Semences certifiées : une campagne qui s’annonce plus difficile que les autres

Lise Monteillet

Semences certifiées : une campagne qui s’annonce plus difficile que les autres

Les premières tendances font état d’une baisse des surfaces de blé implantées en semences certifiées.

[CORRIGÉ le 13/12/16] « Les semences certifiées représentaient 55 % de la sole de blé il y a deux ans, 48 % l’an dernier et seulement 45 % cette année », annonce Pierre Pagesse, le président du Gnis, l’interprofession des industries semencières.

Pour le maïs, les surfaces emblavées en France étaient en recul de 7%, en moyenne, pour la campagne 2015-2016. Ce repli est atténué au niveau européen, où il n’est que de 2,3%. "Les prévisions de surfaces de maïs semences, pour l'année prochaine, sont en recul de 15 à 20%, compte tenu du stock des établissements semenciers", ajoute-t-il.

La France conserve son leadership

Pour la campagne 2015/2016, le chiffre d’affaires de la filière semences et plant s’établit à 3,3 milliards d’euros. Le solde de la balance commerciale est pour sa part de 904 millions d’euros.

La France demeure le premier exportateur mondial de semences, même si celles-ci sont principalement destinées aux États européens. « Les raisons de ce leadership ? Notre climat est diversifié et tempéré. Nous sommes un des plus grands pays agricoles de la communauté. Les acteurs implantés sur notre sol peuvent assoir leur activité sur un marché de proximité. On peut aussi rajouter le savoir-faire des 18 000 - 19 000 agriculteurs multiplicateurs et des 70 - 72 entreprises de sélection, la qualité de nos équipements agronomiques et d’irrigation, ainsi que l’efficacité de notre interprofession », détaille Pierre Pagesse.

Les NBT pour continuer à innover

Celui-ci est favorable aux biotechnologies vertes et notamment aux NBT (new breeding techniques). « Dans tous les secteurs, on explique que l’innovation apporte de la croissance. Je ne vois pas pourquoi ce ne serait pas pareil en agriculture », argumente-t-il. Et d’ajouter : « Ces nouveaux outils nous permettent de pratiquer la sélection de manière plus précise. Pourquoi se priver de la capacité de l’homme à comprendre un peu mieux tous ces phénomènes ? »

Au niveau européen, le débat politique n’est pas tranché. « La commission européenne a demandé d’améliorer les connaissances scientifiques autour des NBT. Le Scientific advice mechanims (Sam) doit réaliser une note explicative au premier semestre 2017 », résume le président du Gnis. Et de conclure : « je dis attention, car la France est décrite comme l’eldorado des startups en biotechnologie. Mais si on ne peut pas aller jusqu’au stade du développement et du marché, d’autres profiteront de ces technologies, comme cela a déjà été le cas pour les OGM ».  

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