Le Modef dénonce les marges de la GMS sur les produits alimentaires

Le syndicat dénonce les marges de la grande distribution dans le contexte du confinement, et demande à l’Etat de mettre en place un coefficient multiplicateur « pour contrôler les marges des revendeurs qui profitaient de la situation de pénurie ».

Le Modef accuse les grandes et moyennes surfaces (GMS) de « spéculer en augmentant fortement leurs marges » sur les produits alimentaires, se faisant ainsi « encore plus d'argent facile sur le dos des consommateurs et des agriculteurs, ce qui est un scandale ! », dénonce Raymond Girardi, vice-président du Modef, dans un communiqué de presse le 27 avril.

Et le syndicat de citer quelques exemples démontrant « l'indécence des pratiques des centrales d'achat et de vente qui profitent de la situation de détresse des consommateurs » : « les fraises gariguette : prix producteur de 5 à 7 €/kg, prix à l'étalage 15 €/kg et plus » ou encore « les tomates : prix producteur 2,5 €/kg, prix à l'étalage 6 à 7 € /kg ».

Face à ce constat, le Modef « exige que l'on mette en place immédiatement pour cette période exceptionnelle un coefficient multiplicateur comme il existait jusqu'en 1986. Ce coefficient avait été mis en place après la guerre 39/45 pour contrôler les marges des revendeurs qui profitaient de la situation de pénurie (pour les fruits et légumes ce taux était de 1,5 maximum) ».

« Le Président de la République parle de situation de guerre, c'est le moment de mettre en place des mesures de ce niveau qui sont d'intérêt majeur pour notre pays et le pouvoir d'achat des consommateurs », argue Raymond Girardi.

Le Modef demande également à l'État de garantir le prix payé aux producteurs. « Il nous faut absolument obtenir la création de stocks de sécurité pour lutter contre les variations excessives des prix et assurer la sécurité alimentaire, poursuit Raymond Girardi dans le communiqué. Ces stocks pourraient être alimentés par le déclenchement du mécanisme d'intervention lorsque les prix des marchés deviennent inférieurs aux coûts de production, de sorte de garantir un prix plancher ».