Technique de l'insecte stérile : inauguration de la structure de production d'insectes PiloTis au centre CTIFL de Balandran

La structure PiloTis, destinée à l'élevage d'insectes pour les essais de la Technique de l'insecte stérile (Tis), a été inaugurée le 8 juillet 2021 au centre CTIFL de Balandran (Gard). Elle constitue une étape importante dans le déploiement de la technique en France.

En août 2018, une délégation du CTIFL a rencontré au Canada les responsables du programme Oksir, qui travaillent depuis les années 1990 à la mise en place de la technique de l'insecte stérile (Tis) dans la région de Okanagan-Kootenay (Colombie-Britannique), afin de diminuer les populations de carpocapse. Ce programme a été une grande réussite, les dégâts de carpocapse sur pommier dans cette région ayant été grandement réduit. « Les populations de carpocapse ont diminué de 94 % dans la région et l'utilisation de produits phytosanitaires contre ce ravageur a chuté de 96 % », indique Cara Nelson, ancienne directrice du programme Oksir.

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Fort de l'exemple canadien, le CTIFL souhaite devenir le leader européen de la Tis, technique qui vise à réduire la population d'insectes ravageurs  par des lâchers massifs et répétés d'individus d'élevage stérilisés. Plusieurs projets d'expérimentation sur cette technique sont en cours : contre le carpocapse de la noix en Isère, la mouche méditerranéenne des fruits en Corse, Drosophila suzukii sur cerisier et fruits rouges...

Une production d'insectes pour les essais

La structure PiloTis vise dans un premier temps la production d'insectes pour les essais du CTIFL. « A la base, elle ne devait servir qu'à la production de Drosophila suzukii, souligne Sarah Moyse, directrice du centre opérationnel de Balandran. Mais la crise du Covid a rendu impossible l'importation de carpocapses stériles du Canada pour le projet CarpoTis en Isère. On a donc ajouté la production de carpocapses aux objectifs de la structure ».

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A terme, PiloTis pourrait évoluer vers une solution de Tis commercialisable. Mais avant d'en arriver là, une évolution réglementaire est nécessaire, ainsi que des études d'acceptabilité et de viabilité économique de la méthode. Car la Tis nécessite un déploiement à plus ou moins grande échelle pour être efficace. « Il faut réfléchir à l'échelle d'un territoire car les parcelles, les villages, les forêts peuvent être des réservoirs d'insectes », explique Clelia Oliva, responsable des programmes Tis au CTIFL et coordinatrice du Collectif Tis. La méthode implique donc la participation d'une grande diversité d'acteurs. Ainsi, au Canada, le programme Oksir est mandaté par la région et est financé à 40 % par les producteurs et 60 % par les habitants. Une approche de déploiement sous abri, moins complexe, est également envisagée.