Réaliser son projet d'énergies renouvelables (ENR)

Partie 4/6

Zoom sur le photovoltaïque

Le photovoltaïque est une technique de production d’électricité d’origine renouvelable en « circuit court ». Cependant, il reste encore un grand nombre de toitures à valoriser. Il existe deux voies pour développer ce projet, soit en diversification de revenu par la vente totale d’électricité, soit par l’autoconsommation pour réduire sa facture d’électricité. Dans tous les cas, ce projet doit être abordé avec une bonne méthode pour être sûr de s’y retrouver économiquement.

Le photovoltaïque permet de convertir le rayonnement solaire en courant électrique continu grâce aux panneaux solaires. Il sera transformé en courant alternatif, via un onduleur. La production sera très liée à l’implantation géographique, l’exposition et l’orientation du bâtiment.  

Les modes de valorisation de l'électricité photovoltaïque.

La 1ère valorisation envisagée sera de faire de la vente totale d’électricité sur un contrat de 20 ans, sur toiture uniquement, auprès d’EDF OA. Le prix de vente est fixé par l’état pour les installations de moins de 100 kWc (moins de 300 kWc prochainement). A ce jour (mai 2020), il est de 12.07 c€/kWh de 9 à 36 kWc et de 10.51 c€/kWh de 36 à 99 kWc. Ce prix de vente baisse régulièrement. Pour consulter les derniers tarifs : photovoltaique.info.

Cette vente totale nécessite aussi, un contrat de raccordement au réseau électrique, auprès d’Enedis.
Durant le remboursement du prêt dédié à l’installation, la trésorerie est généralement légèrement positive. La rentabilité interviendra à l’issue de ce remboursement, soit sur les 5 à 8 dernières années. C’est donc un « placement à long terme ». Pour une installation de 36 kWc, le gain financier cumulé sur 20 ans peu avoisiné 20 à 25 000 €. Pour une installation de 99 kWc en bâtiment neuf (photovoltaïque strict), le gain sera de 50 à 70 000 € environ avant imposition fiscale et sociale. C’est une bonne rémunération de l’heure de travail dédié. Ces chiffres peuvent être très différents d’une région à une autre. Il est nécessaire de réaliser une étude spécifique pour juger de la rentabilité de votre projet.

Photovoltaïque

L’autre choix sera de faire une installation pour de l’autoconsommation. Cela peut se faire, si on connaît bien son profil de consommation, au gré des saisons, des journées, des heures... Il est déterminant sur la rentabilité. Ainsi, un producteur de lait en salle de traite n’aura pas des besoins corrélés avec la production solaire. Par contre, un éleveur avec robot de traite aura un profil plus adapté. En moyenne, il est possible de couvrir 20 – 25 % de sa consommation annuelle. 

En autoconsommation, une option consiste à faire de la vente de surplus : l’excédent de production par rapport à la consommation est revendue à EDF OA à un prix de 6 c€/kWh (souvent inférieur au coût de production) pour des installations entre 9 et 99 kWc. L’autre option est de faire de l’autoconsommation totale où le choix est fait de ne rien injecter sur le réseau. Les 2 options ont des avantages et inconvénients qu’il faut étudier par une étude technico-économique auprès d’un conseiller Energie.
Le critère économique sera le coût de production du kWh produit à comparer au prix du kWh acheté à son fournisseur. Pour un bon projet, le coût de production est inférieur à 10 c€/kWh. Sur un projet bien calibré, il sera possible d’avoir un résultat positif dès le départ (= une réduction de sa facture globale d’électricité), très amplifiée à l’issue du prêt. Ce gain se poursuivre au-delà des 20 ans tant que les panneaux produiront. 

Bien étudier sa démarche de projet

Dans un 1er temps, il est nécessaire de valider le bâtiment support de l’installation (orientation, exposition, potentiel de production). Il est souhaitable de l’étudier systématiquement sur un bâtiment neuf. Sur un ancien bâtiment, il peut y avoir des frais de renforcement de charpente préjudiciables. Ce peut être aussi un moyen de traiter les couvertures en amiante. Pour un projet d’autoconsommation, le dimensionnement sera lié à sa consommation. Puis, il sera temps de solliciter un installateur agréé pour faire un devis et bénéficier de leur conseil. L’étude des devis doit porter sur le coût, mais aussi, sur la qualité du matériel proposé (panneaux, onduleur, câbles…), les garanties (matériel, production), la prestation de l’installateur (ancienneté, qualité de travail…). Un point particulier sera porté au coût de raccordement qui peut être un facteur limitant du projet. Après signature des devis, l’installateur prend en charge les aspects administratifs (contrat de raccordement et de vente d’électricité). Il reste à gérer, parallèlement, la déclaration de travaux ou le permis de construire.
Après installation, la maintenance des installations (lavage de panneaux, contrôle électrique) et le suivi de production seront des atouts indispensables à la productivité de votre installation.

Le conseil de l'assureur :

Les principaux risques sur une installation photovoltaïque en fonctionnement sont la tempête, l’incendie, les dommages électriques ou encore, les pertes d’exploitations liées à un dommage sur un outil de production.

Face aux risques d’incendie et d’effondrement, il est conseillé de:

  • réaliser une étude de résistance des bâtiments au poids des panneaux, notamment dans le cas de bâtiments anciens, de serres verre, d’une surface de PV importante ou se situant dans une région exposée aux risques climatiques (neige, tempête, …)
  • mettre en place un local dédié pour les onduleurs
  • réaliser la vérification électrique Q18 ainsi que d’avoir des dispositifs antifoudres
  • posséder des extincteurs adaptés aux risques et former le personnel à leur utilisation. 

Au quotidien, il est conseillé de mettre en place un plan de maintenance préventive (par des professionnels reconnus ex : qualiPv) ; procéder à une dératisation des zones à risques ; ne pas stocker de matières inflammables dans les bâtiments supportant les PV ; et enfin, maintenir une distance minimale entre l’installation photovoltaïque et la hauteur des balles stockées.