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Détresse agricole : des centaines de tracteurs sur les routes

Pleinchamp avec l'AFP

Détresse agricole : des centaines de tracteurs sur les routes
Mobilisation le 8 octobre 2019 dans le Bas-Rhin (©Twitter/@FDSEA67)

Plusieurs centaines d'agriculteurs, à l'appel des Jeunes Agriculteurs (JA) et de la FNSEA, ont manifesté le 8 octobre dans toute la France en bloquant les axes routiers sous le slogan "France, veux-tu encore de tes paysans ?"

« Stigmatisation permanente, violences intolérables, accords commerciaux déloyaux, distorsions de concurrence insurmontables et revenus en berne » : c’est avec ce constat que la FNSEA et les JA ont appelé à la manifestation le 8 octobre dans toute la France. La mobilisation a commencé le matin tôt dans l'Aisne, le Var et la Drôme, et devait atteindre son point fort en début d'après-midi avec le blocage prévu d'axes routiers majeurs, dont de nombreuses autoroutes. L'objectif : "se montrer sur les routes, tracter au niveau des ronds-points, s'adresser aux représentants de l'Etat", a indiqué Xavier Benoist céréalier, lors d'un blocage à Chateau-Thierry (Aisne). 

La mobilisation était importante en milieu de journée dans l'Est de la France où une centaine de tracteurs bloquaient l'autoroute A4 aux abords de Strasbourg. Dans l'ensemble du Bas-Rhin, peu avant 13h, plus de 500 tracteurs étaient encore en train de converger vers cinq points de blocage, essentiellement sur les autoroutes A35 et A4, générant "plusieurs kilomètres de bouchons" derrière les convois, sans qu'aucun autre incident n'ait été relevé, a-t-on appris auprès de la préfecture. Dans le Haut-Rhin, environ 120 tracteurs bloquaient la jonction entre l'A35 et l'A36.

"Le problème est politique, d'un côté on a un discours qui parle d'agriculture forte, vivante, et de l'autre on nous assomme avec des normes à n'en plus finir, sans parler des traités de libre-échange et de l'agribashing, alors qu'on est une agriculture reconnue comme vertueuse", a dénoncé Fabrice Couturier, président de la FDSEA de Moselle où les agriculteurs organisent des barrages filtrants à Metz, Thionville et Sarrebourg. 

Les annonces du gouvernement les zones de non traitement (ZNT) à proximité des habitations a été la goutte d’eau qui fait déborder le vase. "L'interdiction à 10 mètres des maisons, ça représente dans l'Aisne 10 000 hectares non cultivés, ça veut dire l'équivalent de 80 000 tonnes de blés non produites, soit 1,5 million d'euros de manque pour les agriculteurs", a expliqué Benoit Davin, référent FDSEA pour l'arrondissement de Soissons.

En Ile-de-France, 200 tracteurs étaient mobilisés selon la FDSEA, dans le Val-d'Oise, les Yvelines, l'Essonne, le Val-de-Marne et en Seine-et-Marne. "Dans ce pays, il faut savoir si on veut encore des agriculteurs ou pas. Il faut arrêter de faire croire au consommateur que ce qui vient de l'étranger c'est magnifique et ce que produit l'agriculture française c'est de la cochonnerie", a témoigné François Lecoq, représentant de la FDSEA Ile-de-France, en ajoutant que "l'agriculture française est la plus surveillée, la plus tracée, la plus contrôlée". 

Une centaine de tracteurs ont convergé vers des points de ralliement dans la Marne, tandis que plusieurs dizaines de tracteurs bloquaient les villes de Toulouse, Montauban et Agen, dans le Sud-Ouest. Des blocages avaient également lieu en Ille-et-Vilaine, autour de Calais, de Caen ou de Dijon. Dans l'Hérault et dans le Vaucluse, une cinquantaine d'agriculteurs, selon la FDSEA, une trentaine selon la gendarmerie, étaient partis de l'entrée d'autoroute d'Avignon Sud pour effectuer une opération escargot sur les trois voies de l'A7. 

"Aujourd'hui, ce sont essentiellement des actions symboliques, car c'est un premier avertissement au gouvernement. Nous avons des revendications claires sur les revenus, sur l'agribashing", a indiqué Michel Joux, président de la FRSEA Auvergne-Rhône-Alpes qui a exhorté la semaine dernière  au Sommet de l'élevage Emmanuel Macron à tenir un discours plus positif sur l'agriculture française. Selon lui, une prochaine journée de mobilisation a été fixée au 22 octobre, si aucune annonce n'a lieu d'ici là. 

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Commentaires 17

ddx

on ne manifeste pas contre l agribasing en brulant des pneus et en déversant tout un tas de détritus sur la voie public c est contre productif!

Chable533

Des « centaines » ce n’est plus ce que c’etait le syndicat majoritaire

coast62

@marabel: en hollande , il y'a un syndicat majoritaire, et avec la séparation vente conseil des phytos (ayant pour but de faire baisser la conso de phytos, soldé avec son échec) et bien, c'est ce même syndicat qui contrôle la distribution des phytos en hollande; Et pour parler de notre syndicat majoritaire en France (les bouffeurs de voisins, j'ai lu sur ce site, et c'est bien vrai), avec son financement occulte en réclamant des marges arrières avec les achats groupés (dixit mon fournisseur de gnr)… ce sont les fossoyeurs de notre profession, on a tous un exemple dans notre coin d'un responsable qui en a croqué...

Lelap

Plus syndiqué depuis un bon moment, j'aimerais savoir d'ou vous sortez ces infos sur la conf et L214. On ne peut pas nier que la fede a participer au declin de l'agriculture, et qu'elle tente de se raccrocher aux branches en vantant aujourd'hui ce qu'elle a tant critiqué hier.

digue3942

tout est piloté à partir du continent américain ;le paysan à la base est dans la situation que je vis ,c'est à dire dans le meilleur des cas travailler sans revenu du travail alors qu'en haut lieu de la fnsea les objectifs sont dans l'affaiblissement voir la disparition de la paysannerie .

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