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Le travail pose question

Catherine Perrot

Le travail pose question
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 « Avec l’augmentation des volumes de lait et des surfaces, la diminution du nombre d’éleveurs, le travail est devenu une préoccupation importante des éleveurs », souligne Frédéric Tattevin, responsable de marchés économie-projet-bio au sein de l’organisme de conseil en élevage Seenovia. Tout en ajoutant que la notion de bonheur au travail reste très personnelle et  que ce n’est « pas uniquement une affaire de chiffres ».
Satisfaits globalement, mais pas tout le temps
Au premier abord, la situation ne parait pas trop mauvaise : si on les interroge sur leurs conditions globales de travail, les éleveurs de Seenovia sont majoritairement satisfaits, à 82 % (73 % à l’échelle nationale). Si on les questionne sur leurs possibilités de se libérer quand ils le souhaitent, ils sont encore 82 % à estimer que cela leur convient…. en semaine.  Car pour ce qui concerne leur ressenti sur les week-ends et les congés, la chute est drastique : ils ne sont plus que 36 % à être satisfaits !  En outre, même si la plupart des éleveurs sont satisfaits de leurs conditions globales de travail, lorsqu’on évoque les périodes de pointe, ils estiment à 55 % qu’elles ne sont plus acceptables !
« Beaucoup » c’est combien ?
Les éleveurs laitiers travaillent beaucoup : un temps de travail considéré comme 
normal se situe entre 2000 et 2500 heures par an (pour rappel, un temps plein salarié c’est 1600 heures annuelles). « C’est un repère », commente Frédéric Tattevin, « Mais dans les groupes, nous avons aussi vu des gens qui travaillent 3000, voire 4000 heures par an ! D’ailleurs, ceux qui travaillent le plus, on ne les voit que peu dans les groupes : ils n’arrivent plus à sortir de leurs exploitations ».
Dans les élevages conventionnels, la moyenne est à 2300 heures/an par associé, soit 6,6 h pour 1000 litres de lait. Chez les bio, on travaillerait (en moyenne) à peine moins, 2200 heures par an, soit 9 h pour 1000 l ; quant à la moyenne chez les éleveurs robotisés, elle est à 2240 heures/an, mais seulement 4,7 h/1000 l. Le temps gagné sur la production laitière (environ la moitié du temps de traite) est souvent réinvesti dans les cultures…
Des solutions existent
Tout comme l’appréciation du travail est personnelle, les solutions pour l’améliorer le sont aussi : « Il faut se questionner au préalable : quelles sont mes attentes ? Quel est le cœur de mon métier ? Suis-je prêt à partager des tâches, à déléguer des travaux, à faire confiance à quelqu’un ? ». Et Frédéric Tattevin d’assurer que « des solutions existent » : planifier des tâches, s’organiser, faire du rangement (2)… mais aussi plus radicalement, simplifier ses pratiques, se spécialiser, changer de système, déléguer les cultures. Voire au sein même de l’activité laitière, déléguer l’alimentation, ou l’élevage des génisses…
(1)    Les derniers rendez-vous : le 30 janvier, à la  salle Ellipse de  Chaumes-en-Retz et 4 février à Maumusson.
(2)    Frédéric Tattevin préconise d’utiliser une appli de randonnée pour visualiser les circuits parcourus dans la ferme : on peut passer beaucoup de temps à chercher une fourche mal rangée…
 

Source Agri44

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