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Loire-Atlantique - Cumas en transition, Cumistes en action

Catherine Perrot

Loire-Atlantique - Cumas en transition, Cumistes en action
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L'assemblée générale de la section de Loire-Atlantique de l’union régionale des Cuma s'est tenue hier à Guémené-Penfao autour des transitions, agroécologique et alimentaire, que vit actuellement l’agriculture française.

Comme toutes les autres Cuma du département, la petite Cuma Loiretz, qui intervient du côté de Saint-Viaud, Corsept et Saint-Père en Retz, est concernée par les transitions. « En agriculture, on est toujours en transition… mais là, c’est presque une rupture », note Jean-Paul Lecorps, administrateur de la Cuma Loiretz et membre du bureau départemental des Cuma.
Des agriculteurs conventionnels qui veulent moins de chimique
Exemple parmi d’autres de « rupture » : celle avec l’itinéraire « tout chimique » du maïs. «  Il y a trois ans, nous avons acheté deux herses étrilles pour le désherbage, en bénéficiant du PCAE (1). Cet équipement est venu en complément d’une bineuse, que nous avions depuis 25 ans, mais que nous avons aussi renouvelée. Et pourtant, aucun d’entre nous n’est en agriculture biologique ! », retrace Laurent Séjourné, le président de la Cuma Loiretz.
Ce projet de faire du désherbage mécanique est né de la volonté « personnelle » de trois adhérents, motivés par la technique. Mais l’usage s’est élargi à d’autres : «  Nous sommes plusieurs à avoir essayé », commente Jean-Paul Lecorps. «  En outre, comme nous ne sommes pas bio, nous savons que si besoin, nous avons un filet de sécurité. Nous y allons par étapes ».
Agir là où les techniques de substitution existent
« Réduire ou supprimer les phyto, c’est une demande sociétale forte : notre volonté, c’est de réduire les produits phyto là où c’est possible ¬en maïs, c’est assez « simple »¬pour espérer, peut-être, garder d’autres usages où c’est plus indispensable… » reconnaît Laurent qui ajoute que ces équipements sont aussi de bons supports de communication.
Les fortunes des agriculteurs qui ont essayé la herse étrille en 2018 et 2019 ont été diverses : certains ont réussi le 100 % mécanique, quand d’autres ont dû faire un désherbage de rattrapage. «  On a eu deux années très différentes. On apprend de nos erreurs et des erreurs des autres. On est un petit groupe, dans une Cuma de proximité : on échange facilement entre nous, on se réassure», poursuit Laurent Séjourné, qui précise que la question du coût des itinéraires est aussi abordée : «  Chez moi, j’ai fait deux passages de herse-étrille, pour un coût total proche de celui d’un pulvé ».
Echanges et motivations
Dans un même secteur, la vulgarisation des techniques se fait beaucoup « par-dessus la haie ». Entre cumistes, mais aussi entre différentes cultures : « On sait que le matériel est disponible, alors on va l’essayer sur d’autres cultures ». Les échanges et les progrès se font aussi entre Cuma. Par exemple, celle, voisine, de Frossay dispose d’un semoir équipé d’un GPS : « Nous lui ferons faire nos semis : le désherbage mécanique sera facilité ».
Côté semoir, la Cuma de Loiretz a plutôt investi dans un semoir classique, mais à triple trémie : là aussi, l’objectif est de réduire l’usage des produits phytosanitaires, en misant sur les complémentarités entre cultures. Même si la récolte de ces mélanges, lorsqu’ils ne sont pas autoconsommés, se heurte au problème du tri.
Inquiétant mais aussi motivant
« Mais il y a des solutions. On a des choses à développer », poursuit Jean-Paul Lecorps. Même s’ils reconnaissent que c’est souvent difficile de faire face à l’hostilité de certains citoyens, les adhérents de la Cuma de Loiretz voient leur transition vers moins de phyto  comme le moyen « d’avoir un coup d’avance, pour ne pas se faire imposer les choses ». «  Avant, on avait des recettes. Aujourd’hui, on a une approche plus globale, plus environnementale. C’est aussi sortir de notre routine, s’épanouir dans notre métier. Les solutions trouvées sont souvent collectives : les Cuma sont de bons lieux pour innover. »
(1)     Le Plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles régional a subventionné les herses étrilles à hauteur de 40 %.
 

Source Agri44

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