Retraites : la revalorisation des pensions agricoles au coeur des revendications

Tandis que la Confédération paysanne a appelé à la mobilisation nationale le 5 décembre contre la réforme des retraites, la FNSEA a indiqué ne pas se joindre au mouvement. Les deux syndicats se rejoignent néanmoins pour revendiquer la revalorisation des pensions des retraités actuels.

"Nous soutenons la réforme des retraites et ne nous associerons pas au mouvement du 5 décembre", a déclaré Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, à l'issue d'un entretien mardi 3 décembre avec le Premier ministre. "Un système où chaque euro cotisé donne les mêmes droits à tout le monde ne peut être que mieux pour les agriculteurs", a-t-elle poursuivi, rappelant que "la moyenne des retraites agricoles aujourd'hui, c'est 780 euros pour les hommes et 580 euros pour les femmes, des niveaux dramatiques". 

Mais cette réforme, si elle améliore potentiellement le sort des futurs retraités agricoles, ne change rien à celui des retraités actuels. Un sujet qui, selon Christiane Lambert, a été évoqué auprès d'Edouard Philippe. "Nous avons parlé des retraités actuels qui ne sont pas concernés par la réforme et pour lesquels nous attendons sans délai un geste de revalorisation", a-t-elle précisé. 

Planchers et plafonds

Ce sujet de la revalorisation des retraites actuelles est l'une des raisons qui pousse de son côté la Confédération paysanne à rejoindre la mobilisation du 5 décembre. "La proposition qui est pour l'instant sur la table ne répond pas à notre attente d'un système de retraite plus équitable et mieux valorisé pour les retraités du monde agricole", a indiqué Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération paysanne, contacté par Pleinchamp.

"Il y a urgence à revaloriser les pensions des retraités actuels", a-t-il soutenu. "Il y a eu des propositions de loi aussi bien par le Sénat que par les députés à ce sujet, qui ont à chaque fois été rejetées par le gouvernement sous prétexte qu'une réforme des retraites était dans les tuyaux", a-t-il regretté. 

La Confédération paysanne porte également une revendication qui ne figure pas dans la réforme en cours : le plafonnement des plus grosses retraites, un sujet "tabou", selon Nicolas Girod. "Si on veut revaloriser tout le monde, il va falloir réfléchir à des niveaux de plafonnement ou à des niveaux de cotisation plus important pour les revenus plus importants", a-t-il conclu.