Légère baisse prévue des prix agricoles sur 2020-2029 selon l'OCDE et la FAO

Le rapport annuel sur les perspectives agricoles 2020-2029, co-écrit par deux institutions internationales, l'OCDE et la FAO, estime que le Covid-19 a plutôt un effet baissier sur les prix agricoles à court terme, pénalisant d'abord les revenus et donc la demande, et ce spécialement dans les pays les plus pauvres.

Sur la période 2020-2029, l'indice FAO (Organisation des Nations Unies pour l'agriculture et l'alimentation) des prix alimentaires mondiaux (incluant les céréales, les viandes, les produits laitiers, les huiles et le sucre) réels (corrigés de l'inflation) baisserait de 0,7% par an environ en moyenne, selon le rapport annuel sur les perspectives agricoles 2020-2029, co-rédigé par la FAO et l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économique), publié le 16 juillet. Ceci en raison d'une hausse de la production planétaire, de 1,4% par an en moyenne, dont 85% se justifiera par une hausse de la productivité. Elle dépassera donc la croissance démographique mondiale, attendue à 0,9%/an en moyenne lors de la période 2020-2029 (8,4 milliards de personnes en 2029), contre 1,2%/an sur 2010-2019. La croissance de la population restera le principal moteur de hausse de demande en produits agricoles, davantage que la hausse de la demande par individu, précise le rapport.

Très léger effritement de l’indice de prix du blé et du maïs

L'indice des prix du blé et du maïs reculerait de 0,2% en moyenne par an sur 2020-2029 environ, estime le rapport. Ceci en raison d'une hausse attendue de la production mondiale combinée à des politiques de déstockages dans certains pays, notamment la Chine (maïs). Le rendement planétaire moyen des céréales poursuivrait sa progression, de 1,1% en moyenne par an sur 2020-2029, mais à un rythme moins poussé que lors de la période 2010-2019, qui l'a vu progresser de 1,9%/an. Le potentiel de progression de la productivité se concentrera essentiellement sur les pays de la mer Noire, la zone disposant des coûts de production céréalière les plus faibles au monde.

Côté demande, le débouché biocarburant (ou agrocarburant) devrait voir sa croissance ralentir, spécialement du côté du biodiesel. Le document ajoute que « s’agissant de l’alimentation humaine, la consommation par habitant de la plupart des céréales a atteint un niveau de saturation dans beaucoup de pays. La demande globale en matière d’alimentation humaine devrait néanmoins continuer de progresser, poussée par la croissance démographique rapide en Afrique et en Asie, où les céréales demeurent une composante majeure du régime alimentaire ».

Production mondiale de blé à 838,5 Mt en 2029

Ainsi, la production mondiale de blé passerait, entre 2020 et 2029, de 764,9 Mt à 838,5 Mt. La consommation passerait de 761 Mt à 833,1 Mt. En maïs, la production planétaire passerait de 1 160,1 Mt à 1 315,2 Mt sur la période, et la consommation de 1 172,6 Mt à 1 313,2 Mt. En soja, la production passerait de 364,1 Mt à 406,2 Mt, et la demande de 358,6 Mt à 406,1 Mt.

10 millions de personnes de plus au chômage dans le monde à cause du Covid-19

Le rapport a également établi quelques prévisions quant aux effets du Covid-19 sur les marchés agricoles. Angel Gurría, secrétaire général de l’OCDE, indique que « la crise sanitaire va engendrer un recul du PIB mondial de 6%, mettant au chômage 10 millions de personnes. Des perturbations dans la chaîne logistique ou sur la disponibilité de la main d’œuvre ont été rapportés. Mais cela a été très localisé. Ainsi, la production et l’offre ne devraient guère être pénalisées, alors que la demande pourrait l’être davantage, baisse du PIB signifiant baisse du revenu et donc du pouvoir d’achat et donc de la demande ». Et ce spécialement dans les pays pauvres, tels que l’Afrique subsaharienne. « Une seconde vague de contamination conduirait à une baisse de 8% du PIB mondial », ajoute Angel Gurría. A titre d’exemple, la pandémie de Covid-19 engendrerait un repli de la consommation mondiale de blé de seulement 0,5% en 2020/2021 par rapport au scénario de référence hors Covid-19, mais se concentrerait sur les pays les moins avancés (PMA), qui verraient leur consommation s’effriter de 1,3%.