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Loire-Atlantique - Elvéa 44 : un changement de statut, mais un objectif permanent

Catherine Perrot

Loire-Atlantique - Elvéa 44 : un changement de statut, mais un objectif permanent
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L’association Elvéa 44 a tenu une assemblée générale extraordinaire le 21 novembre à Cordemais pour modifier ses statuts et devenir une organisation de producteurs. Elle en a profité pour présenter à ses adhérents deux exemples de démarche qualité.

C’était un changement de statut devenu nécessaire pour se mettre en conformité avec la réglementation européenne et la Loi Egalim : «Les Elvéa étaient les seules, en Europe, à associer éleveurs et acheteurs dans leur conseil d’administration. L’Europe ne reconnait que les organisations de producteurs. Par ailleurs, la loi Egalim demande à ce qu’un maximum de transactions se fasse sous forme de contractualisation, notamment entre organisations de producteurs et acheteurs », présente Sylvie Leclerc, la présidente d’Elvéa 44.
C’est pourquoi, le 21 novembre dernier, Elvéa 44 a convié ses adhérents à une assemblée générale extraordinaire à Cordemais : l’organisation qui avait un « statut unique » devient désormais « une organisation de producteurs sans transfert de propriété », soit l’équivalent des anciennes « organisations de producteurs non commerciales ». Si les acheteurs ne figurent plus dans le conseil d’administration de l’association, ils ne sont pas écartés pour autant : ils deviennent des « acheteurs désignés ». En adhérant à Elvéa 44, les éleveurs donnent mandat à leur organisation pour négocier des contrats, et s’engagent à fournir au moins 75 % de leur production aux acheteurs désignés.
Pour les éleveurs, rien ne change
« Comme avant, les acheteurs et les vendeurs restent maîtres de leur commercialisation », souligne la présidente. D’ailleurs, concrètement, pour les éleveurs adhérents d’Elvéa 44, ce changement de statut ne modifie que très peu les choses : «  Ils auront juste un peu plus de papiers à signer au moment de leur adhésion », souligne Marion Coisne, l’animatrice d’Elvéa 44.
Le but de ce changement de statut, c’est, certes, de se mettre en conformité avec la Loi, mais aussi « d’avoir plus de pouvoir, en tant qu’OP,  pour mieux valoriser les bêtes ».  La présidente compte sur les effets de la Loi Egalim, qui stipule que les prix de vente de la viande doivent s’appuyer sur des indicateurs de coûts de production.
En plus de cette prise en compte des coûts de production dans les prix de base, une autre volonté de la filière, exprimée dans son plan de filière, est de monter globalement le niveau de qualité de la viande issu du troupeau bovin viande français. Cette montée en gamme passera principalement par le Label Rouge, avec un objectif très ambitieux : passer  de 2 à 3 % actuellement, à 40 % de Label rouge !
Label rouge selon Vendée qualité
Déjà très engagée dans plusieurs filières qualitatives, Elvéa aurait aussi son rôle à jouer dans le développement du Label rouge. C’est pourquoi le 21 novembre dernier, elle avait invité  Vendée qualité à venir en parler devant ses adhérents. Vendée qualité est un ODG (Organisme de défense et de gestion) qui gère plusieurs cahiers des charges de démarches qualité Label rouge et IGP (mojettes, jambon, brioche…), et notamment celle du Bœuf fermier Label rouge. Ophélie Ragot, en charge de cette démarche, et le président de la section, Lionel Gréau, en ont présenté les principales caractéristiques, sachant que l’objectif est de garantir une qualité supérieure de viande au consommateur.
Si la plupart des critères en élevage, de chargement (moins de 2 UGB/ha de SFP), de pâturage (au moins 6 mois), d’alimentation (non OGM, sans urée, sans huile de palme), ou encore de poids/classement (+ 350 kg, EUR),  n’ont pas vraiment surpris les éleveurs, c’est celui du « né, élevé, engraissé sur la même ferme », qui a semblé constituer le frein le plus important pour les éleveurs de l’assistance.
Le Label rouge est pour l’instant la démarche plébiscitée par la filière (car la plus connue), mais il existe d’autres filières de valorisation et plusieurs sont présentes au sein d’Elvéa. Ce n’est pas encore le cas de Bleu Blanc Cœur, une démarche très axée « nutrition », qui  a également été présentée aux éleveurs ce 21 novembre. Que ce soit via le Label rouge, Bleu blanc cœur ou d’autres démarches, la présidente constate que la demande est bien là : «  Ca bouge en grande distribution, on a des demandes ». Tous les espoirs sont permis pour une filière, en grande difficulté et qui mérite vraiment sa revalorisation.
 

Source Agri44

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