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Vendredi 02/10/2026
« Les restructurations autour des métiers de la viande se poursuivent ». La conjoncture bovine vue par Acti-Ouest
Le renforcement de la décapitalisation et les grosses sorties actuelles masquent une restructuration en marché des outils d’abattage.
Conjoncture – Cela fait quelques années que les outils industriels sont en surcapacité. Faire correspondre l’offre d’abattage, la couverture territoriale face à une décapitalisation qui s’accélère et une main-d’œuvre de plus en plus compliquée à trouver pour les industriels est une équation difficile à résoudre. Cette année 2026 masque cette surcapacité par des sorties accentuées par une sécheresse sans précédent. La décapitalisation que cela engendre, une pyramide des âges des éleveurs très défavorables, un taux de renouvellement insuffisant ne feront que renforcer le constat d’origine.
Les grandes entreprises repensent leurs stratégies, tant aux niveaux industriels que dans leurs circuits d’approvisionnement. Chacun cherche à nouer des contrats avec telle ou telle structure de production. Les regroupements d’entités sont nombreux tant dans le domaine coopératif, que pour le privé, à petite et à grande échelle. Les entreprises de négoces privés de taille moyenne ou importante sont courtisées avec une guerre à peine dissimulée destinée à assurer la charge des abattoirs pour demain. Mais pour mener cette bataille, encore faut-il, qu’il y ait des éleveurs qui gagnent correctement leur vie. En 2025, la hausse des prix de vente à la production avait conduit à une diminution de la décheptelisation du pays. 2026 voire 2027 seront catastrophiques. Tout ce qui détruit aujourd’hui ne fait que le nid à une rentrée massive de viande hors UE à bas prix. On en a u un bel exemple cet été.
L’excès de marchandise due à la canicule ne va pas perdurer des mois, et le manque de vaches sera de retour à moyen terme. Les gros opérateurs misent sur la production de jeunes bovins, qui se retrouve fortement contrariée cette année par le manque de fourrage. De nombreuses petites structures ont renoncé pour réserver les fourrages à la production laitière, les ateliers spécialisés adaptent les volumes à leur capacité de nourrissage, sauf à passer à une alimentation sèche plus coûteuse. Le réservoir de production de la France est immense, mais nos produits de qualité intéressent tous les pays qui n’ont pas assez de moules à veaux. Comme à chaque fois, tout est une question d’équilibre économique.
Les éleveurs observent ces changements stratégiques, mais dans leurs quotidiens, ils restent focus sur les difficultés financières engendrées par la sécheresse et la hausse des intrants. Les pluies de ce début de semaine vont permettre la levée des semis de fin d’été et l’implantation des cultures d’automne, mais il faudra encore de l’eau. Pour les prairies, c’est un trop tard, mais une reprise de la végétation est indispensable pour la pousse de printemps. L’accélération des sorties d’automne en broutards impacte fortement la valorisation de ces animaux avec des marchés (export ou intérieur) qui abordent tout, mais pour des tarifs amoindris. C’est la loi de l’offre et de la demande. En ce qui concerne la viande, les tarifs restent corrects dans les races à viande, face à des volumes limités notamment en animaux finit et viandé. La tension se retrouve principalement sur les réformes laitières de milieux et bas de gamme avec de nombreux animaux sans finition préalable à la vente.
Mais ce qui est le plus important à suivre, c’est la consommation et les équilibres de matières pour les industriels. Le recul de l’offre, et la tenue des prix masquent une érosion constante des ventes de viande. Sur les 6 premiers mois de l’année, les achats en tonnages des GMS ont baissé de 7,2 % et 7,06 % pour la boucherie (Sources : Kantar Worldpanel). La principale victime des prix hauts, de la canicule et de la hausse des carburants est le steak haché, qui est la locomotive de la consommation de viande. Le dossier est prioritaire pour les grands industriels.
Pour info le prix moyen du réseau des nouvelles des marchés est à 17,52€ le 24-09 pour du steak haché de 15 % avec une variabilité entre 15 et 20€. La baisse des volumes est compensée par le prix.
Dans une agriculture en plein questionnement, quels seront les contours de la production dans les décennies qui arrivent ? Le savoir-faire et les services pour la nature et l’environnement de nos éleveurs sont incommensurables, mais les générations futures, auront-elles la possibilité économique de manger de la viande française ? Oui sans aucun doute et dans un mode plus ciblé, car notre culture culinaire est forte. Les Français restent fortement attachés à nos productions de qualité, la plus contrôlée au monde.