Artaban ne craint pas l'oïdium

Xavier Delbecque

Artaban ne craint pas l'oïdium
Artaban produit généralement des grappes plutôt denses, avec des baies moyennes à petites. - © Inra

Parmi les quatre premières variétés résistantes polygéniques françaises figure artaban. Elle résiste totalement à l'oïdium, et produit des vins plutôt peu alcoolisés, légers et fruités.

Carte d'identité

Année d'obtention : 2000

Pays d'obtention : France

Parents : Mtp 3082-1-42 (A. Bouquet) x regent

Ancêtres connus : aubun, chambourcin, grenache, merlot, sylvaner...

Couleur : rouge

Surface cultivée en Europe : moins de 20 ha

Autorisation : France (sans IG)

Résistance : bonne sur mildiou et totale sur oïdium

Degré de résistance : polygénique (mildiou : Rpv1 et 3, oïdium : Run1 et Ren3)

Précocité : moyenne

Potentiel de production : élevé

Profil sensoriel léger, fruité et coloré

Impression générale bonne

Diffusion pôle matériel végétal de l'IFV

Obtention et sensibilité aux maladies : une résistance totale à l'oïdium

La variété artaban est issue du premier programme ResDur de l'Inra, initié à Colmar en 2000. Pour pyramider les gènes, les scientifiques français sont partis de deux variétés résistantes monogéniques : le regent et une obtention Inra d'Alain Bouquet (Mtp 3082-1-42). La résistance à l'oïdium est totale, même en cas de forte pression, et plutôt bonne sur mildiou (rares symptômes sur grappes et jusqu'à 10 % d'intensité sur feuille). Il est en revanche sensible au black-rot et nécessite une protection en cas de risque. Les techniciens préconisent quoi qu'il en soit une légère protection phytosanitaire (des traitements par an) pour préserver les résistances.

Artaban ne craint pas l'oïdium

Phénologie et caractéristiques agronomiques : bon rendement et faible richesse en sucres

La précocité est moyenne, avec un débourrement environ deux jours après le chasselas, et une date de maturité de 2ème époque. La date de récolte se situe aux alentours du 20 septembre dans la moitié Sud de la France. Artaban présente une vigueur moyenne, un bon niveau de production (compatible avec des IGP) et une fertilité normale. « La taille courte lui convient bien », relève Olivier Jacquet, de la chambre d'agriculture du Vaucluse, qui conseille par ailleurs de le palisser sur deux fils releveurs. Le technicien ajoute avoir observé des grappes plutôt compactes et des baies relativement petites. Cette variété se caractérise également par une faible richesse en sucre (10 à 20 % de moins que les témoins gamay et grenache), pour un TAVP qui dépasse rarement 11 %, mais avec un bon équilibre sucre/acide.

Potentialités technologiques : peu d'alcool pour des vins légers et colorés

Pour Olivier Jacquet, le profil de vin obtenu ressemble à ce que l'on connaît avec les vinifera. « Il n'y a pas du tout d'expression foxée, contrairement à ce que l'on trouve sur les hybrides américains classiques », assure-t-il. Christophe Schneider, de l'Inra de Colmar, précise qu'artaban produit des vins légers et gouleyants, avec une palette aromatique plutôt monocorde, sur le fruit. Cette variété peut également développer quelques notes végétales. Les vins sont par ailleurs bien colorés, « ce qui le rend très adapté aux produits destinés à une consommation rapide, type primeur », complète le scientifique. Présenté en dégustation au dernier Sitévi, il a fait montre d'un profil amylique et d'une bonne qualité générale. Assemblé avec 85 % de merlot, il donne un produit intéressant, qui présente également un intérêt en assemblage. Des vinifications plus travaillées seront à l'essai dans les prochaines années.

Source Réussir vigne

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