Une nouvelle obligation pour les industriels : la mention de l’étiquetage obligatoire de l’origine du lait et de la viande

Crédit Agricole – Service Expertise

Une nouvelle obligation pour les industriels : la mention de l’étiquetage obligatoire de l’origine du lait et de la viande

À compter du 1er janvier 2017, au-delà d’une certaine proportion, il devient obligatoire de mentionner, sur les produits laitiers et leurs dérivés, ainsi que pour les plats préparés, l’origine géographique du lait et de la viande. Il s’agit d’une mesure expérimentale sur deux ans (jusqu’à la fin de 2018) et propre à la législation française. Les seuils appliqués sont respectivement de 50 % pour le lait et de 8 % pour la viande.

Commentaire

❙ Le scandale des lasagnes à la viande de cheval, en 2013, avait frappé les esprits et dès cette époque, le gouvernement avait lancé le projet d’un étiquetage obligatoire mentionnant l’origine de la viande : une initiative fortement appuyée par les syndicats d’éleveurs car elle permettait de réhabiliter la qualité des produits nationaux. Mais les autorités européennes se montrèrent réticentes, sans doute par crainte que le commerce intracommunautaire n’en souffre, d’autant qu’à cette époque, l’Irlande, grand exportateur de lait et de viande bovine, présidait l’Union.

❙ Trois ans après, la France a obtenu de Bruxelles le droit d’expérimenter sur son territoire l’étiquetage obligatoire, pour une durée de deux ans. Cette mesure concernera la plupart des produits laitiers (laits, crèmes, beurres, fromages… mais en revanche ni les laits infantiles, ni les glaces) et les viandes. Après concertation des représentants des filières, les pouvoirs publics ont décidé, par arrêté d’application du décret élaboré en août 2016 qu’en ce qui concerne les produits laitiers, c’est le seuil de 50 % qui sera appliqué. Mais lorsqu’il s’agit de viande entrant dans un plat préparé, cette mention devient obligatoire à partir de 8 % du poids des composants. Pour le lait seront faits mentions des pays où il a été collecté, conditionné ou transformé ; pour la viande, des pays où l’animal est né, où il a été élevé et où il a été abattu.

❙ Dans l’ensemble, les industriels adhèrent à une mesure jugée très utile par l’opinion. L’ADEPALE qui regroupe les fabricants de produits alimentaires élaborés estime à plusieurs millions d’euros le surcoût entraîné par cette mention supplémentaire à faire figurer sur les emballages. La FNIL, fédération des industries laitières, craint pour sa part que cela accélère la réduction de l’excédent commercial des produits laitiers français : en effet, s’agissant d’un décret national, il « contraint » les transformateurs français, mais ne s’applique pas aux produits importés…

Source : PRISME - Agriculture et Agroalimentaire, une affaire d'experts - n° 16 - Février 2017 - Voir tout le dossier : ici

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier