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Vendredi 13/02/2026
Journée sanitaire au Lycée Agricole Ahun
Journée sanitaire : Dans le cadre du partenariat EPLEFPA d’Ahun - GDS Creuse, notre journée annuelle s’est déroulée au lycée agricole le 5 février 2026 sur le thème de la biosécurité en élevage.
La biosécurité en élevage
Un partenariat essentiel avec le lycée agricole
Organisée en partenariat avec GDS Creuse, l’équipe pédagogique du lycée et le personnel de l’exploitation, cette sensibilisation a concerné le CFPPA et les classes de seconde à terminale, avec la participation des élèves du CS Bovin viande et du BTS ACS-Agri.
La biosécurité, protéger une population animale, l’homme et l’environnement des agents infectieux
« La biosécurité (sécurité contre les agents biologiques) désigne l'ensemble des mesures préventives et réglementaires visant à réduire les risques de diffusion et transmission de maladies infectieuses chez l’homme, l’animal et le végétal ». Elle comprend les infrastructures, les techniques, les pratiques d’hygiène avec une triple finalité : santé animale, santé humaine (protection de l’éleveur et sécurité sanitaire des aliments) et impact environnemental avec la notion de « One health – Une seule santé ». Un circuit était organisé permettant aux apprenants de se familiariser avec des maladies faisant l’actualité de l’élevage et les mesures concrètes de biosécurité à mettre en place.
L’exploitation du lycée pour décliner les mesures de biosécurité
La ferme du lycée propose 4 productions animales : bovin viande, bovin lait, ovin et porcin. Chaque atelier, animé par des salariés de GDS Creuse et des professeurs du lycée, servait de support à une thématique particulière.
Les maladies vectorielles, sur l’atelier des limousines
Que ce soit la piroplasmose (tiques), la DNC ou la besnoitiose (stomoxes), la FCO ou la MHE (culicoïdes), ces maladies se transmettent par un vecteur biologique, souvent hématophage (qui se nourrit de sang). Le vecteur se contamine sur un animal porteur du pathogène puis inocule la maladie à un animal sain lors d’une piqûre ultérieure. Il est primordial de connaître la biologie des insectes et des tiques pour comprendre le fonctionnement des pathologies et mettre en place des mesures de lutte et de prévention. En parallèle, une gestion sanitaire globale adaptée est nécessaire afin d’avoir un bon statut immunitaire des animaux, pour les rendre plus résistants et améliorer l’efficacité vaccinale. Cela passe par une gestion du parasitisme, de l’abreuvement (en quantité et de qualité) et de l’alimentation (apports protéiques et énergétiques, minéraux, oligoéléments, vitamines). Il faudra ajouter à cela une bonne maîtrise des mouvements d’animaux, intra et inter cheptels, pour limiter les risques de diffusion.
La problématique des avortements, sur l’atelier bovin lait
De nombreux facteurs peuvent interrompre une gestation : traumatisme de la mère en fin de gestation, anomalie du fœtus déclenchant son expulsion, problème alimentaire, maladies... La plupart des avortements sont accidentels et cela explique que sur un avortement isolé, la probabilité d’en trouver la cause est faible. En revanche, lors d’avortements multiples et rapprochés, la cause infectieuse est plus probable. La liste des bactéries, virus ou parasites responsables d’avortements est longue. Citons parmi les plus fréquents l’ehrlichiose, la fièvre Q, la néosporose, la BVD (moins fréquent depuis la mise en place du plan d’éradication) pour les bovins, la chlamydiose, la fièvre Q, la toxoplasmose, la listériose ou la salmonellose pour les petits ruminants. Certains de ces agents infectieux sont redoutables car contagieux et doués d’un grand pouvoir d’expansion intra et inter élevages avec, pour certains, un risque pour l’humain (zoonose). L’isolement des animaux avortés, la recherche des agents pathogènes et des mesures de précaution pour l’éleveur sont à mettre en place rapidement.
