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Jeudi 23/07/2026
Dans le Cantal, la FDSEA et les JA ont convaincu le préfet de l’intérêt des réserves d’eau collinaires
En visite à Quézac, le préfet du Cantal s’est dit favorable aux réserves d’eau, devant l’installation d’une exploitation qui prouve, depuis 2022, que stockage et sobriété peuvent aller de pair.
“L’ eau, c’est la vie, on ne peut pas s’en passer” : venu à Quézac visiter une retenue collinaire individuelle, le préfet du Cantal Philippe Loos s’est dit “favorable à créer des réserves d’eau dans le Cantal”, invitant à ne pas se laisser intimider par les discours relayés par les grands médias. La visite, organisée à l’initiative de la FDSEA, présidée par Mathieu Théron, et des Jeunes agriculteurs, emmenés par Valentin Delbos, avait valeur de démonstration. Chez Alexis Picarougne, la réserve de 40 000 à 50 000 m3, réalisée en 2022 sur près d’un hectare pour 120 000 €, avait été subventionnée à 50 % par la Région (contre 40 % aujourd’hui). Sur ses 120 ha de surface agricole utile, l’exploitant n’en irrigue que dix, sans prélever l’été dans le ruisseau. Et il lui reste encore de l’eau en fin de saison.
Une réponse au défi climatique
“Le défi climatique est devant nous”, a insisté l’agriculteur, s’appuyant sur une réalité : 15 jours gagnés sur la moisson et une épaisseur de neige hivernale réduite. “Une chose ne change pas : nous avons toujours la même quantité d’eau, seule sa distribution évolue.” Pour lui, stocker l’eau hivernale répond à une double mission des agriculteurs, nourrir et entretenir la nature, dans un département qui dispose déjà de sols arables et de températures favorables. “Il y a un paradoxe : en Europe, c’est en France qu’il tombe le plus d’eau et c’est aussi où on en stocke le moins. Si on ne le fait pas, on ne produira pas et il faudra importer, avec un bilan carbone bien plus défavorable. Et la souveraineté alimentaire est la première condition de paix.”
Alexis Picarougne rappelle aussi que les droits d’eau servaient autrefois à dépolluer les ruisseaux par un effet filtre, et qu’une réserve bien remplie permet, en fin de saison, de réabonder les cours d’eau tout en restant à la disposition des services de secours contre les incendies. Mettre une telle retenue au service de l’irrigation ne demande, selon l’exploitant, “ni beaucoup de travail ni beaucoup de complications”, à condition d’avoir bien préparé le dispositif en amont : réseau enterré, enrouleur, pilotage à distance, etc. Une assurance précieuse dans les années de sécheresse comme celle-ci. Avec pour seul regret une vidange de surface chez lui, Alexis Picarougne conseille vivement une vidange par le bas, pour une eau rejetée, à la fois plus fraîche et moins chargée en bactéries.
Des incohérences
Joël Piganiol, premier vice-président de la Chambre d’agriculture, a pour sa part dénoncé des arrêtés de restriction pris à l’échelle de bassins où des relevés effectués dans le Lot ou l’Aveyron s’imposent au Cantal, sans capacité d’évaluation propre sur l’Auze, par exemple. La DDT a confirmé qu’une étude est en cours à l’Inrae pour mesurer ces écarts hydrologiques.
Qui décide, in fine ? Philippe Loos a reconnu que le Massif central “n’est pas un château d’eau, mais un parapluie où l’eau ruisselle et repart”, rappelant que février a été, dans le département, le mois le plus pluvieux depuis 1959. Il a toutefois rappelé qu’une administration contrainte ne fait qu’appliquer des règles. Mathieu Théron a alors pointé du doigt non seulement l’administration, mais aussi des agences indépendantes qui font autorité. Le préfet a tenu à trancher : en dernier ressort, c’est bien lui qui décide. Valentin Delbos l’a invité à le rappeler à ses services.