Pour Le Foll (PS), la loi agriculture et alimentation "n'apportera pas grand-chose"

L'ancien ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a jugé jeudi sur franceinfo que la loi agriculture et alimentation, votée en première lecture à l'Assemblée nationale, "n'apporterait pas grand-chose".

"Le gouvernement envoie des messages d'autorité, d'ambition, de révolution", a énuméré le député PS de la Sarthe. Mais pour lui, "l'idée que le prix [payé aux agriculteurs] tienne compte des coûts de production, ce n'est pas une grande révolution."  Si l'élu a salué "des choses plus ou moins positives" dans le texte adopté mercredi, il a cependant estimé que "cette loi n'apportera[it] pas grand-chose." Concernant le glyphosate, dont l'abandon en trois ans promis par Emmanuel Macron n'a finalement pas été inscrit dans la loi, M. Le Foll a critiqué un sujet "mal abordé depuis le départ." "Trois ans, c'est trop court: la preuve, c'est que maintenant on recule, c'est trois ans mais avec des dérogations."  

Alternatifs

Le député, "pas favorable à l'interdiction" du recours au glyphosate dans un tel délai, a appelé à se poser la question des "modèles alternatifs". "Si c'est pour remplacer le glyphosate par une autre molécule chimique, moi, ça ne m'intéresse pas", a tranché l'ancien ministre. Interrogé sur la polémique actuelle autour des aides sociales, après que le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin a estimé lundi qu'il y en avait "trop" en France, M. Le Foll a fustigé "un nouveau monde qui part à l'envers: on a donné beaucoup aux plus riches, et on va être obligés d'économiser sur tous les autres". M. Le Foll n'a pas été plus tendre concernant le projet de loi Elan (évolution du logement, de l'aménagement et du numérique), examiné depuis mercredi par l'Assemblée nationale. "Il y a des choses qui ne me plaisent vraiment pas. C'est un élan de libéralisation", a ironisé l'ancien ministre.