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Dimanche 22/02/2026

Benjamin, agent de la fonction publique : « Agriculteur, ça fait partie des métiers les plus durs »

[SIA 2026] Vache ou pas vache, Benjamin Richard vient tous les ans en famille au Salon de l’Agriculture. Son petit Gabin repartira avec son diplôme de conduite de tracteur. Une vocation naissante ?

L’absence de bovins au Salon de l’agriculture, une première en 62 éditions, à cause de cette « vacherie » de DNC, n’a pas dissuadé Benjamin Richard de faire le déplacement porte de Versailles. « Je préfère que les vaches soient en bonne santé chez elles », explique cet agent de la fonction publique, pour qui le salon est l’occasion de humer la campagne, fût-elle un peu sous cloche. « C’est un moment sympathique autour de valeurs partagées en famille. Et pour les enfants, ça tempère un peu le fait de vivre à Paris et c’est l’occasion de voir d’autres animaux que les pigeons », même si le « spectacle » des vaches va manquer.

La piste de mini-tracteurs ou comment s’attirer les grâces du jeune public
La piste de mini-tracteurs ou comment s’attirer les grâces du jeune public

Compréhensif, le jeune papa est aussi compatissant. « Agriculteur, ça fait partie des métiers les plus durs, un métier solitaire. Il est difficile d’en vivre. Je connais les statistiques sur le suicide. Et pourtant, je pense que c’est des beaux métiers, des métiers qui ont du sens, qui ont de l’avenir, et qui vont rester nécessaires ».

Chez Benjamin Richard, il faut remonter aux grands-parents pour trouver des racines agricoles dans l’arbre généalogique, en Haute-Saône le concernant et en Haute-Savoie pour son épouse. « Les réunions de famille, ça se passe à la campagne pour réactiver le truc ».

Un « consom’acteur » en proie à des interrogations

Et comme tout à chacun, la connexion quotidienne avec le monde agricole demeure l’assiette. Se sent-il une âme de « consom’acteur », apte à peser sur les orientations du secteur et la rémunération des producteurs ? « On fait attention à ce qu’on achète. Mais est-ce que les labels donnent les bonnes informations ? Est-ce que le fait des sélectionner des produits plutôt que d’autres bénéficie au final à l’agriculteur ? Je ne saurai pas le dire ». Dans la jungle des labels, C’est qui le patron ?! « dont le prix a été construit avec les agriculteurs » a les faveurs de Benjamin. avec l’agriculture bio, notamment pour les fruits et légumes frais dont la famille est friande, « pour éviter d’avoir le maximum de pesticides ».

"Les pesticides, c’est ni noir ni blanc. C’est gris"

Mais sans dogmatisme forcené là non plus. Les débats récents sur la loi Duplomb n’ont pas fait pencher la balance dans un sens ou dans l’autre. « A travers ces débats, je me suis rendu compte que je n’étais pas hyper au courant. C’est quoi un pesticide qui permet de faire vivre les agriculteurs et qui est relativement bénéfique pour soutenir l’activité économique ? C’est quoi un pesticide néfaste pour l’environnement ? En fait c’est ni noir ni blanc, c’est gris ».

Son petit Gabin ne se pose pas (encore) toutes ces questions. Une chose est sûre : il repartira du salon avec son diplôme de conduite du tracteur qu’il a obtenu haut la main. Une vocation naissante ? « Si c’est une vocation, je l’encouragerai », affirme son père qui, à défaut d’avoir pu caresser Biguine, la vache martiniquaise feu-égérie de l’édition 2026, se consolera, avec modération, avec un ti-punch au pavillon des Outre-mer.