Des parasites de plus en plus résistants en filière ovine
GDS Creuse et l’atelier ovin du lycée sont engagés dans un programme d’étude régional, Harizona. L’objectif est d’évaluer le niveau de résistance aux antiparasitaires des strongles gastro-intestinaux des moutons dans 50 élevages de Nouvelle-Aquitaine. On mesure la réduction de l’excrétion fécale d’œufs de parasites (FECRT) à la suite d’un traitement. Les premiers résultats sont inquiétants, avec un niveau de résistance très élevé pour de nombreuses molécules. Cela doit amener les éleveurs à revoir leurs pratiques, avec une approche génétique et agronomique plus développée et une connaissance du cycle des parasites.
Des menaces multiples sur l’atelier porcin
La brucellose porcine est endémique sur les sangliers en Creuse, la maladie d’Aujeszky vient d’y être mise en évidence et la fièvre porcine africaine est aux portes de la France (Allemagne, Espagne, Italie). Depuis très longtemps, la filière porcine (comme avicole) a mis en œuvre des mesures de biosécurité pour se prémunir de ces maladies. La transmission peut se faire par les animaux (achat de porcs, sangliers contaminés), le matériel (camions de livraison ou de transport d’animaux) mais également par l’Homme qui peut être porteur passif. Pour gérer le risque, l’exploitation est découpée en zone d’élevage, zone professionnelle et zone publique avec des mesures adaptées. Les porcs du lycée étant exclusivement détenus en bâtiment, les mesures principales sont la mise en quarantaine de tout animal introduit et le passage systématique des intervenants par un sas, avec changement de chaussures, de vêtements et lavage des mains obligatoire pour aller au contact des animaux. Pour les élevages plein air, ils doivent mettre en place des double-clôtures pour se protéger des contacts et des intrusions avec les sangliers.
Des animations autour des axes principaux par des élèves de l’EPLEFPA…
La biosécurité peut se décomposer en 5 axes (cf. illustration) : faire que le pathogène ne rentre pas et ne circule pas dans un troupeau, ne sorte pas de ce troupeau, n’infecte pas l’homme et ne persiste pas dans l’environnement. Des élèves du CS Bovin viande et du BTS ACS-Agri ont animé 5 ateliers ludiques pour mieux visualiser les risques.
… et des mesures à mettre en œuvre dans tous les élevages
Au quotidien, on mettra en place dans les élevages les mesures principales qui rappellent les « gestes barrières » pour les maladies humaines :
- Introduction d’un pathogène par un animal, cela passe par la connaissance du statut du cheptel d’origine, la maitrise des circuits commerciaux, l’isolement des animaux introduits et la gestion du risque de contact « mufle – mufle » au pâturage, avec la mise en place de double-clôtures ou de haies.
- Introduction d’un pathogène par un intervenant, le risque principal concernant les bottes, la mise en place de lave-bottes et de pédiluves fonctionnels est indispensable.
- Introduction d’un pathogène par le matériel, notamment les bétaillères et moyens de contention avec nettoyage et désinfection systématique ou l’épandeur à fumier avec une procédure spécifique. Le camion d’équarrissage est un facteur de risque majeur, on placera l’aire d’équarrissage à distance des animaux de l’élevage.
Des mesures nécessaires pour l’éleveur et utiles pour la collectivité
L’application des mesures de biosécurité permet de limiter les pathologies en élevage avec leur corolaire de pertes économiques, surcharge de travail et anxiété pour l’éleveur, mais également de sécuriser la chaine alimentaire (ICA), de gagner en productivité et de limiter l’usage de médicaments permettant de lutter contre l’antibiorésistance et la résistance aux antiparasitaires. Le lycée agricole d’Ahun est très engagé dans cette démarche, ce qui permet de sensibiliser les apprenants au quotidien. Pour plus de renseignements, n’hésitez pas à contacter votre vétérinaire ou à venir nous rencontrer lors de notre Journée Portes Ouvertes du 7 mars 2026.
Marien BATAILLE – Dr Boris BOUBET – GDS Creuse – www.gdscreuse.fr