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Lundi 13/07/2026

Sécheresse et déficit fourrager : 3 conseils d’Arvalis pour cultiver une dérobée cet été

Publié par Pleinchamp

Les moissons précoces ont permis de libérer des surfaces pour envisager la production de fourrages d’été d’opportunité en dérobée. Mais leur réussite est conditionnée par le retour d’une pluie significative. Arvalis formule plusieurs conseils pour limiter au maximum le déficit fourrager.

1 - Choisir les bonnes espèces

Du côté des graminées, Arvalis déconseille les maïs précoces, ainsi que les sorghos monocoupe. « D’une part, le coût des semences serait trop élevé au regard du rendement attendu, et, dans le cas des sorghos monocoupe, l’offre climatique à ce jour ne permettra pas d'atteindre un stade de récolte satisfaisant », explique l’institut technique. Néanmoins, l'avoine, les sorghos multicoupes ou encore le moha constituent de bons candidats.

Le ray-grass d’Italie, peu adapté aux conditions estivales, « reste une opportunité pour un semis de fin d’été », note Arvalis. Parmi les différentes espèces envisageables, « seul le ray-grass d’Italie (RGI) a la capacité de passer l'hiver et ainsi, de proposer une valorisation avant l’hiver et une seconde, précocement au printemps ».

Pour Arvalis, les crucifères, comme le colza fourrager, constituent une excellente option. « Cette famille lève bien dans un contexte estival. Conduit en culture pure, le colza fourrager est particulièrement adapté au pâturage. Dans l'optique d'une récolte mécanique, il est toutefois conseillé de l'associer à une graminée, comme le RGI. Attention toutefois au risque altises à ne pas négliger sur cette espèce et malgré la date de semis précoce ».

Enfin, les légumineuses sont bien adaptées pour les semis d'été et seront le plus souvent privilégiées en association, que ce soit pour une valorisation en pâturage ou en fauche. « Elles contribuent à améliorer la valeur protéique du fourrage, notamment lorsqu'elles sont associées à une graminée, précise l’institut. Il faudra toutefois être attentif au coût des semences à mettre au regard des chances de réussite du couvert ».

2 - Raisonner les semis au plus près de la pluie

La réussite de l'implantation sera fortement dépendante de la pluviométrie. « Il faut donc être fin tacticien : se tenir prêt à semer mais ne passer à l’action uniquement en prévision d’un épisode pluvieux d’au moins 20 mm », prévient Arvalis.

Le risque de levée et de retour de la sécheresse ensuite n’est toutefois pas négligeable. Arvalis préconise de réduire au maximum les coûts d’implantation car la probabilité d’échec des couverts d’été est importante. Il faut limiter la préparation du sol au strict minimum afin de maîtriser les coûts : semis sur déchaumage ou semis direct, mais « dans les deux cas, suivis d’un rappui, indispensable pour favoriser le contact sol-graine et sécuriser la levée ».

3 – Faire attention au risque de rémanence des herbicides appliqués sur le précédent

« Ne pas implanter de couvert si la parcelle a reçu une application tardive de sulfonylurées au printemps », prévient Arvalis. En cas de doute, un travail du sol sur 8-10 cm contribuera à limiter les risques mais la sécheresse actuelle ralentit la biodégradation des herbicides appliqués. A cet égard, il est préférable d’implanter derrière un colza ou une céréale plutôt que derrière un maïs fourrage récemment ensilé qui aurait reçu un désherbage de postlevée.