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Vendredi 27/02/2026
Salon de l’agriculture : des absents, des crispations, et un pavé dans la mare
[Edito] « Productivité » et « compétitivité » : au Salon de l'Agriculture, la ministre Annie Genevard a scandé sa vision de l'avenir de l'agriculture nationale. Un discours qui a jeté un pavé dans les champs en soulevant la question épineuse de la « taille critique » des fermes françaises.
Le 62e Salon international de l'Agriculture s'achève ce dimanche sur une ambiance particulière, voire morose selon certains. L'absence de bovins – remplacés par des peluches, des mannequins en plastique et même un hologramme pour Biguine, la vache Brahman égérie – a profondément marqué cette édition. L'éleveur de cette dernière espère pouvoir la présenter en chair et en os l'année prochaine, avec le soutien d'Emmanuel Macron.
Cette absence a entraîné des conséquences mesurables : la fréquentation a chuté de 25% sur les quatre premiers jours. Les ovins ont compensé en occupant le devant de la scène au hall 1, tant dans les concours que pour le public. Dans les autres halls, les visiteurs ont pu se consoler en dégustant les spécialités régionales et internationales.
L'ambiance était tout aussi morose du côté des céréaliers. Toutes les associations spécialisées du secteur des grandes cultures de la FNSEA ont exprimé leur grande déception et leurs inquiétudes après leurs rencontres avec le président de la République et le Premier ministre. Elles craignent notamment un rétropédalage de Bruxelles concernant la suspension du Mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF).
De son côté, la ministre de l'Agriculture a agité le chiffon rouge de la « désagriculture » en France, donnant l'exemple de la désindustrialisation et de la dénucléarisation. « Pour que ce salon marque le début du grand sursaut agricole, le chantier majeur est celui de la productivité et de la compétitivité », a-t-elle affirmé, posant à ce titre la question de la « taille critique » des exploitations françaises : « J’assume de dire que les fermes françaises, globalement de taille intermédiaire, fondées sur un modèle familial, ne peuvent pas toujours tenir la cadence face à des exploitations roumaines, polonaises ou même allemandes, bien plus vastes ».
Des propos qui réduisent un peu vite la compétitivité à une question de taille. Mais qui posent aussi la question de l’acceptabilité sociale des grandes fermes, et des obstacles administratifs et financiers auxquels font face les porteurs de projets agricoles. Et ce, quelle que soit la taille.