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Ecophyto : malgré les échecs, le gouvernement maintient son cap

avec AFP

Malgré l'échec des précédents plans, le gouvernement réaffirme sa volonté de réduction des pesticides

Le préfet Pierre-Etienne Bisch va coordonner les acteurs publics et privés engagés en faveur de la réduction des usages de produits phytosanitaires dans toute la France, a indiqué mercredi le gouvernement dans un communiqué.

Glyphosate, quelles pratiques ?

Sur le glyphosate, une enquête "flash" sera lancée d'ici à l'été chez les agriculteurs pour "mieux connaître les pratiques de désherbage et mesurer l'évolution des pratiques", alors que l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) et l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) conduiront une "évaluation comparative des produits à base de glyphosate". En 2018, "14 substances n'ont pas été renouvelées au niveau européen", et l'Anses participera dans le cadre d'un consortium de quatre Etats membres au "processus de réévaluation de la substance glyphosate dont l'échéance d'approbation est fixée à fin 2022".

Le préfet présidera une "task force" chargée du suivi des mesures de transition agroécologique dans les fermes françaises, selon un communiqué commun de quatre ministères (Agriculture, Environnement, Santé et Recherche) publié en marge d'un comité de suivi du 3e plan de réduction des pesticides "Ecophyto II+".

Alors que l'usage des pesticides de synthèse a globalement continué de progresser en France malgré deux plans successifs lancés depuis 2008, le gouvernement réaffirme sa "volonté ferme d'atteindre les objectifs de réduction de l'utilisation des produits phytopharmaceutiques de moitié d'ici à 2025 et de sortie du glyphosate pour une majorité des usages d'ici fin 2020".

"Les préfets de région seront mobilisés pour déployer le plan Ecophyto II+ dans les territoires en lien avec les professionnels, les agences régionales de santé et les collectivités territoriales" précise le texte. Les interprofessions végétales seront réunies fin avril. Les moyens alloués à la recherche pour réduire l'utilisation des produits phytosanitaires de synthèse vont être parallèlement renforcés, avec une dotation de 30 millions d'euros. 

Une "stratégie nationale" pour le biocontrôle

Les chercheurs sont chargés d'identifier "des voies alternatives" aux phytosanitaires en "mobilisant les leviers" de "l'agroécologie, du biocontrôle, de la génétique et de la prophylaxie" pour permettre de "cultiver et protéger autrement", en réduisant "autant que possible le recours aux produits conventionnels". L'appel à projets sera lancé en juin.

Le gouvernement confirme aussi s'attaquer aux pesticides naturels, épandus en agriculture biologique, lorsque ceux-ci deviennent polluants pour les sols. Ainsi une feuille de route doit être finalisée pour "développer des alternatives à l'usage du cuivre en viticulture"

Une "stratégie nationale" de déploiement du biocontrôle doit aussi faire l'objet d'une "consultation" d'ici juin, c'est-à-dire toutes les mesures de protection basées sur les mécanismes naturels pour préserver les cultures des maladies, comme des insectes auxiliaires, bactéries ou champignons, prédateurs de ravageurs.

Enfin, les modalités d'épandage devraient être discutées au sein de deux groupes de travail d'ici l'été pour "protéger les agriculteurs, riverains et pollinisateurs".

Publié par avec AFP

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Commentaires 7

Greg

Pour réduire les phytos il faut :
- De la formation sur les techniques alternatives
- Qu'ils puissent vivre avec moins de surface (le bio beaucoup plus chronophage en général) donc payer la production primaire
- Qu'il y ai plus d'agriculteurs et c'est pas gagné.

cible67

ECOPHYTO réduire les phytos et point final. Garder son cap malgré les échecs... avec la même stratégie c'est de nouveau construire un château de cartes avant la tempête climatique... '"Ecophyto maintient son cap" : désherber en binant OK et la fertilité des sols ? les plantes bio-indicatrices et excès de manques organiques des sols ? Donnons de la matière organique fraîche à nos terres : couverts végétaux, fumier composté jeune, thé de composts, "ponts verts"

josselin

le biocontrôle marche si bien qu'il est associé avec une demi dose d'un fongicide "classique".
pourquoi l'homologation des biocontrôles n'a pas la même rigueur que les produits de synthèse.
le business bio est une supercherie qui finira par être révélé.
des poulets bio qui ne sortent jamais du bâtiment mais le baratin permet de bien vendre.
les résultats des fermes defi sont bricolés pour " nous dire vous voyez c'est possible".
france pour tout avenir produit moins et vend tes sols aux chinois.

julos

Juste une précision, il n'y a pas si longtemps, l'eau était potable...
Pas étonnant qu'Ecophyto n'aboutisse à rien puisqu'il a été pensé dès le départ pour botter en touche et ne rien changer. Mais effectivement, ça a toujours octroyé quelques deniers.

viande

Il y en a un peu marre de financer autant d'études; si l'argent était donné aux exploitants pour changer de système il y a longtemps que l'eau serait potable . En fait du bla bla une fois de plus pour occuper administratifs et bureaucratie.

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