anonymous

Pays de la Loire - La Profession se penche sur les agricultures urbaines

Catherine Perrot

Pays de la Loire - La Profession se penche sur les agricultures urbaines
- ©

L’agriculture urbaine, dans les années 1950, tout le monde savait ce que c’était : à Nantes, par exemple, c’était la production maraîchère qui se faisait sur les nombreuses tenues que comptait la ville (1). Mais aujourd’hui, comment la qualifier ? S’agit-il des fermes verticales en hydroponie, des petits potagers sur les toits, ou encore des jardins partagés au pied des immeubles ?
Pas 'une' mais 'des' agricultures urbaines
La réponse est bien sûr « les trois », et même beaucoup plus, tant les projets foisonnent et les acteurs sont variés : particuliers, associations, chefs d’entreprises aux statuts agricoles ou non, GMS, aménageurs urbains, villes, centres de recherche…. Ce n’est d’ailleurs pas d’une agriculture urbaine dont il faudrait parler, mais des agricultures urbaines.
Après avoir longtemps considéré ce sujet comme un peu marginal, la chambre d’agriculture des Pays de la Loire a décidé de s’y intéresser et l’a inscrit à sa feuille de route 2018-2020. Depuis deux ans, un conseiller est spécifiquement dédié à cette mission, avec le projet de comprendre ce secteur, de constituer des relations de partenariat, d’accompagner les porteurs de projets et même de les relier avec l’agriculture « en place ».
Le secteur horticole bien impliqué
La chambre n’est d’ailleurs pas la seule instance professionnelle à se rapprocher de cette forme d’agriculture. Le secteur horticole le fait depuis plusieurs années, des entreprises bien connues comme La Florentaise (substrat de cultures), CMF cultures (serres) s’y impliquent très concrètement, tout comme Vegepolys Valley. Des formations professionnelles se montent, dont la toute nouvelle SIL (Spécialité d’initiative locale) de la chambre d’agriculture des Pays de la Loire (lire ci-dessous).
C’est dans ce contexte qu’Emeline Moreau, étudiante en master 2 économie du développement de l’université de Clermont-Auvergne, a réalisé fin 2019 un stage de 6 mois dans les locaux de la chambre d’agriculture à Nantes, autour des modèles économiques de l’agriculture urbaine. A travers une revue bibliographique, puis une enquête de terrain, elle a pu en réaliser un premier portrait.
Par essence multifonctionnelle
Difficile d’extraire des généralités d’un secteur où les projets et les acteurs sont aussi variés. Emeline Moreau note cependant une caractéristique : la plupart des agricultures urbaines ont un caractère innovant, mais pas forcément high-tech.  Autre caractéristique commune : la multifonctionnalité. La production d’aliments est presque toujours accompagnée d’une ou plusieurs autres ambitions : éducation, formation, insertion, loisirs, aménagement urbain… 
Sur l’échantillon régional, Emeline Moreau constate néanmoins que, dans la majorité des projets, la production est la principale source de revenus, les autres activités étant importantes pour sécuriser les entreprises.
Sensibiliser à l'enjeu alimentaire
En général, les produits de l’agriculture urbaine sont commercialisés en circuits courts, plutôt dans des marchés de niche à haute valeur ajoutée. La production de l’agriculture urbaine est peu déployée pour l’autosuffisance alimentaire (2), mais elle a néanmoins une fonction importante de sensibilisation des populations à l’enjeu alimentaire, ainsi qu’un rôle dans la lutte contre le réchauffement climatique et la résilience des villes.
L'agriculture urbaine rentre dans nos paysages citadins
Malgré des revendications environnementales fortes, elle n’est pas toujours bio (car souvent hors-sol). Les liens qu’elle tisse avec la ville sont multiples et réciproques : les agricultures urbaines utilisent souvent des déchets organiques urbains.
Même si elle ne pèse pas lourd en termes de production, l’agriculture urbaine commence à compter dans le paysage : à Paris, par exemple, 122 projets ont répondu à l’appel « Pariculteurs » et sont en cours de déploiement. En Pays de la Loire, Emeline Moreau dénombre 47 entreprises impliquées dans l’agriculture urbaine (production, distribution et conseils), et au moins une quinzaine de projets en cours.
(1)    Quelques-unes ont subsisté jusque dans les années 2000…
(2)    L’agriculture urbaine des Pays en voie de développement a au contraire une ambition alimentaire assez forte.
Une formation à la chambre
Le 16 décembre dernier, le centre de formation de la chambre d’agriculture des Pays de la Loire a accueilli 15 personnes pour sa toute nouvelle « SIL » (spécialité d’initiative locale) en agriculture urbaine. Elle s’adresse aux futurs agriculteur.trices, salarié.es, chef.fes de culture, formateur.trices... Elle comprend 412 heures de formation en centre et 10 semaines de stage. Une autre session devrait être proposée fin 2020. Renseignement : Centre de formation de la chambre d’agriculture des Pays de la Loire, 0253466053.
 

Source Agri44

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires