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Jeudi 16/07/2026

Météo : y aura-t'il une prochaine canicule ? La chronique de Nicolas Le Friant, expert météo

Publié par Pleinchamp

Trois canicules successives, une sécheresse des sols plus marquée qu'en 1976 et des restrictions d'eau dans la quasi-totalité des départements : le premier semestre 2026 restera comme un tournant climatique pour l'agriculture française. Si un répit est attendu la semaine prochaine, les conséquences sur les récoltes restent encore difficiles à mesurer. La 3ème vague de chaleur (canicule) de l’année 2026 s’achève progressivement mais sera-t-elle suivie par une nouvelle ?

Le premier semestre 2026 marque, pour la France, une séquence thermique remarquable par sa précocité, son intensité et sa continuité saisonnière. Après un printemps 2026, le plus chaud jamais observé en France, et la canicule de mai 2026, la plus précoce, un mois de juin 2006 tout simplement exceptionnel, avec la canicule la plus intense, ce mois de juillet s’inscrit dans cette continuité. En effet, il est quasiment acquis qu’il sera très probablement le plus chaud en France devant juillet 2006. La France vient de connaître sa période la plus chaude avec 3 canicules très rapprochées. Si nous ajoutons le fait que le phénomène climatique El Niño, qui s’annonce comme étant le plus intense jamais observé, force est de constater que nous, la France, l’Europe et le Monde entrons dans l’inconnu car la hausse des températures s’accroit plus rapidement qu’envisagée par le GIEC. A la date du mercredi 15 juillet, nous pouvons d’ores et déjà affirmer que cette première quinzaine de juillet 2026 est la plus chaude en France avec une température moyenne de l’ordre de 25,82°C (excédent thermique de 5,29°C !), dépassant de près de 2,2 à 2,3 degrés le mois de juillet 2015 (23,54°C) et juillet 2006 (23,48°C). Le gap de plus de 2 degrés est juste incroyable ! En cette mi-juillet, il est méthodologiquement prématuré d’affirmer un rang définitif pour juillet 2026. La référence à juillet 2006 demeure pertinente comme point de comparaison historique, comme étant le mois de juillet le plus chaud depuis 1950, devant 1983. Néanmoins, selon nos dernières prévisions/tendances, nous envisageons une température moyenne définitive comprise entre 25,2°C et 25,6°C, ce qui placerait ce mois de juillet 2026 à la 1ère place des mois les plus chauds, loin devant 2006 (24,42°C) et 1983 (23,43°C).

Voir aussi : météo, quelles sont les prévisions pour juillet 2026 ?

Quelles sont les conséquences de ces fortes chaleurs récurrentes et persistantes sur l’agriculture ?

Entre mai et juillet 2026, l’agriculture française a subi un enchaînement très précoce et très éprouvant avec ces 3 épisodes de chaleur et une sècheresse plus intense que celle de 1976. Le graphique de l’état des sols, ci-dessous, est éloquent !

Carte sur l’évolution des sols Source : Météo France www.meteo.fr

Sols secs, restrictions d'eau, incendies... les aléas climatiques s'enchaînent

La conséquence agricole la plus immédiate a été le basculement rapide vers une contrainte hydrique généralisée. Au 15 juillet, 99 départements étaient concernés par des restrictions d’eau, dont une partie en niveau de crise, limitant fortement les usages agricoles non prioritaires. Les incendies constituent l’autre face de cette crise agroclimatique. La chaleur, les sols secs et les vents locaux ont favorisé des départs de feu précoces, parfois en lien avec les travaux agricoles de moisson, mais aussi et surtout le plus souvent criminels. Même lorsque les flammes touchent des espaces forestiers ou naturels, les conséquences rurales sont concrètes : pertes de parcelles, interruption de chantiers agricoles, évacuations, dégâts sur clôtures, haies, bâtiments ou réseaux, et hausse du risque lors des travaux mécanisés. Mais le bilan agricole complet reste provisoire : les pertes de rendement sur maïs, tournesol, arboriculture ou viticulture ne pourront être consolidées qu’après les récoltes et les expertises. À ce stade, la bonne formulation est donc prudente : l’épisode mai-juillet 2026 apparaît déjà comme un stress agricole majeur, combinant chaleur précoce, sécheresse des sols, restrictions d’eau et risque incendie, mais son coût final dépendra de la durée de la sécheresse, des pluies de fin d’été et de la résistance des systèmes d’irrigation et de fourrage. En résumé, ces trois canicules successives ont agi comme un révélateur de vulnérabilité : les cultures d’hiver ont parfois échappé au pire grâce à leur avance, tandis que les cultures d’été, l’élevage et les territoires exposés aux feux ont subi la pression la plus forte. L’année 2026 confirme ainsi que le risque agricole ne vient plus seulement d’un pic de chaleur isolé, mais de la répétition rapide des épisodes, de leur précocités et de leur combinaison avec une sécheresse persistante.

Quelles sont les prévisions météorologiques pour ces prochains jours ?

D’ores et déjà, contrairement aux nombreuses "fake news" qui circulent sur internet, nous ne prévoyons pas de 4ème canicule à partir du 20 juillet 2026 !

Du lundi 20 au vendredi 24 juillet : des températures estivales, sans signal de canicule.

En effet, la dégradation instable et orageuse, observée, depuis hier mercredi 15 juillet, va se poursuivre aujourd’hui et demain vendredi et mettra un terme à cet épisode de canicule sur la plupart de nos régions à l’exception encore de celles bordant la Méditerranée. Les températures s’annoncent estivales. Elles seront, néanmoins, toujours situées au-dessus des normales climatiques, de 2 à 4 degrés en moyenne à l’échelle du pays, mais sans excès sauf près de la Méditerranée où les fortes chaleurs insisteront encore (30 à 37°C). Les conditions s’annoncent également très sèches, sous l’impulsion d’un anticyclone situé non loin sur le Proche-Atlantique. Le risque d’incendies deviendra important du fait de la persistance du Mistral et de la Tramontane.

Cartes sur les anomalies des précipitations et des températures (du 20 au 27 juillet 2026) Source : ECMWF https://charts.ecmwf.int

Du samedi 25 au vendredi 31 juillet : une tendance plus incertaine et potentiellement plus océanique

Par la suite, nos dernières tendances envisagent une baisse des températures se rapprochant possiblement les normales climatiques à l’échelle du pays, sous l’influence océanique, sauf encore une fois autour de la Méditerranée. Les précipitations feront leur retour sur l’ouest et le nord de la France. Toutefois, le sud-est de la France reste le principal secteur à surveiller pour la persistance de la chaleur, de sèches conditions métrologiques et du risque d’incendies (Mistral et Tramontane fréquents).