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Agriculture : le désaccord se poursuit entre les sénateurs français et la Commission européenne

Pleinchamp avec l'AFP

Agriculture : le désaccord se poursuit entre les sénateurs français et la Commission européenne
Pour le président de la commission des affaires européennes du Sénat, Jean Bizet, le "Pacte vert" proposé par la Commission européenne est synonyme de décroissance.

Le nouveau commissaire européen à l'agriculture Janusz Wojciechowski et les sénateurs français, très actifs sur les questions agricoles, ont confronté l'ampleur de leurs désaccords sur la future politique agricole commune (PAC), lors d'une visioconférence entre Bruxelles et Paris le 2 juillet.

"Le Sénat n'est pas totalement en phase avec les propos que vous avez tenus, loin s'en faut", a lancé le président de la commission des affaires européennes du Sénat, Jean Bizet, après l'audition du commissaire européen qui a expliqué ses efforts pour faire mieux prendre en compte l'agriculture dans le futur budget européen, marqué par un net verdissement.

Malgré une récente rallonge de 25 milliards d'euros au futur budget de la PAC consentie le 2 juin par la Commission, le Sénat reste très inquiet, a indiqué M. Bizet en rappelant les trois rapports critiques sur la future PAC réalisés par le Sénat français depuis 2017. "Le green deal" ou "pacte vert" proposé par la commission "est pour nous synonyme de décroissance", a lancé le sénateur. "Il n'y aura pas d'avenir pour l'agriculture européenne au travers de la décroissance, c'est impossible".

Accepter des "sauts technologiques"

Par ailleurs, les sénateurs souhaitent "assurer davantage de revenus aux agriculteurs" et suggèrent deux pistes : accepter des "sauts technologiques comme les New breeding technologies (NBT)" (les ciseaux génétiques qui servent à accélérer la sélection des semences, technique considérée par la cour européenne de justice comme relevant des OGM interdits en Europe, NDLR), et "permettre des ententes sur les volumes et les prix entre agriculteurs" afin de lutter contre la concurrence jugée inéquitable des autres continents.

M. Wojciechowski a assuré, que même si le prochain budget de la PAC reste encore inférieur aux attentes des sénateurs français, il "travaille de façon intense pour veiller à ce que l'agriculture ait aussi sa place dans le plan de relance" préparé par Bruxelles. "En ce qui concerne le pacte vert, vous n'êtes pas les seuls, je reçois beaucoup de signaux dans ce sens de la part des agriculteurs un peu partout en Europe", a ajouté M. Wojciechowski.

Le pacte de la sécurité alimentaire

Les sénateurs et le commissaire se sont néanmoins rejoints sur le besoin de réaffirmer dans la future PAC l'objectif de "sécurité alimentaire". "Les pères fondateurs de l'Europe ont confié aux agriculteurs le soin de nourrir les Européens à des prix abordables en échange de soutiens distribués par la PAC", a fait valoir Sophie Primas, présidente de la commission des affaires économiques du Sénat.

"Les positions de la Commission européenne laissent supposer qu'elle envisage de réviser quelque peu ce pacte historique des pères fondateurs au profit d'un autre contrat pour relever le défi environnemental, prévoyant que nous limitions notre production européenne, quitte à importer ce que nous ne produisons plus", s'est-elle inquiétée.

"Nous devons évidemment veiller à la sécurité alimentaire en Europe, c'est notre force, nous devons veiller à ne pas être trop dépendants des importations, à ce que notre élevage ne soit pas trop intensif", les a rassurés le commissaire.

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