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Une campagne 2018 compliquée avec des rendements honorables à la clé

Xavier ARVALIS

Une campagne 2018 compliquée avec des rendements honorables à la clé

Ultra-précoce, voilà le mot qui caractérise la campagne 2018 en maïs fourrage. Bien qu’hétérogènes, les rendements 2018 se maintiennent à des niveaux honorables, meilleurs que ceux prévus au cœur de l’été. Après une bonne année 2017, la campagne 2018 s’est avérée plus compliquée. Elle se caractérise par une précocité remarquable en raison de températures excédentaires sur tout le cycle, avec un été particulièrement sec et chaud sur le nord et l’est du pays.

Des conditions très favorables au démarrage des maïs

Avec un mois d’avril humide, les préparations de terre et les  semis ont été un peu décalés, notamment sur la façade ouest. Les conditions plus favorables à partir de début mai ont ensuite permis de réaliser rapidement les chantiers de semis. Mi-mai, l’essentiel des surfaces était semé. Ce retard a ensuite été rapidement comblé à la faveur de conditions très favorables au démarrage des maïs. Sur toute la moitié nord, on observe un excédent de température très important (carte 1), compris entre 75 et plus de 150 degrés-jour (en base 6). Cela s’est traduit concrètement par des dates de  floraison exceptionnellement précoces, avec 10 à 15 jours d’avance. Ces températures, associées à des sols bien alimentés en eau sur cette période, ont permis une croissance rapide des maïs, avec un bon enracinement. Ceci a permis de limiter l’impact du stress hydrique qui s’est ensuite manifesté au cours de l’été.

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Stress hydrique et températures élevées autour de la floraison

Le mois de juillet a été très sec, sans pluie significative pendant plus de 3 semaines. A partir de mi-juillet, les maïs ont commencé à manifester des symptômes de stress hydrique en pleine floraison, ou juste avant ce stade. Sauf dans quelques situations où des températures très chaudes (> 30°C) ont été observées durant ce stade, les fécondations se sont néanmoins bien déroulées, permettant de préserver le potentiel grain des cultures. A partir de fin juillet, la plupart des régions ont bénéficié d’orages, limitant les conséquences du déficit hydrique sur le remplissage des grains. Sur la période de plus grande sensibilité des maïs, de mi-juin à fin août, c’est sur tout l’Est du pays que le déficit pluviométrique est le plus marqué (carte 2).

Des coups de vent ont été observés dans des secteurs assez inhabituels, dans le Nord et dans l’Est, mais également dans l’Ouest. A ce stade, les maïs versés n’ont pu que partiellement se redresser.

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Des chantiers de récolte très précoces

L’avance des cultures observée à la floraison s’est maintenue sur la deuxième partie du cycle, voire accentuée dans l’Est, où les températures sont restées très au-dessus des normales saisonnières (carte 3).

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Les  premières prévisions de date de récolte, diffusées mi-juillet, indiquaient des chantiers à prévoir avant la mi-août. Les premiers ensilages ont effectivement commencé tôt, début août dans les situations les plus critiques. 
Mais, les températures élevées et les stress hydriques marqués au moment des premiers chantiers ont conduit à des taux de matière sèche bien supérieurs à l’objectif (32-33 % MS) : 50 % des chantiers d’ensilage ont été réalisés à plus de 34,8 % MS, dont la moitié à plus de 38 % MS. La majorité des chantiers d’ensilage de maïs réalisés à une teneur en MS très élevée (> 37 % MS) se situe dans les régions Centre-Val de Loire, Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne-Rhône-Alpes, Poitou-Charentes et Limousin.
Dans la plupart des régions, on observe une grande variabilité, à la fois sur les stades de  maturité à la récolte, sur les rendements et sur les compositions chimiques.

Des rendements en baisse, mais mieux que prévu

Malgré ce contexte très difficile, sans occulter les situations fortement pénalisées (région Est, semis tardifs), les rendements, bien qu’hétérogènes, sont en moyenne supérieurs à ceux prévus au cœur de l’été. On observe localement des transferts de maïs grain vers du maïs fourrage dans les régions de l’Est, les plus touchées par le déficit hydrique estival, mais aussi quelques transferts de maïs fourrage vers le maïs grain dans les régions du Nord-Ouest, mieux arrosées en été.

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Peu de maladies mais des foreurs bien présents

Du côté des bio-agresseurs, les ravageurs de début de cycle (taupins, mouches géomyze et oscinie) n’ont pas beaucoup fait parler d’eux. Les  maladies foliaires restent localisées sur quelques secteurs historiques (helminthosporiose dans le Finistère notamment). Le fait marquant est la progression des dégâts de foreurs, pyrale surtout, dans des zones de production jusqu’ici relativement épargnées (bordure maritime Manche). La sésamie, jusqu’ici présente seulement au sud de la Loire a également été observée plus au nord. Ce nouveau contexte impose aux producteurs d’être vigilants, notamment vis-à-vis de la gestion les résidus de culture, refuge des larves pour la prochaine campagne.

Le maïs fourrage à la rescousse du déficit d’herbe

Concernant le bilan fourrager de la campagne, la production d’herbe a également été déficitaire sur toutes les régions. Après une mise à l’herbe tardive qui a entamé les stocks de fourrages et de paille, la pousse a rapidement cessé dès l’arrivée des conditions chaudes et sèches en juillet. Le manque d’eau en fin d’été et début d’automne n’a pas permis le redémarrage de la pousse habituellement observé. Ces conditions sèches ont également pénalisé l’implantation des  semis de prairie. Dans ce contexte, le maïs fourrage est venu se substituer au déficit d’herbe, dès la mi-juillet dans la plupart 

Article ARVALIS - Michel MOQUET 

 

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