Euronext rachète la bourse italienne au London Stock Exchange

Le groupe de gestion de bourse européen Euronext a annoncé vendredi 9 octobre l’acquisition de la Borsa Italiana.

Euronext, spécialiste paneuropéen de la gestion des bourses de valeurs et qui gèrent déjà, outre Paris, Bruxelles, Amsterdam, Lisbonne, Dublin et Oslo, a annoncé vendredi 9 octobre le rachat de Group Holdings Italia S.p.A., propriétaire de Borsa Italiana Group pour 4,325 Md€. Outre la bourse d’échanges des valeurs elle-même, la transaction va notamment permettre à Euronext d’acquérir un système de chambre de compensation et une plateforme de négociations de dettes souveraines.

Blé dur

Côté matières premières agricoles, Borsa Italiana possède un système de bourse pour les produits dérivés (Agrex, ex-Idem) cotant en particulier un contrat de futures sur le blé dur. Le sous-jacent de ce contrat concerne du blé dur toute origine confondue répondant aux normes sanitaires des grains pour l’alimentation humaine de l’UE, avec une taille de contrat de 50 t. Il est coté en €/t avec des prises d’ordre pouvant varier de 0,25 €/t. Les échéances correspondent aux mois de mars, mai, septembre et décembre. Selon certains spécialistes, ce contrat blé dur est cependant peu actif au vu de l'étroitesse du marché.

Le contrat spécifie que le blé dur concerné doit posséder un poids spécifique de 76 kg/hl au minimum, un taux de protéine de 11,5 % au minimum, un taux d’humidité de 13,5 % au maximum, un taux d’impureté de 2 % maximum, un taux de vitrosité de 62 % minimum, un taux de grains germés à 2 % maximum, de grains tachetés à 12 % maximum, de grains cassés à 6 % maximum. Le taux de présence d’autres céréales ne peut dépasser 3 % et le taux de grains atteints de fusariose 0,5 % au maximum. L’un des silos pour livraison est situé près de Foggia (région des Pouilles).

Déroulé de l’opération

Plus connue sous le nom de Bourse de Milan, Borsa Italiana a réalisé un chiffre d’affaires de 464 M€ et dégagé un Ebitda de 264 M€ en 2019. Au 31 août 2020, 370 entreprises sont cotées sur cette bourse, représentant une capitalisation boursière de 545 milliards d’euros. L’opération est soutenue en Italie par la Caisse des dépôts et par la banque Intesa Sanpaolo. Le vendeur est le London Stock Exchange (LSE), propriétaire de Group Holdings Italia S.p.A. depuis 12 ans.

Le 18 septembre 2020, Euronext et la Caisse des dépôts italienne avaient annoncé être en négociation exclusive avec le LSE pour un potentiel rachat de la bourse transalpine.

Cependant, l’opération est conditionnée, au niveau de la Commission européenne, par la cession, par Borsa Italiana, des activités de Refinitiv, un géant de la fourniture de données financières et propriétaire d’un système d’échanges d’obligations.

Une assemblée générale extraordinaire des actionnaires d’Euronext aura lieu le 20 novembre.

Selon le document d’information diffusé par le Groupe Euronext, le succès de l’opération ferait de cette plateforme boursière le numéro 1 en Europe pour le nombre d’entreprises cotées en bourse (1 800 et 4,4 trillions d’euros de capitalisation boursière), pour les échanges en actions et pour les montants levés lors d’introductions en bourse. La réunion de Borsa Italiana et d’Euronext s’attachera à défendre en particulier le financement des petites et moyennes entreprises, les sociétés à capital familial et de technologies et celles à croissance rapide.

La Commission de régulation des opérations de bourse italienne, la Consob, est invitée à profiter de cette opération pour rejoindre le collège des régulateurs d’Euronext.

Enfin, les deux acteurs espèrent que l’opération sera bouclée pendant le premier semestre 2021.

Les places financières européennes poursuivent leur reconfiguration
Avec l’intégration de la Borsa Italiana dans son périmètre d’activités, Euronext accentue sa démarche d’acteur essentiel des négociations des produits de bourse en général. En revanche, le London Stock Exchange, futur ex-propriétaire de la bourse italienne, poursuit une autre démarche : il cède des activités cœur de cœur de métier historique (les échanges boursiers proprement dit) pour se concentrer sur des métiers de services amont et aval des négociations : fourniture d’informations financières, vente de données, services informatiques…
Th. M.