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Prix du blé : pourquoi cette baisse « surprise » ?

Propos recueillis par Anne Sophie LESAGE

Prix du blé : pourquoi cette baisse « surprise » ?
Xavier Cassedanne, expert grandes cultures chez Crédit Agricole SA.

Depuis près d'un mois la tendance sur le marché du blé est à la baisse. Quelles sont les raisons de ce mouvement baissier et quels éléments pourront faire évoluer le prix ? Xavier Cassedanne, expert grandes cultures chez Crédit Agricole SA livre à Pleinchamp son analyse.

Depuis bientôt un mois, le prix du blé est sur une tendance baissière. Pour quelles raisons ?

Xavier Cassedanne, expert grandes cultures chez Crédit Agricole SA : « Alors que bon nombre d’experts s’attendaient à une remontée des prix en ce début d’année et donc en 2ème partie de campagne. C’est l’effet inverse qui se passe avec une baisse significative depuis la mi-février : 201 €/t rendu Rouen au 31 janvier, le prix du blé tendre est tombé à 177 €/t au 12 mars, soit une baisse de 25 € et un niveau proche des cours de juillet dernier. On reste encore sur une situation bien supérieure aux 5 dernières années mais cette baisse est remarquable quant à son effet « surprise » et à sa rapidité. Les ventes massives des fonds sur la bourse de Chicago et la répercussion mécanique sur Euronext ont été le déclencheur de la baisse.

Plusieurs éléments peuvent expliquer ce changement de comportement des fonds. En premier lieu, on peut noter la déception sur le niveau des exportations de blés US : des problèmes de compétitivité en première partie de campagne - comme au sein de l’Union européenne - mais aussi le fait que les blés russes soient finalement toujours présents en deuxième partie de campagne, font miroiter la perspective de stocks « fin de campagne » plus importants que prévus. Le statu quo sur l’avancement des négociations entre la Chine et les USA en l'absence d'information sur le plan du différend commercial peut aussi expliquer le doute des opérateurs sur les marchés financiers. La récente volonté de Donald Trump de baisser le budget de l’USDA de 15 % en 2020, ce qui limiterait le nombre de producteurs éligibles aux aides, vient encore un peu plus alimenter la déprime ambiante.

On peut penser que la hausse des prix attendue en ce début d’année fait suite à des prévisions qui ont été faites dans une période plus euphorique que les 5 années de déprime précédentes. C’était vite oublier les bilans excédentaires de ces 5 dernières années et le poids des stocks fin de campagne pléthorique chez les principaux pays exportateurs qui ne pouvaient pas fondre en une seule année avec la récolte 2019, récolte estimée moyenne mais non catastrophique. »

La nouvelle campagne a-t-elle déjà un impact sur les prix ?

X.C. : « Alors que l’hiver n’est pas totalement terminé, du moins au niveau du calendrier, les perspectives de la prochaine récolte sont aussi déjà intégrées par les opérateurs du marché. Pour le moment, ces perspectives sont plutôt bonnes. En France, selon Céré’Obs, les notations de cultures au 04 mars de FranceAgrimer, indiquent que 86% de conditions de production de blé sont bonnes à excellentes. Pour le moment en Europe, les récoltes s’annoncent également sur une hausse significative par rapport à la récolte 2018 : Stratégies Grains prévoit la récolte de blé tendre à 146 millions de tonnes (Mt) contre 127 Mt en 2018/19 pour l’ensemble de l’UE. La situation est également positive dans la zone Mer Noire où l’humidité abondante des sols, dans le sud-ouest de la Russie et la partie sud centrale de l’Ukraine est idéale pour la croissance du blé d’hiver. Ces éléments sont aussi une explication de la baisse perçue aujourd’hui. »

Enfin, quels sont les éléments à surveiller ?

X.C. : « Les conditions climatiques lors de la sortie de l’hiver sont à surveiller de près sur l’ensemble des bassins de production de l’hémisphère Nord : Etats-Unis, Canada, Union européenne et Mer Noire. Les derniers échanges entre exportateurs et importateurs seront primordiaux pour estimer le niveau des stocks « fin de campagne » de l’ensemble des pays exportateurs, sachant que la récente baisse des prix pousse les pays importateurs à être très actifs sur leurs achats.

Ce weather market qui a démarré un peu plus tôt que les années précédentes, devrait entraîner une certaine volatilité des prix avec des conséquences sur le comportement des fonds, la financiarisation du marché des grains n’étant plus à démontrer au regard de ce qui passe actuellement. »

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Commentaires 8

joel

ma voisine fait du poulet bio, jamais les volatiles ne sont dehors, le parcours n'est pas utilisé mais au kilo c'est plus cher.
un autre vend du pain résultat 3.5 euro la baguette de 250 grammes.
le bio voudrait voir inscrit le phosphanate de potassium comme anti fongique, cette molécule est semblable au glyphosate puisque seul le radical glycine du glyphosate est remplacé par du potassium.
le marketing bio prend appui sur le dénigrement du conventionnel point, belle moralité pour une agriculture qui se veut éthique.
il ne s'agit pas de refuser l'évolution de certaines pratiques mais d'arrêter de tromper le consommateur en survendant des avantages qui ne sont pas.
pas de bol, la roténone, insecticide bio, donnait la maladie de parkinson

Iris

Le marché conventionnels est maîtrisé par de lsobies le bio pas encore alors au lieu de dénigrer les bios gardez votre énergie pour vous révolter contre un système lobieiste puisque passer en une agriculture autre vous est impenssable

iris

le bio est un passage temporaire remunerateur nous permetant de produire presque autant qu en conventionel sauf en blè mais en actionnant le levier fertilité du sol nous pourrons peut etre nous en approcher avec beaucoup moins intrants

bioindustriel

jim17 êtes-vous assuré de vos certitudes, le bio ne prend appui que sur le dénigrement des autres pratiques.
ça ne dura qu'un temps une agriculture dont la récolte de 4 hectares de blé remplit une benne de 15 tonnes qui après triage ne laisse que 7 quintaux de blé vendable.
profitez de la manne de la demande sociétale surjouée par la profession et par les politiques qui flattent l'écologie alarmiste.
n'avoir peu à vendre ne durera que le temps de la mode, agriculture vertueuse par devant et déforestation par derrière.
c'est peut être plus facile quand l'état fait pression pour qu'il n'y ait pas la même rigueur quant aux autorisations de mise en marché des biocontrôles

jim17

Passes au bio Sylvain ! T'auras plus besoin de surveiller le niveau de production en russie ou en ukraine pour savoir si tu vas équilibrer ton exploitation ou perdre de l'argent !!

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