Réaliser son projet d'énergies renouvelables (ENR)

Partie 5/6

Les autres projets d'énergies renouvelables et leurs objectifs

D'autres projets d'énergies renouvelables sont aussi réalisables sur une exploitation agricole, en fonction des objectifs et des besoins, l'agriculteur pourra choisir vers quelle énergie se tourner, en prenant en compte sa stratégie d'investissement.

Eolien

Eolien

En raison du besoin d’espace pour l’implantation de parcs éoliens, le secteur agricole supporte la majeure partie des parcs éoliens terrestres : 83,2%. Pour cette même raison, toutes les filières agricoles ne sont pas en situation d’être impliquées dans l’installation d’éoliennes. Les parcs se situeraient à 53% sur des terrains d’exploitations de grandes cultures, à 16% de polycultures élevages et 21% d’élevage bovins. L’installation de parcs éoliens (grand éolien) sur les terres agricoles représente une source de revenu très importantes pour les agriculteurs (location ou indemnisation) pour une utilisation très faible de surface de sol.

L’agriculteur peut avoir deux rôles principaux dans le cadre d’installations éoliennes :

  • il fait profiter de ses surfaces de terres, moyennant loyer et/ou indemnisation, à une société de projet. 
  • l’agriculteur est lui-même investisseur (seul ou en partie), il tire alors profit de l’exploitation des éoliennes et de la vente d’électricité. 

En complément, les modèles d’affaire en financement participatif (ou citoyen) permettent une concertation accrue et des solutions mieux acceptées : pour le montage du projet, l’agriculteur et autres citoyens forment typiquement une association. Celle-ci permet un contact facilité avec les autres acteurs susceptibles d’être impliqués dans le projet (collectivités, association d’accompagnement, développeurs…). Une fois que le projet se précise, l’association monte une société ad hoc.

Force : nouvelle source de revenu pour l’exploitation agricole (loyer…) / sécurisation du revenu de l’exploitation

Faiblesse : investissement élevé si investisseur / impacts potentiels ou risque d’opposition locale.

Solaire thermique

Solaire thermique

Les panneaux solaires thermiques utilisent le rayonnement du soleil pour produire de la chaleur. Certaines filières ont des besoins en eau chaude et de séchage. Il s’agit essentiellement de l’élevage de veaux de boucherie pour les grandes installations et du nettoyage de la salle de traite pour les petites surfaces en solaire thermique. L’ensemble des filières ruminantes peuvent également être intéressé par le séchage de fourrage, notamment dans certaines régions humides pour garantir la qualité de ces fourrages. Ces besoins en chaleur et les ressources (surface de toitures) de ces filières justifieraient un développement accru de cette technologique dans le secteur agricole.

Les modèles d’affaires agricoles en solaire thermique, bien que présentant des rentabilités relativement faibles, présentent l’intérêt principal de rendre l’agriculture plus autonome en chaleur, moins vulnérable aux fluctuations des prix de l’énergie fossile et aux conditions climatiques pour le séchage en grange.

Force : investissement relativement faible / réduction des charges énergétiques de l’exploitation agricole / Faible besoin en main d’œuvre 

Faiblesse : temps de retour sur investissement relativement long / nécessité d’un système d’appoint

Production et combustion de biomasse

Biomasse

Cette filière dans le secteur agricole se traduit de 2 manières différentes :

  • La production de combustibles biosourcés d’origine agricole par les exploitants agricoles ; 
  • La consommation de chaleur renouvelable issue de la combustion de biomasse par les exploitations agricoles

Le secteur agricole a des besoins en chaleur et dispose de ressources (surface) qui justifierait un développement accru de cette énergie.

Pour les agriculteurs, les modèles d’affaires reposant sur l’investissement dans une chaudière sont rentables et adaptés aux exploitations à fort besoin de chaleur. Ils présentent l’intérêt principal de rendre les exploitations plus autonomes en chaleur et moins vulnérables aux fluctuations des prix de l’énergie fossile.

Le développement de la production de biomasse de haies et de cultures intermédiaires est à privilégier car ces cultures n’entrent pas en concurrence avec la production alimentaire.

Force : amélioration de l’autonomie énergétique de l’exploitation / revenu complémentaire lié à la vente de biomasse produite sur l’exploitation

Faiblesse : sécurisation de l’approvisionnement / nécessité réglages et entretien spécifiques

Pompes à chaleur (géothermie et aérothermie) et récupérateur de chaleur

Pompe à chaleur

Certaines filières (maraîchage, élevages de granivores) ont des besoins en chaleur pour le chauffage des serres et des bâtiments d’élevage et de ressources (surface) qui justifierait un développement accru de cette technologie.

Les pompes à chaleur (PAC) permettent de récupérer la chaleur d’un milieu (sol, air, eau) pour la transférer à un autre milieu par l’intermédiaire d’un processus actif qui implique une dépense d’énergie initiale. Elles permettent pour 1 kWh consommé d’en restituer de 2 à 4.5 selon la source de chaleur utilisée (air, sol superficiel, roche profonde).

Pour les agriculteurs, de nombreux modèles d’affaires existent du fait de la multiplicité des technologies et des dimensionnements. 

L’installation d’un récupérateur de chaleur (atelier vache laitière) permet une économie facile, rapidement rentabilisée, impliquant un investissement et un revenu modéré. 

Force : réduction et maîtrise des charges énergétiques de l’exploitation agricole

Faiblesse : technologies peu connues par les acteurs agricoles