anonymous

PAC 2020 : mieux armer les agriculteurs face aux risques

Lise Monteillet

PAC 2020 : mieux armer les agriculteurs face aux risques

la PAC actuelle ne prévoit qu’une boîte à outils réduite pour permettre aux agriculteurs de faire face aux risques encourus. Ce qui conduit de nombreux experts, dont Jean Cordier, à s’interroger sur la prochaine réforme de la politique agricole commune.

1,5 milliard d’euros : telle est le montant de subventions publiques nécessaire, selon Jean Cordier, professeur à l’Inra-AgroCampus Ouest, pour mettre en place une politique de gestion des risques qui protège l’ensemble de la ferme France. Une sacrée somme, estimée « à la louche », précise-t-il. Ce budget pourrait néanmoins renforcer la maigrelette boîte à outils de gestion des risques qui existe au sein de la PAC. Car le risque agricole est croissant, tant sur le plan climatique, sanitaire, environnemental ou du marché.

Lors du congrès de la mutualité, de la coopération et du crédit agricoles (CNMCCA), le 12 mai, Jean Cordier a analysé la faisabilité d’un scénario de réforme de la PAC qui se résume en trois propositions : « moins d’aide directe, mieux d’aide directe, plus de gestion des risques ».

Moins d’aides directes 

La PAC actuelle repose très largement sur un système d’aides directes découplées. Si celles-ci sont jugées « efficaces pour faire du transfert de revenu », elles reviendraient en réalité à verser « de l’eau dans du sable » selon Jean Cordier. Le revenu agricole serait en fuite en amont et en aval de l’agriculteur. Qui plus est, le système d’aides directes n’empêcherait pas les agriculteurs d’être confrontés aux risques. Au contraire, la boîte à outils de gestion des risques, telle qu’elle se présente aujourd’hui, est « inopérante », regrette Jean Cordier.

Celui-ci identifie une palette d’instruments de gestion des risques, relevant d’acteurs publics ou privés : assurances, contrats financiers, coopératives, fonds mutuels, lissage fiscal et épargne de précaution… Pour tous ces outils, un constat s’impose à ses yeux : « on est loin d’une situation optimale ». Dans son hypothèse, Jean Cordier propose donc de transférer une partie des aides directes vers un système de gestion des risques, en faisant l'hypothèse d'un maintien du budget alloué à la PAC.

Des questions en suspens

Ce scénario est-il techniquement réalisable ? Pour l’assurance récolte, le seuil de déclenchement est déterminant afin de garantir son développement. Or, le règlement « Omnibus », qui propose une série d'améliorations techniques et qui sera finalisé à l’automne 2017, prévoit un abaissement de ce seuil à 20 %. Il n’en reste pas moins que l’ensemble des textes de l’Union européenne sur la gestion des risques agricoles sont perfectibles. Le renforcement de tels outils présente en outre un coût important.   

« Est-ce que c’est politiquement jouable ? » questionne enfin Jean Cordier. L’expert observe un « intérêt varié des pays » sur ces questions. Il reconnaît que ce modèle est plus « compliqué » à mettre en place que celui de l’aide directe. Néanmoins, la dynamique de la part d’acteurs privés dans de nombreux États membres est forte. Et plusieurs signaux positifs émanent des institutions européennes ces derniers mois. S'il était adopté, un tel scénario engagerait donc tous les agriculteurs européens dans « un long voyage », selon Jean Cordier.

Sur le même sujet

Commentaires 10

alain

Dans le prix des produits agricoles il faut intégrer une part du risque de mauvaises années.
mais non on nous pousse à la mondialisation, le marché peut toujours dire: le prix n'augmente pas car tel ou tel continent a une récolte record. système immoral car aujourd'hui c'est le malheur des autres qui fait le bonheur de ceux pour qui cela a souri.

l'agriculture doit gagner de l'argent les bonnes années pour les mauvaises années.
nos inventeurs , nos parleurs, nos politiques veulent tout lisser, plus d'argent dans les fermes et les problèmes seront résolus. la société doit se nourrir au moins cher pour laisser place au portable....

alain

assurance récolte: les assureurs sont des mathématiciens, ils gagnent à tous les coups.
cotisation d(assurance c'est accroitre les charges.
pourquoi, la bce n'injecte pas de l'argent pour compenser les pertes des agri pour qu'il reparte d'un bon pied après un aléa.
Giscard avait fait l'impôt sécheresse en 1976.
en 2016, la clic qui nous gouverne n'a rien fait, il faudra 5-6 campagnes pour nous refaire en céréales; 5-6 campagnes où il faudra se priver.
l'état n'a rien fait pour que les agri se protègent des aléas (épargne de précaution) c'est vrai que l'état est acculé par sa dette; l'état a pris dans les fonds de calamités agricoles que les anciens avaient mis en place pour financer les 35 heures

PàgraT

La régulation de la production laitière a été mise en place trop tard , les pays du nord y étant fortement opposés, néanmoins elle a atténué la chute des prix toujours largement insuffisants aujourd'hui. Si la spécialisation permet souvent de faire des économies d'échelle elle fragilise l'entreprise face aux crises. Depuis 2012, l'Europe sous la pression des pays du nord et des industriels, coopératives y compris a démantelé les différents systèmes de régulation des productions; on en voit les premiers résultats. Les agriculteurs s'appauvrissent, les autres s'engraissent.

@pagra

Qu est çe qui a bien marché pour le lait l hiver dernier'? Ici les latiers sont à 300€ miracle
De quelle diversification des anciens parles tout?
Des prix pas des primes c est le discours du club des 100qx

DIGUE3942

monsieur jean cordier est bien payé et n'a pas de risque à prendre.....Robin,tu as raison;si nous avons des prix rémunérateurs, assumer des risques ça va de soit et nous en sommes capables....

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier