La biodiversité, l’égale du climat et du sol pour les écosystèmes

Raphaël Lecocq

La biodiversité, l’égale du climat et du sol pour les écosystèmes
Echantillonnage de la végétation en Patagonie par une équipe de l’institut national de technologie agricole d’Argentine / INRA

Les effets positifs de la diversité végétale sur la stabilité des écosystèmes sont détectables sur tous continents et dans tout type d’écosystèmes. C’est ce que démontre, pour la première fois, une étude internationale comptant un chercheur de l’INRA.

La preuve avait été apportée depuis 20 ans mais elle émanait d’expérimentations en conditions contrôlées et dans un nombre d’écosystèmes restreint. L’étude internationale, impliquant un chercheur Inra du Centre d'études biologiques de Chizé (CNRS, Université de La Rochelle) et des scientifiques argentins et espagnols, est le fruit de 14 années d’analyses satellitaires et de mesures de terrains réalisées sur 123 sites répartis sur tous les continents, à l’exception de l’Antarctique. Pour la première fois, le rôle de la biodiversité sur la stabilité des écosystèmes est démontré à l’échelle mondiale dans tout type d’écosystèmes. Les chercheurs suggèrent ainsi que la biodiversité a une influence positive et aussi importante que le climat ou le type de sol sur la stabilité et le fonctionnement des écosystèmes.

Une biodiversité à double composante

Les scientifiques ont examiné des écosystèmes contrastés, composés de plantes très différentes, aux histoires géologiques et climatiques diverses : la savane africaine, les déserts steppiques en Chine, la pampa en Amérique du Sud, des forêts australiennes ou encore les maquis du bassin méditerranéen et les steppes nord-africaines. Leurs travaux montrent que, dans le contexte actuel du changement climatique et l’augmentation global de l’aridité, la relation entre la stabilité des écosystèmes et la diversité des plantes peut être modifiée. Dans les zones de faible aridité, le contrôle de la stabilité des écosystèmes dépend principalement de la diversité fonctionnelle des plantes. Dans les zones de forte aridité, ce rôle de stabilité est principalement joué par le nombre d'espèces présentes sur le site.

Une composante vitale

Les chercheurs relèvent que les écosystèmes arides de la planète abritent 38 % de la population mondiale dont 90 % sont localisés dans des pays en voie de développement, des populations souvent très dépendantes de la stabilité temporelle des ressources naturelles. « Préserver différentes facettes de la biodiversité des plantes apparait comme essentielle dans un contexte de changements globaux et d’aridité croissante pour maintenir la stabilité et le fonctionnement des écosystèmes dont nous dépendons », concluent les chercheurs.

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