine PAC, rien, en revanche, n’avance côté assurance climatique qui laisse de côté un certain nombre d’agriculteurs. 

Le seuil d’accès au régime des calamités reste inadapté aux exploitations diversifiées et, pour Gilles Cabart, il faut pourtant trouver une solution à ces difficultés : « Il y a le curatif et le préventif pour pallier au réchauffement climatique. Les représentants de l’Etat nous disent que les signaux sont au vert pour l’irrigation, que les projets vont se débloquer. Le dire c’est bien… Mais le faire c’est mieux ! ». En 10 ans, la surface irriguée en France a stagné alors qu’elle a progressé de 13 % en Europe. 

Une ruralité en souffrance 

Avec ses agriculteurs, c’est toute la ruralité qui souffre, qui se sent abandonnée par l’Etat. Fermetures des services publics, absence d’accès à la téléphonie ou à internet, les habitants de ces territoires se sentent méprisés, délaissés.

Une Europe porteuse d’espoir 

L’Europe ne fait plus rêver : son incapacité à protéger ses emplois, ses territoires, ses entreprises, faute de progresser dans l’harmonisation des règles sociales, fiscales et environnementales. Son incapacité à exister entre une Chine conquérante et des Etats Unis déterminés à conserver son rang de 1ére puissance mondiale. Le solde de la balance commerciale agricole décroche d’année en année. En réalité, la France n’assure plus sa sécurité alimentaire. Les regards se portent donc vers cette nouvelle PAC en cours d’élaboration sur laquelle repose l’avenir des agriculteurs comme le complète Gilles Cabart : «  L’agriculture est plus qu’un secteur économique, c’est  un des moteurs essentiels à la vitalité de nos territoires ruraux. C’est pour cela que nous voulons une PAC ambitieuse et partagée par tous les Etats membres avec un vrai socle commun. Une renationalisation déguisée conduirait à des distorsions supplémentaires entre les Etats. Des politiques de tous horizons ont joué un jeu dangereux : « c’est la faute à l’Europe ». Mais nous voyons avec les Anglais, que ce n’est pas si simple. Mais pour une PAC ambitieuse il faut des moyens financiers ! Le budget est une priorité absolue et pas question de le sacrifier pour financer d’autres politiques. Nous voulons une PAC qui protège contre les risques climatiques, sanitaires et économiques. Nous voulons une PAC qui assure la vitalité des territoires ruraux ». Un tableau noir qui est parsemé, parfois, de bonnes nouvelles comme, par exemple, la reconnaissance en zones défavorisées simples de l’ensemble du département.

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