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En Chine, la Limousine n’a rien à envier au bœuf de Kobé

Adèle Magnard

En Chine, la Limousine n’a rien à envier au bœuf de Kobé

En six mois, Limousin Promotion a réussi à créer un débouché pour exporter de la viande de bœuf et de porc Label Rouge vers la Chine. L’association compte sur ce nouveau marché pour booster les prix payés aux producteurs français.

A l’occasion de ses trente ans l’an dernier, l’association Limousin Promotion s’était fixé comme projet de se tourner vers l’exportation. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les choses sont allées très vite : six mois plus tard, un accord portant sur l’exportation de 2000 tonnes de bœuf et de porc limousins Label Rouge en Chine est en passe d’être signé.

« En septembre 2019, la société franco-chinoise ASI est venue nous rencontrer : elle cherchait des producteurs capables de fournir des produits français hauts de gamme pour exporter en Chine, raconte Jean-Marc Escure, directeur de Limousin Promotion. Assez vite, elle a été intéressée par nos produits et nous a proposé de venir à Shanghai pour la foire des importations qui se tenait en novembre et à laquelle Emmanuel Macron a participé ».

Limousin Promotion, ainsi que les représentants des autres races bovines françaises sous Label Rouge, se retrouve dans la délégation officielle accompagnant Emmanuel Macron ayant rencontré le président chinois Xi Jinping. « Avoir serré la main du président chinois et lui avoir fait déguster nos produits a ouvert énormément de portes », témoigne Jean-Pierre Bonnet, président de l’association et éleveur au sud de Limoges. Très médiatisée, cette dégustation a contribué à susciter l’intérêt des importateurs chinois pour la viande française. « Les 300 millions de chinois à hauts revenus veulent s’identifier à leur président et déguster nos produits », se réjouit Jean-Marc Escure.

Des prix rémunérateurs

Suite à ce voyage, une lettre d’intention est signée avec des importateurs chinois pour 40 conteneurs de viande de bœuf limousin junior Label Rouge (soit environ 1000 tonnes) et autant de viande de porc limousins Label Rouge. « Les viandes françaises d’excellence sont classées sur le marché local au même niveau que la viande de bœuf Wagyu (bœuf de Kobé) », indique Jean-Marc Escure. La viande bovine persillée est en effet considérée en Chine comme un produit de luxe très attractif. Son prix peut monter jusqu’à 120 €/kg. Cette reconnaissance de la qualité des viandes françaises doit permettre d’obtenir des prix plus rémunérateurs pour les éleveurs. « Les prix couvriront, au-delà des coûts de production, les frais liés aux contraintes de production du Label Rouge », assure Jean-Marc Escure.

« Être fortement présent à l’export dans les pays tiers permet de développer la rareté sur le marché français et ainsi booster le prix de la viande, fait savoir Jean-Pierre Bonnet. Évidemment, l’idée n’est pas de désorganiser le marché national et nous devons continuer à fournir nos clients durables, qui sont surtout la boucherie traditionnelle ». Pour cela, Jean-Pierre Bonnet estime qu’il faudra peut-être réorganiser la production : « certains éleveurs ayant arrêté la finition et l’engraissement repartiront peut-être dans ce créneau et pourront produire le type d’animaux demandé pour le marché chinois », précise-t-il.

Un marché à conquérir

Alors qu’une première expédition vers la Chine était prévue avant le Salon de l’Agriculture, les procédures sont pour l’instant bloquées en raison de l’épidémie de coronavirus. « Nous devions envoyer un conteneur de bœuf et un conteneur de porc : nous espérons pouvoir le faire d’ici le printemps si la situation s’améliore », indique Jean-Marc Escure. Cinq abattoirs français sont actuellement agréés pour exporter de la viande bovine vers la Chine. « Pour des raisons géographiques, nous avons choisi de travailler avec l’abattoir Sicarev de Migennes (Yonne), mais si la demande augmente, nous pourrons travailler avec d’autres sites », précise Jean-Pierre Bonnet.

Alors que seulement 3% de la viande bovine française est vendue sous Label Rouge, l’interprofession s’est fixé d’ici à 2023  l’objectif ambitieux d’atteindre 40%. « En 2019, notre production de viande de bœuf limousine Label Rouge a augmenté de 450 tonnes », indique Jean-Marc Escure. En 2020, en plus des débouchés prévus pour la Chine, Limousin Promotion a pour objectif d’augmenter sa production de 800 tonnes. « Le débouché chinois doit nous servir pour valoriser nos produits en France », conclut Jean-Pierre Bonnet.

Deuxième importateur mondial de viande bovine, la Chine connaît également de gros besoins en viande de porc en raison de la peste porcine ayant décimé une grande partie de son cheptel. Outre les produits labellisés, la filière française de viande bovine s’est fixé un objectif d’exportation de 50 000 tonnes par an vers la Chine.

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Commentaires 8

Panurge79

Merci "Vachoneur" de rappeler les quelques petites différences entre l'élevage français et l'élevage des feedlots américains, une bagatelle: les hormones, les normes environnementales et les tailles de troupeaux, j'ajouterais la traçabilité, la durée d'engraissement, le ben-être des animaux et j'en oublie. Ce n'est pas tout à fait un hasard si l'agriculture française est classée depuis 3 ou 4 années de suite comme la plus durable au monde malgré vos vociférations d'éternel insatisfait qui sont souvent l'apanage des enfants gâtés.

Vachoneur

@etama... si si je sais de quoi je parle et mieux que vous surement! Des feedlots j’en ai visité et des gros!

Quelles difference entre un engraissement francais ou Usa? Meme alimentation, soja ogm et maïs! A faire bouffé tant qu’ils peuvent! Soit la meme alimentation qu’un poulet ou cochon.
La difference vient de la taille des troupeaux, des normes environnementale et hormones pour la plupart. Au niveau surface/animale, on doit etre kifkif

Etama

@Vachoneur , arrêtez d'utiliser des mots dont vous ne connaissez pas le sens (cela étant c'est très tendance chez les bobos ) , il n'existe pas de feedlot en France alors contentez vous de parler du peu que vous connaissez , cela sera largement suffisant !

depassage

je dirais qu il est navrant de vendre notre viande haut de gamme a l export et faire manger de la viande importé et produite on ne sait pas trop comment à nos compatriotes. il faudrait arriver a leur faire comprendre que l industrie de la viande n est qu une mafia organisée qui génère un paquet de pognon mais pas aux éleveurs.

viking537

allons y exportons 50000 T de bonne viande pour régaler de riches chinois avec un bilan carbone catastrophique!!!!!!Apres tout ca fait moins d 1 KG par Francais et ça nous ferait plus de bien que 2KG de plats cuisinés industriels.Qu onne vienne pas surtout nous donner des leçons sur le bilan carbone etc.la FNSEA me déçoit beaucoup.

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