Les trichogrammes volent dans la Limagne

AUVERGNE AGRICOLE (63) journal

Alexandre Bresson, agriculteur à Entraigues utilise les trichogrammes contre la pyrale du maïs depuis 20 ans
© Mélodie Comte

Alexandre Bresson, agriculteur à Entraigues dans le Puy-de-Dôme utilise les trichogrammes dans la lutte contre la pyrale du maïs depuis 1998.

Agriculteur à Entraigues, Alexandre Bresson cultive 111 ha de blé, maïs, tournesol et betterave, sur lesquels il n’hésite pas à multiplier différentes techniques de production. En 1998, il emploie pour la première fois les trichogrammes. Ces petites guêpes quasi microscopiques pondent leurs œufs dans les larves de pyrales, luttant ainsi contre ce ravageur du maïs. Une méthode aujourd’hui qualifiée de biocontrôle qu’Alexandre Bresson renouvelle chaque année.

Pratique, efficace et inoffensif

Les trichogrammes, l’agriculteur de Limagne n’en voit que des avantages et surtout celui d’être inoffensif pour la santé humaine. « Nous sommes les premiers exposés aux produits phytosanitaires. Les maïs semences, je suis dedans du matin au soir. Avec cette méthode, il n’y a pas de délai d’entrée dans le champ comme après l’épandage d’un produit. C’est quand même mieux pour la santé de mes saisonniers et la mienne ! »

L’efficacité de la méthode a également convaincu Alexandre Bresson. Depuis 20 ans, il répète chaque année le même rituel. Aux alentours de la fin juin, au stade 10-12 feuilles du maïs, il installe une petite boîte sur les feuilles des plantes. A l’intérieur, trois générations d’œufs de trichogrammes qui écloront à différentes dates permettant ainsi de couvrir une longue période. Cette campagne, il en a installé sur 34 ha avec l’aide de quatre saisonniers. A raison d’une boîte tous les 18 mètres, l’agriculteur a comptabilisé au total près de 15 heures de travail. « Cette méthode est plus coûteuse en lain-d’oeuvre mais elle est efficace et plus flexible. Ni la pluie, ni le vent ou la chaleur ne sont contraignants pour la pose des boîtes. Elle me permet de garder les auxiliaires dans la culture. C’est une solution qui fonctionne ! »

Alexandre Bresson regrette néanmoins que ces méthodes de biocontrôle ne soient l’objet d’aucun soutien. Conscient qu’elles peuvent être « difficilement accessibles à tous les agriculteurs » en raison de leur surcoût, « une aide » en leur faveur « motiverait peut-être les troupes ».

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