Les feux en Amazonie s’invitent au G7 - Pleinchamp

Les feux en Amazonie s’invitent au G7

Emmanuel Macron a estimé jeudi soir que les incendies en cours en Amazonie constituaient une "crise internationale". Près de 2.500 nouveaux départs de feu auraient été comptabilisés au Brésil ces dernières 48 heures. Le président brésilien, qui accuse les ONG, a répliqué vertement au chef de l’Etat français.

"Notre maison brûle. Littéralement. L'Amazonie, le poumon de notre planète qui produit 20% de notre oxygène, est en feu. C'est une crise internationale. Membres du G7, rendez-vous dans deux jours pour parler de cette urgence", a écrit le chef de l'Etat français sur Twitter.   Cette déclaration fait écho à la phrase prononcée en 2002 par son prédécesseur Jacques Chirac à propos du réchauffement climatique: "Notre maison brûle et nous regardons ailleurs". M. Macron a accompagné son message, rédigé en français et en anglais, d'une photo vieille d'au moins seize ans.

« Psychose environnementale »

Climato-sceptique, le président brésilien Jair Bolsonaro a lancé jeudi une nouvelle charge contre les ONG, "soupçonnées" d'être responsables des feux de forêt en Amazonie, tout en accusant la presse de faire du tort au pays avec une "psychose environnementale". Le président d'extrême droite a expliqué qu'il pourrait tout aussi accuser de ces "incendies criminels (...) les indigènes, les Martiens ou les grands propriétaires terriens". "Tout le monde peut être suspect. Mais les plus forts soupçons viennent des ONG". "Les ONG perdent de l'argent, qui venait de la Norvège et de l'Allemagne. Elles n'ont plus d'emplois, elles essaient de me renverser", a-t-il assuré jeudi, en référence à la suspension par ces deux pays de leurs subventions au Fonds Amazonie affecté à la préservation de l'immense forêt tropicale.   

"L'argent dans les caisses des ONG ne sert ni à lutter contre les incendies ni à replanter des arbres", a dit le président qui, dès son arrivée au pouvoir en janvier, a pris pour cible les défenseurs de l'environnement et des populations indigènes. "La presse brésilienne passe son temps à inventer des histoires, mais m'accuser d'être (un) Néron qui met le feu est irresponsable, c'est faire campagne contre le Brésil", a-t-il dit. "Il y a toujours eu des feux de forêt et il y en aura toujours. Malheureusement cela arrive en Amazonie".

« Cramer l'image du Brésil »

Dans une tribune commune, 118 ONG se sont élevées contre "l'irresponsabilité" présidentielle. "Bolsonaro n'a pas besoin des ONG pour cramer l'image du Brésil dans le monde entier", lit-on dans ce texte, qui dénonce un président "qui manipule l'opinion publique contre le travail réalisé par la société civile, avec des allégations irresponsables et inconséquentes".   

La forte hausse du nombre d'incendies en Amazonie brésilienne est avant tout causée par la progression de la déforestation. Le feu est utilisé pour nettoyer des zones déjà déforestées, pour ouvrir des pistes ou pour préparer des terres à la culture. Le manque de prévention fait que ces incendies se propagent à des zones qui n'étaient pas destinées à être brûlées.