Des solutions pour faciliter le travail

Armelle Puybasset

Des solutions pour faciliter le travail
L'utilisation d'un chariot lors des soins en maternité réduit les postures baissées. - © D. Poilvet

Le forum technique d'Evel'up a présenté des solutions pratiques pour gagner en confort de travail et en efficacité, avec l'oeil d'observateur d'une ergonome.

Des solutions pour faciliter le travail
CRAB

Dix conseils pour réduire la fatigue

> Soins en maternité : attention aux mauvaises postures

- Effectuer si possible les soins à l'extérieur des salles de maternité, dans un environnement moins bruyant, plus lumineux et plus espacé.
- Privilégier une prise groupée des porcelets pour limiter les postures baissées répétées
- Utiliser un châssis à roulettes pour supporter la caisse de transport des porcelets (prévoir des barres de seuil ou une mini-rampe en cas d'écarts de niveaux du sol).
- Prévoir des portes outils sur le chariot pour libérer les mains. Ils doivent être à hauteur du coude, pour ne pas avoir à lever le bras.
- Un toboggan pour la dépose des porcelets limitera les douleurs dorsales, tandis qu'un coupe-queue fixe ou une meuleuse avec potence et repose meuleuse limitera les troubles des membres supérieurs.
- Utiliser de petits contenants : mieux vaut avoir plusieurs flacons de désinfectant qu'un seul plus lourd.

> Vaccination au post-sevrage : travailler à hauteur d'homme

-Augmenter l'éclairage de la salle (nettoyage et ajout de luminaires). L'idéal est de s'approcher de 300 lux.

-S'hydrater régulièrement.
-Utiliser des protections auditives. Préférer les bouchons moulés individuels (à changer tous les 4-5 ans) au casque
-Lors d'une vaccination au sol, utiliser des barrières mobiles avec pied ou fixation

Le temps de travail d'un élevage naisseur engraisseur type est de 18 h 12 par truie et par an (1). Derrière cette moyenne se cachent de fortes disparités : 14 heures pour le premier tiers et 23 heures pour le dernier. C'est la preuve qu'il existe des leviers d'amélioration, d'autant plus que la question du travail est devenue très présente en élevage. « Elle relève à la fois d'un enjeu de recherche d'efficacité, dans un contexte de marché de l'emploi de salariés tendu, mais aussi d'un enjeu de santé en limitant les troubles musculo-squelettiques. Optimiser l'ergonomie est aussi un moyen de fidéliser les salariés et de leur permettre de mieux s'épanouir dans leur métier », a souligné Sarah Heugebaert, coordinatrice d'Evel'up, lors du forum technique d'Evel'up du 7 décembre. Il avait pour but d'aider les éleveurs à prendre du recul sur leurs pratiques et leurs équipements, en ciblant particulièrement les tâches les plus pénibles et les plus chronophages. Une bonne partie de la journée a été consacrée à la vaccination en post-sevrage et aux soins en maternité, avec des témoignages d'éleveurs qui ont mis en place des aménagements et des équipements ingénieux permettant de travailler à hauteur d'homme (2) : chariots, fosses de vaccination, toboggan.... Ils sont présentés dans un recueil de fiches pratiques édité par Evel'up et regroupant une soixantaine de solutions et d'astuces d'éleveurs. En parallèle, l'ergonome Lauriane Closier a apporté son regard extérieur sur ces deux situations de travail souvent jugées pénibles par les éleveurs. Après une visite de chantiers, elle a émis quelques recommandations et pistes d'amélioration pour éviter le développement de troubles musculo-squelettiques (TMS) et réduire la fatigue.

Des solutions pour faciliter le travail

Penser ergonomie en amont d'un projet

« L'apparition des TMS est multifactorielle, a-t-elle expliqué. Pour améliorer l'ergonomie, il ne suffit pas de modifier l'organisation matérielle. C'est une approche globale qui doit aussi tenir compte des trois autres champs d'action que sont l'environnement (lumière, espace...), les individus (sensibilisation aux gestes et postures) et l'organisation du chantier." C'est surtout lors d'un projet qu'il faut réfléchir à optimiser les conditions de travail, car c'est toujours moins coûteux que sur des bâtiments existants (par exemple, la marche en avant au sein de l'élevage permettant d'optimiser les déplacements des animaux). Il ne faut pas hésiter à faire appel à un ergonome lors de la rénovation ou la construction d'un bâtiment. L'idéal étant de le faire le plus en amont possible. "Même hors projet, de nombreux leviers d'action existent pour améliorer les situations de travail. Parfois, il suffit de bousculer les habitudes", conclut Lauriane Closier. Filmer une séance de travail peut aussi être très instructif. Cela permet de voir les postures inadaptées et les gestes trop répétitifs, pour les corriger.

(1) Selon une enquête réalisée par les chambres d'agriculture de Bretagne en 2014.

(2) Voir aussi le dossier du numéro de novembre 2018 de Réussir Porc.

Le saviez-vous ?

Lorsqu'on soulève une charge avec le dos courbé, la pression exercée au niveau des lombaires sera 5 fois plus élevée qu'avec le dos droit. En soulevant un porcelet de 6 kg, le poids ressenti sur les lombaires passe de 18 kg, le dos droit, à... 90 kg le dos courbé ! Lors d'un sevrage de 100 porcelets, la charge ressentie au niveau de la colonne vertébrale atteint 18 tonnes, sachant qu'en plus l'opération est réalisée de façon intense pour optimiser le temps de travail.

Source Réussir Porc

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires