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Saint-Louis Sucre : un plan social "nécessaire pour sa pérennité"

Avec l'AFP

Saint-Louis Sucre : un plan social "nécessaire pour sa pérennité"

Le numéro un du sucre a examiné le 25 avril le plan social de sa filiale française Saint-Louis Sucre avec à la clé plusieurs centaines de salariés et d'agriculteurs touchés, ce qui semble n'être que le début d'une restructuration de l'ensemble du secteur.

Le plan social annoncé mi-février a été au coeur du comité social d'entreprise réuni ce jeudi 25 avril au siège parisien de Saint-Louis Sucre. Il prévoit la suppression de près de 130 postes sur les 723 que compte la branche française du groupe allemand Südzucker, touché, comme l'ensemble des acteurs de cette industrie, par une déprime persistante des cours du sucre.

Durant trois heures, les élus syndicaux ont posé des questions par rapport aux documents qui leur avaient été remis en amont, notamment au sujet du contexte économique. "La direction est restée droit dans ses bottes", a déploré Loïc Touzé, délégué syndical central FO, à la sortie. Il a dénoncé une attitude "protectionniste" de Südzucker, au détriment de la France qui "encaisse 65% de la baisse" de production de sucre dans l'ensemble du groupe. Les mesures d'accompagnement des salariés seront au coeur d'une réunion de négociation le 30 avril prochain.

Saint-Louis Sucre a assuré dans un communiqué avoir subi "des pertes depuis cinq années", dans un "marché extrêmement difficile", et estimé que ce plan était "nécessaire pour assurer sa pérennité".

"Aucune fermeture d'usine"

L'un de ses rivaux, le numéro deux français Cristal Union (Daddy), a annoncé la semaine dernière avoir été déficitaire sur son dernier exercice annuel et étudier la fermeture de deux sites, celui de Bourdon (Puy-de-Dôme) et de Toury (Eure-et-Loire), ainsi que l'arrêt partiel de l'activité de conditionnement à Erstein (Bas-Rhin).

Le numéro un français et deuxième groupe mondial, Tereos, qui connaît une grave crise de gouvernance, assure, lui, "qu'aucune fermeture d'usine - ni totale ni partielle - n'est à l'ordre du jour", dans un courrier adressé à une parlementaire et dont l'AFP a eu copie. "La France ne doit pas devenir la variable d'ajustement dans la bataille féroce que se livrent les sucriers européens", déclare dans ce courrier du 19 avril Alexis Duval, président du directoire de Tereos, qui se dit "convaincu de l'avenir de la filière sucrière française" si celle-ci fait l'objet de mesures de soutien (aides européennes, non-distorsion de concurrence).

Les agriculteurs souhaitent reprendre les sucreries

A la sucrerie Saint-Louis d'Eppeville (Somme), 76 des 126 salariés, dédiés à la production, seraient reclassés à "poste équivalent" dans le site voisin de Roye, tandis que la plupart des salariés restants seraient maintenus sur le site, notamment pour assurer des activités de déshydratation et de stockage.

Au-delà des salariés, ce sont des centaines de planteurs de betteraves à sucre qui risquent, faute de débouchés, de voir leur modèle économique remis en cause : 1.036 planteurs qui travaillaient pour Cagny et 1.268 planteurs autour d'Eppeville.

Ceux de Cagny, isolés, n'ont pas d'autre solution pour écouler leur production et devront, si la situation en reste là, renoncer à la culture de la betterave. Dans la Somme, une partie des agriculteurs pourraient écouler leurs betteraves vers Roye, voire à la concurrence, selon M. Touzé.

Pour éviter cette issue tragique, les betteraviers souhaitent présenter un projet de reprise des sucreries de Saint-Louis à Cagny et Eppeville le 13 mai à la direction de Südzucker. 

Du côté de Cristal Union, un projet de reprise du site de Bourdon par les coopérateurs est également à l'étude, selon la FDSEA du Puy-de-Dôme.

La procédure d'information et de consultation du plan social de Saint-Louis, quant à elle, va se poursuivre aux mois de mai et de juin. "Le projet prévoit une mise en oeuvre au premier semestre 2020", a précisé la direction.

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Commentaires 5

digue3942

à loup 9204 : les élections chambre viennent juste de s'achever, les paysans se sont comportés comme un troupeau de mouton de Panurge ;est -ce que ce sera pareil pour les prochaines élections ????inutile de voter ,les médias s'en occupent .....mais ceci n'est pas ma conviction .DONC DEVENEZ DES HOMMES AVEC DES CONVICTIONS.

Laraison

Dans la filière de la betterave, tout est bien valorisée: sucre, mélasse, tourteau … pas de gaspillage. Mais alors où va l'argent ? Une "déprime" des cours serait la cause. Alors en France on doit tout arrêter, sauf des mises aux normes parfois stupides.

Loup9204

Une année de tempête et puis l'on ferme ! C'est agir un peu vite en se disant que tout est terminé. Nous sommes en droit d'exiger plus de transparence sur la performance economique de nos sucreries. Nous allons peut-être nous proposer de continuer avec des betteraves payėes å 18 euros tonne!!! Et bien non, nous avons suffisamment baissė notre culotte. A la veille des elections européennes, il est temps de faire pression sur nos politiques en se disant que le manque de courage de l'europe vis à vis de l'OMC nous conduit à cette situation. Si ce n'est pas le cas et qu'il faut assaisonner toute l'économie au cours mondiale, je propose que nos chers dirigeants, sans oublier nos commissaires européens soint payés eux aussi au cours mondial. Le monde agricole doit rėagir et montrer que nous sommes pas que des imbéciles ruraux complètement décérébrés. Le 18 juin approche, mais il va falloir un autre appel avec des gens tout aussi courageux pour montrer qu'un autre avenir est possible. Soyez fière d'être paysan et battons-nous, avec notre ténacité notre intelligence et nos valeurs. Il y'en a marre !

digue3942

oui Robin c'est ça ......

robin

les coop sucrières sont devenus tellement grosses qu'on a oublié qu'elles sont des coop, et qu'elles appartiennent aux agriculteurs. Et donc, quand une coop veut fermer un site on va re-créer une nouvelle coop pour remplacer l'ancienne !!! On marche sur la tête ? Ou alors, les Coop actuelles, ne sont des COOP que de par leur nom, et en fait, elles sont devenu "la propriété" des administratifs qui la gèrent , ou du moins ils font comme si c'était le cas, et les administrateurs non plus leur mot a dire !!!

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