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Pénurie de main-d’œuvre : "utilisez WiziFarm, le Meetic de l’emploi agricole"

Adèle Magnard

Pénurie de main-d’œuvre : "utilisez WiziFarm, le Meetic de l’emploi agricole"

Face à la fermeture des frontières qui entraîne un manque conséquent de travailleurs saisonniers dans les champs au printemps, la présidente de la FNSEA appelle à utiliser la plateforme WiziFarm, permettant de mettre en contact les professionnels agricoles en manque de bras et les personnes cherchant du travail.

L’agriculture française nécessite "45 000 saisonniers en mars, 75 000 en avril et autant en mai", a rappelé Christiane Lambert lors d’un point presse mardi 24 mars. D’ordinaire, plus des deux tiers de ces saisonniers sont étrangers : espagnols, portugais, polonais ou roumains, ces travailleurs ne peuvent rejoindre l’hexagone en raison des mesures de confinement prises par les pays de l’Union européenne face à l’épidémie de coronavirus.

La présidente de la FNSEA a affirmé avoir "engagé un travail important avec la Ministre du Travail, avec Pôle Emploi, avec l’Anefa et avec le ministère de l’Agriculture" afin de travailler à trouver de la main-d’œuvre pour les employeurs dans le besoin. Christiane Lambert a appelé les professionnels agricoles en manque de bras et les personnes au chômage à se rendre sur la plateforme « Des bras pour ton assiette », une initiative lancée par la fédération de la Marne via le site WiziFarm, et qui permet de mettre en contact les agriculteurs et les potentiels salariés. "C’est en quelque sorte le Blablacar ou le Meetic de l’emploi", a-t-elle fait savoir.

Appel à rejoindre "la grande armée de l'agriculture française"

Le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume a également lancé un appel aux français n’ayant plus d’activité en raison de la crise du coronavirus pour aller travailler dans les champs. "Il y a aujourd'hui la possibilité d'avoir 200 000 emplois directs dans les métiers de l'agriculture", a-t-il expliqué sur BFMTV le 24 mars. "Je lance un grand appel aux femmes et aux hommes qui ne travaillent pas, qui sont confinés chez eux, qui sont serveur dans un restaurant, hôtesse d'accueil dans un hôtel, coiffeur de mon quartier, qui n'ont plus d'activité... Et je leur dis de rejoindre la grande armée de l'agriculture française, ceux qui vont nous permettre de nous nourrir de façon propre, saine", a-t-il déclaré.

Face aux injonctions contradictoires du gouvernement entre le message "Restez chez vous" et celui incitant la population à aller travailler, Christiane Lambert a rappelé la mission prioritaire du secteur agricole en cette période difficile. "Notre mission, nourrir, est capitale", a-t-elle dit. "Si nous n’arrivons pas à maintenir l’activité économique, à tous les maillons de la chaîne de production, notre pays va s’arrêter et on devra fermer un certain nombre d’activités".

Afin de faciliter les embauches, la FNSEA demande au gouvernement "des assouplissements temporaires pour assurer la gestion de main d’œuvre", parmi lesquelles des "adaptations en matière de durée du travail", la "défiscalisation des heures supplémentaires pour faire face à l’absentéisme", des "recours facilités aux contrats à durée déterminée" ou encore "l’autorisation pour les élèves et étudiants des établissements agricoles qui le souhaitent de venir travailler de façon occasionnelle dans les exploitations". "Il sera possible de cumuler le chômage technique avec le travail saisonnier", a aussi indiqué Christiane Lambert.

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Commentaires 3

Baba

D'accord ANTOINE sauf qu'avec les étrangers, ils viennent là pour bosser, ne sont pas à 5 mn près et sont à l'heure tous les matins.Ce n'est pas le cas de tous les français qui ont en ligne de mire leurs droits et acquis sociaux et qui te lâchent en pleine récolte comme ça m'est arrivé plusieurs fois et il faut à nouveau recruter, faire des contrats, déclarer MSA etc...
Par expérience les étrangers que j'ai fait travailler, ont le sens de l'effort, du travail à l'extérieur sont preneurs d'heures supplémentaires s'il y a besoin et au final les récoltes se font en bonnes conditions et demandent à revenir l'année suivante.

antoine

se rendre dépendant d'une main d'oeuvre étrangère encore une idiotie de plus.
au lieu de défendre dans le partage des marges, le coût réel du travail, l'agriculture comme les grands patrons ont surfé sur la main d'oeuvre bas salaire importée, au mépris de la dignité humaine.
l'argument éculé, le coût du travail est trop cher etc...
or, si l'on intègre d'autres critères tels le coût du chômage, la destruction du lien social, la perte du savoir faire, la dépendance, l'impact sur la politique de protection sociale etc, le français ne devrait pas coûté plus cher...
une fois de plus les analyses sont primaires; le patron n'est pas capable de mener seul son entreprise mais il trouve toujours l'aide des autres chère...
la cueillette est pénible.

bdv 84

bien gentil notre ministre les metiers de la terre demande beaucoup de volonté et un peu de professionnalisme. alors ne révons pas .l'apport sera marginal.nous n'avons pas encore assez faim pour cela ,surtout avec les mesures de compensation anoncées. collegues paysanz bon courage

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