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Comment se protéger et protéger ses salariés et clients

L'Information Agricole du Rhône

Matthieu Danguin, responsable prévention des risques professionnels à la MSA Ain-Rhône.
Matthieu Danguin, responsable prévention des risques professionnels à la MSA Ain-Rhône.

Et maintenant ? Depuis l’annonce de la fin du confinement en France et alors que les récoltes et les travaux en vert débutent dans le département, les agriculteurs employeurs de main-d’oeuvre ou encore ceux qui vendent en direct sur les marchés ou les magasins de producteurs sont nombreux à se poser des questions. Eléments de réponse avec Matthieu Danguin, responsable prévention des risques professionnels à la MSA Ain-Rhône.

N.B

Pour accompagner les agriculteurs dans cet accueil, nous avons mis en place au sein de la MSA une fiche conseils spéciale « accueil des travailleurs saisonniers » recensant l’ensemble des préconisations : la MSA et le ministère du Travail ont édité des fiches conseils par filière.

Aujourd’hui, face à la crise sanitaire sans précédent que vivent les Français, les agriculteurs employeurs de main-d’oeuvre et/ou vendeurs directs s’interrogent sur comment mettre en place les gestes barrières nécessaires à leur protection, mais surtout à celle de leurs salariés et clients. Quelles sont vos préconisations ?

"La première chose est que les salariés puissent se laver les mains le plus souvent possible. En effet, les employeurs doivent mettre à disposition de leurs employés un point d’eau facilement accessible et du savon. Pour les chantiers en extérieur, nous conseillons de fournir, si possible, à chaque personne un jerricane d’eau et un distributeur de savon. Il faut impérativement se laver les mains quand on change de lieu. Pour les points de vente, il est également possible de mettre à disposition des clients du gel hydroalcoolique à l’entrée et à la sortie du magasin.
Il faut également, en parallèle, mettre en place la distanciation sociale d’un mètre minimum entre les différents salariés d’une entreprise en définissant par exemple des espaces de travail, des horaires d’arrivée décalés ou encore en instaurant, si c’est possible, un système d’entrée et de sortie dans les vestiaires pour éviter que les salariés ne se croisent.
Pour la vente directe, les agriculteurs peuvent formaliser sur le sol une file d’attente au sein du point de vente, mais également à l’extérieur. Au niveau de l’encaissement, il peut être demandé aux clients de poser les courses à un endroit précis avant qu’elles ne soient récupérées par le caissier. Un système de panier garni peut également être proposé pour éviter aux clients de rester trop longtemps.
Enfin, il est important de communiquer auprès de ses clients, mais également de ses salariés. Il faut les informer des mesures mises en place. Il est possible de le faire via un système d’affichage et sur les sites Internet. Elles seront alors mieux comprises et ainsi respectées. Il ne faut pas oublier non plus de mettre à jour son document unique d’évaluation des risques (DUER) où toutes ces mesures seront formalisées"

Lors des récoltes par exemple, la distanciation peut être difficile à mettre en place. Quelles possibilités ont alors les agriculteurs ?

« En effet. Toutefois, il est important de tout mettre en oeuvre pour que la distance d’un mètre soit respectée. Il est possible par exemple de ne mettre qu’une seule personne par rang et ce tous les deux rangs. Les salariés doivent être le plus éloignés possible les uns des autres. Il faut également éviter autant que possible le face à face et privilégier le travail côte-à-côte, un peu décalé. Si cela est impossible, nous préconisons de mettre en place des binômes, qui ne changeront pas pour éviter les multiples contacts. Il faut empêcher au maximum les rencontres entre les personnes. Il s’agit là de revoir toute l’organisation du travail. Une réflexion qui se conduit bien en amont de l’arrivée des salariés. »

Pendant les récoltes, de nombreux saisonniers sont embauchés. Ces travailleurs occasionnels sont pour certains nouveaux et inexpérimentés…

« Oui, l’accueil des saisonniers est une vraie source d’inquiétude pour les agriculteurs en cette période si particulière. Pour autant, une phase d’accueil physique des saisonniers est primordiale, car même en cette période où le Covid-19 occupe les esprits, il ne faut pas occulter les autres risques dans l’exploitation (chute de hauteur…). En effet, 40 % des accidentés recensés par la MSA Ain-Rhône sont des salariés présents au sein de l’entreprise depuis moins d’un an. Ces derniers ne connaissent en effet pas l’exploitation et les risques présents en son sein. Il est primordial de leur faire visiter l’entreprise, de leur présenter les différents outils, l’organisation du travail, les risques et les mesures de prévention mises en oeuvre. Cette visite se prépare avant l’arrivée du saisonnier, d’autant plus en cette période.

Justement, qu’en est-il du port du masque au sein de l’entreprise ?

« Pendant un travail physique, porter un masque peut se révéler très inconfortable, c’est pourquoi nous préconisons avant toute chose de mettre en place impérativement la distanciation d’un mètre minimum. Les masques ne doivent être portés que dans le cas d’une forte proximité inévitable.
Il convient de s’assurer que le type et le niveau de protection du masque utilisé conviennent à l’activité exercée (des masques non sanitaires (hors milieu médical) ont été développés dans le cadre de l’épidémie de Covid-19 : masques individuels à usage des professionnels en contact avec le public [catégorie 1], masques de protection à visée collective pour protéger l’ensemble d’un groupe portant ces masques [catégorie 2]. 
Pour utiliser un masque, il est important de respecter les règles suivantes : éviter de toucher l’avant du masque y compris lors du retrait, et de se laver les mains ou de réaliser une friction hydroalcoolique avant de le mettre et après l’avoir retiré. Il convient de rester très vigilant et d’éviter les erreurs de manipulation qui pourraient entrainer un risque de transmission. »

Qu’en est-il des gants ?

Ils doivent être changés à chaque changement de lieu. Si on les enlève mal, les mains peuvent être contaminées alors que nous nous pensons protégés. C’est pourquoi, nous préconisons de se laver les mains à chaque fois que les gants sont retirés. Il est par ailleurs, conseillé dans les points de vente notamment de privilégier les ustensiles comme les pinces pour servir les clients. » [...]

Retrouvez l'intégralité de l'interview sur infoagri69.fr.

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